‹ Contribution à l'étude du Narcyl (Chlorhydrate d'Éthyl-narcéine) de ses effets chez les tuberculeuxChapitre 26 sur 42 · OBSERVATION IL · texte numérisé non relu

OBSERVATION IL

Tuberculose pulmonaire à Ja deuxième période

Mile X..., 28 ans, photographe sur les champs de foire, entre à l'Hôtel- Dieu de Nîmes, le 22 septembre 1904, salle Ste-Anne, n°6, service de M. le docteur Gauch. Elle se. plaint d’une faiblesse générale accompagnée de phénomènes pulmonaires : {toux quinteuse et par secousses isolées, avec expectoration abondante ; de phénomènes gastriques : anorexie et vomissements ; d'insomnie ; d’une extinction de la voix survenant après quelques minutes de causerie, etc.

Antécédents héréditaires et collatéraux : Une sœur décédée à l’âge de 29 ans à la suite d’une longue affection pulmonaire.

Antécédents personnels : Premières règles à 16 ans, très bien réglée dans la suite. Les périodes menstruelles sont habituellement douloureuses. |

Excellente santé jusqu’à l’âge de 20 ans. À cette époque, 1896 et au mois de septembre, elle fait une affection pulmonaire caractérisée par les symptômes suivants : point de côté gauche, toux fréquente, céphalée, etc. ; au bout de deux mois de maladie, durant lesquels elle ne réclame aucun soi particulier, elle se trouve plus fatiguée et entre à l'Hôtel-Dieu de Poitiers. Elle est soignée dans cet hôpital, dit-elle, pour une pleuro-pneumonie du côté gauche.

Depuis lors et jusqu'à ces derniers temps, elle s’est très bien portée, ne se plaignant de temps à autre que de quelques accès de migraine.

Maladie actuelle. — Le début de la maladie actuelle paraît remonter à trois mois. Début insidieux,

ru Vas le Sen de juin 1904, elle commence à lousser d’une petite toux sèche et à maigrir ; l'appétit diminue : du- rant la nuit, elle se plaint de transpirations abondantes, di insomnie fréquente ; pas d'épistaxis. Malgré une alimentation des plus azotées et un traitement créosoté, la maladie fait des progrès : l’expectoration survient, quelquefois sanguinolente ; les règles reviennent toutes les quinzaines ; la toux devient plus tenace, occasionnant parfois, après le repas, le vomissement alimentaire.

Depuis une vingtaine de jours, exaltation de tous les symp- tômes ; les nuits s'écoulent sans sommeil à cause de la toux. Enfin,depuis une dizaine de jours, elle se plaint d'une douleur gastrique, exacerbée par la moindre pression du creux épigastrique, ainsi que d'une extinction intermittente de la VOIX.

= C'est dans cet état que la malade se rend à l'Hôpital de

Nîmes, dès le lendemain de son arrivée dans cette ville.

| État actuel. Examen physique de la malade : L'aspect

| général de la malade est passable, malgré une perte de poids progressive durant ces trois derniers mois. Le facies est pâle.

Appareil digestif : Mauvais appétit. Alimentation des plus minimes. Souvent, après l’ingestion alimentaire, survient une quinte de toux qui provoque le vomissement. Digestion pénible, lente, s'accompagnant de bouffées de chaleur. Constipation habituelle : une selle tous les deux ou trois jours. Langue bonne. Douleur gastrique permanente, exaltée par la palpation, même très légère, du creux épigastrique.

Appareil circulatoire : Palpitations cardiaques. Essoufflement à l'effort. Cœur sain.

Système nerveux : Pas de nervosisme., Céphalée fréquente.

Insomnie à cause de la toux.

à Appareil urinaire : | Urines légèrement oubles 1. temps en temps. A de ee

Appareil respiratoire : La on se oc d'une ue É “obtuse à la région claviculo-scapulaire droite, exaltée par la toux. Pas de point de côté. La toux est fréquente, se produisant tantôt par quintes, tantôt par secousses isolées ; elle

est suivie habituellement d'une expectoration assez abon-

dante. L'amaigrissement au niveau de la poitrine est marqué;

les côtes sont saillantes, la clavicule droite paraît surélevée.

En avant et à droite : Creux sus et sous claviculaires prononcés. Vibrations augmentées. Percussion douloureuse : maté. Inspiration rude, expiration {rès prolongée, presque soufflée. Frottements. Retentissement de la voix. Vers la région axillaire, nombreux râles humides prédominants à l'inspiration. |

A gauche : Creux sus claviculaire un peu prononcé. Auscultation négative.

En arrière et à droite : Au sommet, mêmes symptômes qu'en avant. A la partie supérieure du tiers moyen et vers l'aisselle, nombreux sous-crépilants. Base saine.

À gauche : Sommet sain. Frottements pleuraux à la base. De plus, troubles laryngés. Voix presque éteinte. Le bol alimentaire arrivant au niveau du larynx détermine une légère douleur et quelquefois de la toux. ;

Diagnostic : Tuberculose pulmonaire {sommet droit) en voie de caséification, avec troubles gastriques et laryngés.

Traitement. Alimentation : petit régime, lait. Biphosphate de chaux. Lavement au phosphotal. Sirops tolu et diacode. Malgré ce traitement, la malade, durant les jours suivants, accuse sensiblement les mêmes symptômes, se plaignant surtout de la toux et de l’insomnie.

Le 25 seplembre, nous supprimons le sirop calmant et le lavement au phosphotal et nous ordonnons 0 gr. 08 narevl,

PR ER es LME

LA lala

95 septembre. — Respiration, 20. Pois; 100. Selle, 0. 0 # 08 Température, M. 36°, 4.8. 380. Urines, 950. Lo .

. urines sont limpides, de couleur ; jaune citron, de.

densité 1018, de réaction acide, sans albumine | et SUCLE. dE PEN HU . Analyse bactériologique des crachats : : posiie:

Tension sanguine : 15 12.

26 septembre. =— La malade à sommoillé seulement quelae 08 ques heures: toux fréquente survenant par se-

cousses isolées ou par quintes. À deux reprises,

ces quintes ont provoqué le vomissement d’un

liquide glaireux. Transpirations nocturnes.

Expectoration abondante de crachals purulents, 150 grammes environ.

Douleur de là région Le droite et ne leur gastrique persistantes.

Sur le soir, vomissement alimentaire à la suite d'une quinte. Sensation générale d’abattement plus prononcée que les jours précédents, mais sans hébétude ou lourdeur cérébrale.

Ep ee PPS Fa 5 NO Nes AO RE LL SP RE Re

97 septembre. — Sommeil de 9 heures à minuit. Réveillée Ogr. 10 par la toux, celle-ci se produisant surtout par

secousses isolées.

Un seul vomissement glaireux à la suite d'une quinte.

Même expectoration.

Douleur scapulaire droite persistante. Atténuation de la douleur gastrique.

HÉROS OS AO ETES MTIOO APM 360::$;:2602

— T6 — 28 ohodire. — > Sono agréable de 8 heures à à A | . ‘Ogr. 10 de malade a sommeillé ensuite le restant de 1e de

nuit, réveillée plusieurs fois par la toux. Lamalade n’accuse pas de quinte. Le matin elle ne. présente aucune hébétude ; au contraire, elle se. trouve mieux, nous dit-elle, au point de vue général.

Expectoration : même quabtilé el qualité.

Un seul vomissement glaireux.

Douleur scapulaire droite persistante seulement à la toux. Douleur gastrique atténuée.

L'appétit reste toujours très médiocre.

Re 20080, SP OGRS ED EU MOULE EMPETee Sen :

29 septembre. — Sommeil de 9 heures à 1 heure du Ogr. 10 matin, somnolence le restant de la nuit, réveillée complètement à plusieurs reprises par la toux. Pas de quinte. Transpirations. à Même expectoration facile.

Un vomissement alimentaire.

Douleurs scapulaire et épigastrique atténuées. Les troubles laryngés ne sont pas modifiés ; la voix s'éteint toujours après quelques minutes de causerie.

La malade nous dit que depuis le traitement ‘par le nareyl, elle a constaté une amélioration importante dans la toux et le sommeil, en même temps qu'elle éprouve une sensation générale de mieux-êlre.

Les symptômes physiques pulmonaires restent sensiblement les mêmes.

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30 der url de9 œ nue: à Aie de 2 heu- Ogr. 10 <res. à 5 heures du malin. Toux moins tréquene 1 RS ce oppressive. Pas de quinle.

Dr Même expectoration.

Douleurs atténuées.

Pas de vomissement. Tension sanguine : 45.

R.: 31 : POS RS ONU : 800 ; M 970.8 878

1% octobre. — nl de 9 heures à minuit, nouveau Ogr.12 somme sur-le matin. Toux par secousses isolées : à minuitet sur le matin, diminuée dans la j journée. Pas de quinte.

= Même expectoration.

Douleurs atténuées.

Pas de vomissement.

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2 octobre. — Sommeil de 10 heures à minuit, nouveau Ogr.12 somme sur le matin. Toux atténuée, pas de quinte.

Même expectoration. Douleurs one

Pas de vomissement.

Appétit médiocre.

Troubles de la voix persistants.

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3 octobre. — Sommeil de 10 heures à 1 heure du matin. La toux, moins tenace, présente les mêmes caractères.

Expectoration de même quantité et qualité. Douleurs atténuées. Pas de vomissement. ;

DO D NON RS Re OT" TOO!

L'analyse sommaire des urines ne nous montre rien de particulier .

Tension sanguine : 15.

noté de . Se sécrétions s sous " ifence d e ce médi cament.. Ve RARES ë PRE RS ins

ÔBSERVATION FN

SP EOSS pulmonaire à la troisième période.

ML +B%%40"ans bete vigneron- -caviste, est admis d'urgence à l'Hôtel-Dieu de Nimes, le 23 septembre 1904, salle Saint-Jacques, n° 24, service de M. le docteur Lafon. Atteint subitement, en gare de Nimes, d'un vomisse-

ment de sang, il a été amené immédiatement à l'hôpital.

Antécédents héréditaires et collatéraux : Tous les membres de la famille, résidant à Alger, ont présenté successivement des accès de paludisme.

Antécédents personnels : Excellente santé Jusqu'en jum 1903. À cette date, se trouvant en Tunisie, il contracte à son tour les fièvres paludéennes ; il est traité, durant trois

al hôpital de Tünis é£ se pa ensuite à à

FA Une ue. de jours après son arrivée dans cette ville, il fait une affection pulmonaire caractérisée par de la toux, bientôt accompagnée d’une expectoration abondante,

blanchâtre, de l’anorexie, de la fièvre (bronchite simple).

Quelques semaines plus tard, après avoir travaillé dans une cave très humide, il est subitement pris de frissons répétés,

de point de côté à la base gauche, dont la violence progres-

sive l’oblige, après sept ou huit jours, à entrer à l'hôpital de

Mustapha, où il demeure deux mois en trailement par la créosote, biphosphate de chaux, etc.

Maladie actuelle. — La maladie actuelle paraît avoir eu cette époque pour début. Durant son séjour dans ce dernier hôpital, il se plaint de transpirations nocturnes, d’un amaigrissement progressif, malgré un excellent appétit, d’une toux sèche, quinteuse. Bientôt survient une expectoration grisätre, en même temps que la toux, devenue plus persistante, le prive en partie de sommeil.

Un mois après, une récidive paludéenne le pousse à nouveau vers l'hôpital. Ces accès paludéens ayant présenté une

certaine gravité, on lui conseille de quitter l'Algérie, et notre

malade vient en France, à Besancon, Valence, Dijon, où des accès moins intenses le poursuivent néanmoins. Durant son séjour à Dijon, entr'autres phénomènes pulmonaires, il se plaint souvent d’une sensation de suffocation à la suite des repas ; cette dernière est suivie une fois d’un vomissement de sang rutilant (1/2 litre environ, d’après le malade). Enfin, se trouvant plus fatigué et retournant à Alger, il est pris, en gare de Nîmes, d'une quinte de toux, qui amène pour la deuxième fois une hémoptysie assez grave.

À Son entrée à l'Hôtel-Dieu, une potion à l’ergoline et ipéca est administrée. Dès le lendemain, les crachats ne sont plus sanguinolents.

Eat actuel. Examen que du malade, 24 seplembre :

1904 : L'aspect général du malade est assez satisfaisant ;

l'amaigrissement est cependant marqué, surtout au niveau du thorax ; les clavicules sont saillantes. Le facies est us 4

légèrement terreux.

Appareil digestif : Les fonctions digestives sont assez bien conservées. L'appétit est bon, la digestion facile. Toutefois,

l'estomac présente un certain état d’hyperexcitabilité ; de temps en temps une quinte de toux, survenant après le repas, provoque le vomissement alimentaire. Selles normales et régulières (une selle quotidienne). | = La langue est bonne. La palpation du creux épigastrique défermine une légère douleur.

Appareil circulatoire : Essoufflement à l'effort. Cœur sain. Tension sanguine : 16.

Système nerveux : Le malade dort mal la nuit, à cause de la toux.

Appareil pulmonaire : Il se plaint surtout de la toux et de l'expectoration. La toux survient par quintes ou par secousses isolées ; elle est plus fréquente et plus intense durant la nuit, laissant après elle de l'oppression. L’expectoration est abondante.

Pas de douleur thoracique.

En avant et à droite : Creux sus et sous claviculaires très prononcés. Augmentation des vibrations thoraciques. Matité au sommet. À la région claviculaire : sontympanique. A ce niveau,inspiralion très rude, expiration caverneuse. Retentissement vocal à timbre caverneux. Craquements. Gargouillements. Râles de bronchite prédominants à la toux.

À gauche : Creux sus claviculaire moins prononcé. Matité au sommel. Exagération des vibrations. Frottements. Inspiralion rude el expiration très prolongée. Râles sous crépitants nombreux à la région sous claviculaire.

… En arrière et à droite : De symptômes qu' en avant ;

caverne.

Au tiers moyen, n sous- crépitants-

Base saine.

À gauche : Mêmes Rare qu'en avant.

Au üers moyen, râles humides, ronchus et sibilants.

Base : Frottements.

Diagnostic : Tuberculose pulmonaire avec caverne au sommet droit et foyer caséeux “0 côté gauche. Bronchite disséminée.

Traitement: Kermès. Lavement créosoté. He ns petit régime. Lait.

95 septembre. — Le malade a reposé de 8 heures à 11 heures. Réveillé par la toux fréquente, se produisant par secous-

ses isolées ou par quintes. Expectoralion muco-purulente très

abondante, 400 grammes environ.

Un vomissement alimentaire.

Respiration: 30; Pouls : 98; Selle: 1; Température: M.3704. S. 3802. Urines 1200. Les urines sont de couleur normale, de densité 1018, de réation acide, sans albumine et sucre.

Analyse bactériologique des crachats : positive.

26 septembre. — Pas de sommeil à cause de la toux, survenue surtout par secousses isolées.

Expectoralion abondante, 300 grammes.

Un vomissement alimentaire.

Région épigastrique à peine sensible à la palpation profonde.

Appétit satisfaisant.

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