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CHAPITRE VI

ÉTUDE RADIOLOGIQUE

Les images radiologiques

C’est en pratiquant des radiographies étendues à l’ensemble du squelette et montrant la multiplicité des lésions qu’on sera le plus souvent amené à poser le diagnostic, d’après l’examen des films, en constatant surtout des lésions à la cage thoracique et au crâne.

D’après Delbet, à la radiographie, les myélomes multiples se caractérisent par autant de petites zones claires et non confluentes à limites imprécises, d’ostéite raréfiante. La diffusion des lésions, l’alternance des plages claires et obscures, donnent alors un aspect marbré ou encore celui d’un lavis mal fait où se voient les traces du pinceau.

Jes tumeurs ne s'étendent pas au cortex, ne le détruisent pas, sauf à une époque avancée de l’évolution. Les fractures pathologiques sont communes.

D’après Mathey Cornat, il s’agit de géodes occupant l’espace médullaire et se traduisant par des taches claires assez bien circonscrites et espacées le long de la diaphyse d’un os long ou confluentes en une vaste image cavitaire. L'ensemble des géodes et des points ou zones de tissu osseux sain intermédiaire peut donner l’aspect « en tache de léopard ».

Ces descriptions s'appliquent aux divers éléments du squelette à l’exception du crâne. Dans celui-ci, en effet, l’allure des lésions est très spéciale et presque pathoenomonique. On constate la présence de zones de destruetion multiples et parfaitément régulières, véritables orifices de trépanation à l’emporte-pièce, avec des bords taillés à pie mais sans condensation périphérique. (C’est le crâne en écumoire.) 5

En tout cas, le fait capital ici, c’est l’absence de toute condensation osseuse autour des lacunes qui constitue un caractère radiologique fondamental des myélomes multiples. Comme l’ont dit Nové-Josserand et Tavermer, « il s’agit de lésions destructrices d’os, jamais édificatrices ». É

Signalons, enfin, que parfois les signes radiologiques peuvent faire défaut comme c’est le cas dans les observations V, VI et VII. Dans l’observation VII, les lésions étaient assez étendues, la paraplégie bien installée et les radiographies n’ont montré qu’une décalcification très discrète, sans caractère particulier du corps vertébral.

D’après Cachera, ces lésions radiologiques non démonstratives rentreraient aussi dans le cadre des tumeurs myélomateuses et non des myélomes typiques.

Topographie radiologique

Elle montre la prédilection pour les os plats: crâne, côtes, sternum, bassin, mais souvent les vertèbres et les os longs des membres sont touchés. Dans notre observation I, les extrêmités proximales des humérus et des fémurs étaient très atteintes. On signale très souvent l’intégrité des coudes et des genoux.

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PR TT: Meur Un fait qui mérite de retenir l’attention, c’est aussi parfois la symétrie des lésions qui vont devenir assez étroitement comparables d’une moitié du corps à l’autre.

Discussion

Nous ne pouvons pas présenter ici plusieurs études radiologiques dans des cas de myélomes différents. Seule notre observation en effet est complétée par des clichés radiologiques démonstratifs.

La publication de ces elichés ne nous a pas été possible étant donnée la qualité défectueuse du papier d’imprimerie dans les temps actuels. Nous déplorons cet état de choses et nous en excusons auprès de nos juges.

Nous retrouvons ces pertes de substance, cet aspect

pommelé de l’os, l’absence de toute condensation osseu-

se autour de ces lacunes fournissant un élément de diagnostic essentiel.

Au crâne toutefois, nous ne retrouvons pas l’aspect classique (en écumoire), il s’agit d’une bande d’ossification défectueuse suivant le pourtour du cortex. Ces images pourraient revêtir l’aspect d’hypercalcifications à contour flou, contrastant avec des plages de raréfaction osseuse. Mais ces images sont trop floues pour être caractéristiques d’une maladie de Recklinghausen.

Quant aux autres images, surtout celles du thorax et du bassin, elles pourraient faire penser à la maladie fibro-kystique de Recklinghausen soit à une ostéose d’origine parathyroïdienne.

On peut surtout, dans notre cas, s’arrêter à l’hypothèse d’un processus néoplasique diffus, bien qu’un tel processus soit extrêmement rare à l’âge de la malade.

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La fracture pathologique ou le décollement épiphysaire au niveau de la tête humérale droite viennent compléter le tableau radiologique en faveur du myélome.

Diagnostic différentiel

On élimine d’emblée chez l’enfant l’ostéomalacie, les sommes syphilitiques et les cancers métastatiques des os.

La maladie de Paget est aussi une affection de l’âge mûr.

Les kystes osseux peuvent donner à la radiographie des taches claires absolument comparables à celles des myélomes s’ils restent de volume moyen et bien localisés.

Dans le sarcome d’Ewing, la radiographie ne montre que des altérations extrêmement discrètes. Une simple tache au milieu de la diaphyse ou la présence d’un petit séquestre au milieu de l’os. De plus, même à une phase avancée, il arrive que les lésions radiologiques demeurent très discrètes.

Deux diagnostics chez l’enfant sont encore à diseuter: le mal de Pott et l’ostéopathie fibrogéodique de Recklinghausen. |

Dans le mal de Pott, l’aplatissement d’une vertèbre atteinte par le myélome, la gibbosité, la décalcification, peuvent donner le change avec une lésion tuberculeuse. Mourgues signale comme moyen de différenciation l’intéerité du disque intervertébral.

Quant à la maladie de Recklinghausen, c’est l’affec-

tion qui, radiologiquement, se rapproche le plus du myélome.

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: En effet, nous retrouvons ici des cavités pseudo-

kystiques claires, divisées par des cloisons en des séries de géodes et une atteinte multiple des os. Fa

Dans le myélome, il n’y aurait cependant pas, comme dans la maladie de Reckinghausen, de diminution d'épaisseur de la substance compacte de l’os et l’aspect général serait encore plus flou, c’est-à-dire que les géodes seraient moins nettes.

On voit, d’après cet exposé, les difficultés du diagnostic radiologique mais aussi son intérêt. Il permet, en effet, dans le cas de myélome de déceler des tumeurs non. encore extériorisées.

À lui seul cependant, il ne permet pas une affirmation

catégorique sans l’appui de la clinique et de l’anatomie

pathologique.

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