ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DU NARCYL
Dès la découverte du narcyl, des expérimentateurs se mirent à l'œuvre pour étudier ses effets chez les animaux. Cette étude physiologique a été d’abord relatée par le docteur J. Noé dans les Archives générales de Médecine : tout récemment, elle vient d’être exposée à nouveau par le docteur
Debono. Elle a été faite, nous apprend ce dernier auteur, au Laboratoire de pharmacologie par M. le professeur Pouchet et le docteur Chevalier. Nous donnerons un simple résumé de ces travaux. |
Le narcvl a élé injecté à la fois chez des animaux à sang froid (grenouilles) et chez des animaux à sang chaud {cobayes, chiens), et les effets consécutifs ont été recherchés successivement sur les différents appareils de l’économie.
[. Appareil circulatoire. — Chez une grenouille du poids de 28 grammes, quelques minutes après l'injection de 0 gr. 009 de narcyl, on obtient une augmentation d'amplitude des contractions cardiaques avec ralentissement. La systole est toujours très brusque. C'est sur la diastole que porte le ralentissement. Quelques minutes plus lard, surviennent des troubles très accentués du rythme, une contraction cardiaque très énergique avec diastole difficile, se reproduisant à Inlervalles réguliers et précédée d’un arrêt peu important ; puis, ces phénomènes cessent ; un peu plus tard, on voit
Re survenir un dédoublement systolique avec ralentissement. Ce dernier phénomène dure plus ou moins longlemps, puis tout rentre dans l’ordre. :
Avec des doses toxiques mortelles, c'est-à-dire 0 gr. 02 pour une grenouille de 27 grammes, on constate d’abord une augmentation d'amplitude des contractions cardiaques et une diminution du nombre de ces contractions. Environ six minutes après l'injection, on voit se produire des troubles très accentués de rythme: systoles incomplètes ou s'effectuant en plusieurs temps, systoles géminées, dédoublées ; il existe aussi des troubles de subordination des systoles ventriculaires aux systoles auriculaires. Puis ces phénomènes s’atténuent et disparaissent. Trois heures après l'injection, on voit survenir de grandes intermittences. Enfin, l'amplitude des contrac-
tions cardiaqnes diminue de plus en plus, en même temps
que ces contractions subissent un ralentissement progressif jusqu’à la mort de l'animal. |
Afin de se rendre compte si l’action du narcyl était due à des phénomènes d’origine centrale ou à une action propre sur les ganglions automoteurs du cœur et sur le myocarde, on a injecté la même dose à une grenouille du même poids dont on avait préalablement sectionné la moelle au-dessous du bulbe, en prenant les précautions d'usage. Dans ces conditions, on ne constate presque aucun phénomène. On remarque seulement au bout de quelque temps une augmentation de l'amplitude des contractions cardiaques accompagnées d'un ralentissement. Puis, au bout d'environ 25 minutes, survient un affaiblissement graduel et progressif des contractions cardiaques jusqu'à la mort.
Cette expérience confirme les phénomènes que l’on observe chez le chien et qui témoignent de l’action paralysante bulbaire exercée par ce médicament.
Chez l'animal à sang chaud (chien du poids de 11 kil, 500),
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