CHAPITRE V MODULE D’ÉLASTICITÉ DES COMPOSÉS INTERMÉTALLIQUES
La détermination du module élastique des composés définis présente un certain nombre de diffcultés dont les principales sont les suivantes :
1° Les composés métalliques sont à la fois diffcilement usinables et très fragiles, aussi la préparation d’éprouvettes cylindriques par meulage à grande vitesse a-t-elle été très délicate.
2° En général, ces composés ne peuvent pas être obtenus à l’état forgé et présentent souvent des défauts de fonderie, notamment des soufflures : on contrôlé par radiographie les barreaux coulés et, en outre, on a multiplié les déterminations, craignant la présence de discontinuités. Ces discontinuités ne peuvent d’ailleurs que diminuer le module de sorte que les valeurs trouvées ne sont éventuellement affectées d'erreur que par défaut.
Les alliages étaient fondus très rapidement (pour éviter l'absorption de gaz) dans un petit four électrique et coulés verticalement en sable sous la forme d'éprouvettes cylindriques de 10 mm. de diamètre et de 100 mm. de long.
Certains composés (Cu Al, Cu Au, Cu Au) métalliques relativement malléables ont pu être laminés. Mais dans la plupart des cas, le module d'élasticité a été déterminé sur alliage coulé.
Les modules ont été déterminés par la méthode ‘des pendules sympathiques de Le Rolland et Sorin.
Le tableau IV donne les résultats obtenus.
Divers auteurs étrangers : Bernal, Dehlinger. Goldschmidt, Hume-Rothery, etc. (11) ont classé les combinaisons mentionnées jusqu'alors parmi les alliages étudiés en leur assignant un caractère prédominant et distinguent notamment, comme nous
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l'avons vu au chapitre îl, les composés définis métalliques de ceux homopolaires. Or, si l'on examine le tableau IV, on reconnaît que dans l’ensemble apparaissent deux catégories de composés définis
1° Ceux dont le module suit approximativement la règle des mélanges, ce sont ceux indiqués comme étant de caractère métallique, tels que
CuZn ACT
2° Ceux dont le module dépasse notablement la valeur assignée par la règle des mélanges (comme les valeurs trouvées ne peuvent être erronées que par défaut, ce résultat est hors de doute). Ce sont précisément ceux indiqués comme homopolaires et dont les composés Cu° Alf, Cu Zn°, Cu*! Sn° sont le type.
Il est intéressant de remarquer que Cu Zn et Al Cu ont une structure cristalline très différente de celle des métaux purs composants : le premier cristallise dans le système cubique centré, le second dans le système tétragonal (10 bis); malgré cela, leurs modules d’élasticité suivent la loi des mélanges.
À titre d'exemple, les figures 20 et 21 montrent les clichés radiographiques obtenus pour les combinaisons Cu° Alf et Cu° Sn. Pour ces examens, les échantillons étant cylindriques sont immergés dans une solution absorbante d’iodure de baryum dans l'eau qui possède un coefficient d'absorption analogue à celui du fer : la combinaison Cu*Sn ayant
Fig. 20. — Cliché radiographique obtenu pour le composé Cu? Al4.
Fig. 21. — Cliché radiographique obtenu pour le composé
Cus Sn.
un coefficient d'absorption supérieur apparaît sur la radiographie en blanc sur fond noir. Au contraire, la combinaison Cu° Alf a un coefficient d'absorption à peu près égal à celui de la solution d'immersion et apparaît en gris sur fond noir. On aperçoit très nettement une retassure axiale qui n'est d’ailleurs pas surprenante si l’on se rappelle les difficultés de fonderie bien connues des bronzes d'aluminium. On peut y remédier, comme nous l'avons fait, en coulant un jet plus important, en pied duquel on prélève l'éprouvette