DE L'OPIUM
L'opium étant un médicament connu de toute antiquité, un court aperçu sur son histoire médicale s'impose :
Les propriétés hypnotiques du suc des divers pavots, en particuher du papaver sommiferum album, paraissent en effet avoir été connues, même du temps d'Homère (1). Hippocrate et Diagoras savaient que l’opium agissait sur le cerveau ; Hippocrate lui reconnaît la propriété de resserrer le ventre et le préconise dans le « déplacement imaginaire de la matrice ». La thériaque d’Andromaque, médecin de Néron,
(4) Homère (Odyssée, liv. IV),
prend une place importante dans l'arsenal thérapeutique. Alexandre de Tralles, au vi® siècle, imagine la composition de la masse de cynoglosse. Dans la suite, tous les médecins grecs et arabes préconisent l’opium dont ils signalent les pro-
priétés capitales. À une époque plus rapprochée, Paracelse,
Sydenham lui donnèrent à jamais l'importance qu'il à conservée et qu'on à vu grandir jusqu’à nos jours, surtout depuis la découverte de ses alcaloïdes. « Ce serait, dit Sydenham, être peu instruit que de l’emplover seulement pour procurer le sommeil, calmer la douleur et arrêter la diarrhée ; l’opium peut servir dans plusieurs autres cas : c’est un excellent cordial et presque l'unique qu'on ‘ait découvert jusqu'ici. » Cüllen (1), mieux que ses prédécesseurs, à vu dans lopium un agent à effets multiples ; il en fait le type de ses narcotiques, mais à côté de cette vertu stupéfiante, dit-il, l'opium possède une vertu stimulanté. « Quand il commence à agir, il augmente souvent la force et la fréquence du cœur ». Hufeland précise mieux ces effets stimulants.
La découverte des alcaloïdes est tout entière de notre époque; la première base organique connue fut isolée par Derosne, en 1804 ; c'était le suc de Derosne, appelé plus tard narcotine.
Recueilli par des incisions superficielles sur les capsules, l’opium sourd sous lPaspect d’un suc laiteux, blanchâtre ou blanc jaunâtre ; ce suc est soumis à certaines manipulations destinées à lui donner une consistance solide ou demi-solide et livré ensuite au commerce sous différentes formes. Il possède une odeur particulière, forte, narcotique, une saveur amère, un peu âcre ; sa couleur est d’un brun jaunâtre, sa texture est compacte. |
(4) Traité de matière médicale, 1790.