‹ Contribution à l'étude du phénomène de Babinski: Signification et mécanisme de productionChapitre 9 sur 20 · ES | B) LE PHÉNOMÈNE DE BABINSKI EN DEHORS. DES LÉSIONS PYRAMIDALES · texte numérisé non relu

ES | B) LE PHÉNOMÈNE DE BABINSKI EN DEHORS. DES LÉSIONS PYRAMIDALES

Babinski deux ans après sa découverte a constaté l'extension des orteils chez un sujet qui présentait une atrophie des fléchisseurs des orteils. Cet auteur et, après lui, Guillain puis Babonneix, ont interprété ces cas comme relevant d’une atteinte discrète de l’appareil pyramidal. Depuis ce moment, de nombreux cas analogues ont été constatés et interprétés d’une façon différente. À l'étranger non seulement des lésions du neurone périphérique ont été signalées comme s'accom-

pagnant d'une extenson des orteils, mais également des lésions des voies extrapyramidales émanant des noyaux gris centraux.

Nous décrirons successivement le phénomène Babinski au cours de l'atteinte des voies motrices extrapyramidales du neurone moteur périphérique et du neurone sensitif périphérique et nous mentionnerons ensuite les autres causes inclassables. Nous réserverons Vinterprétation de ces cas pour notre chapitre de synthèse.

a) Le phénomène de Babinski dans les lésions du mésocéphale et des voies qui en émanent.

Nous serons brefs sur ces cas qui sont fort rares dans la littérature et qui, plus que tous les autres, sont susceplibles d'être expliqués par la coexistence d’une atteinte de l'appareil pyramidal.

Babikow, en 1926, signale un cas de signe de Babinski chez un malade atteint de parkinsinisme postæncéphalitique. ‘Ce signe de Babinski se distinguait de celui des lésions pyramidales par la grande étendue de la zone réflexogène. L'’attouchement de tout le membre inférieur provoquait une extension typique de tous les orteils. D’autres cas ont été signalés par Schrigver (démence précoce avec catatonie), et par Bernard (lésions des noyaux mésocéphaliques). En France, Henri Claude, Bourgignon et Baruk publient en 1927 un cas d'extension des orteils dans une démence précoce. Dans ce cas, le signe de Babinski élait transtoire et les auteurs l’attribuent à des troubles lonclionnels sans en localiser l’origine. Nous aurons

d'ailleurs l'occasion de revenir sur cette observation qui contient des éléments extrêmement importants pour l'interprétation du phénomène de Babinski. C. et O. Vogt décrivent «un pseudo Babinski » dans l'athétose double.

b) Le phénomène de Babinski dans les lésions du neurone moleur périphérique.

Les observations de cette catégorie sont nombreuses. Souques, Ducroquet et Tournay en publient

“en 1924, Sicard et Seligmann et Laignel-Lavastine,

en 1925, comme nous l'avons dit, Babinski lui-même, en 1928, l'a observé. Toutes ces observations concernent le signe de Babinski chez des malades présentant une atrophie du groupe des muscles fléchisseurs des orteils, par polio-myélite, radiculite, paralysie du sciatique poplité externe ou sclérose latérale amyotrophique. Le signe de Babinski existerait dans tous les cas d’atrophie marquée des fléchisseurs respectant les extenseurs. Au point de vue cliniques, ces: cas ne portent guère atteinte à la valeur du signe de Babinski, car l’atrophie est facile à constater par l'impossibilité des mouvements actifs et au besoin par l'examen électrique, maïs leur importance théorique est considérable, comme nous essaierons de le montrer plus loin.

Cés cas d'atrophie des fléchisseurs s'expliquent encore assez aisément par l'impossibilité des muscles de répondre à l'excitation. Plus paradoxal est le phénomène de Babinski dans la paralysie du crural constaté par Sicard et Hagueneau en 1919. Ces auteurs

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ne considèrent pas l'extension des orteils existant dans ces cas là comme un véritable signe de Babinski, mais la qualifient de réflexe de défense qui, normalement localisé aux muscles innervés par le crural (quadriceps), se localiserait par la paralysie de ce nerf, sur le sciatique et sur les extenseurs innervés par celui-ci. Nous avons déjà insisté sur la difficulté de distinguer quelquelois ces deux catégories de réflexe et l’interprélalion de Sicard et Haguenau nous semble plausible. Rouquier et Courtetis montrent, en 1926, que cerlaines sciatiques chroniques peuvent s'accompagner d'extension des orteils probablement par un processus analogue à l'alrophie des fléchisseurs. Pour Sicard, dans les myopathies, le signe de Babinski se produirail également par un mécanisme périphérique par atrophie créant une «dysharmonie motrice », ou par localisation anormale du réflexe de défense.

c) Le phénomène de Babinski dans les atteintes du neurone sensitif périphérique.

Ces cas sont encore très*mal connus et leur étude ne dale que depuis l'application de la chronaxie à l'étude des cas d'extension des orteils. Celle-ci a été signalée dans la spondylose rhizomélique et Bourguignon y à attiré l'attention surtout à la suite d'un cas d'hémiplégie spinale publié par MM. Guillain, Thévenard et J. Decourt. Dans cette hémiplégie il y avait une extension bilatérale des orteils. Or, l'examen électrique à montré que d’un côté seulement, le signe de Babinski était dû à la lésion pyramidale, l’autre

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côté il s'agissait d'une irritation du neurone sensitif. Peut-être certains cas de signe de Babinski sont-ils également dûs à celte cause, notamment dans les radiculites, dans les affections méningées et dans Îles sciatiques, Mais cette origine sensitive du phénomène de Babinski ne peut être décelée qu'à l'examen électrique, aussi les cas signalés sont-il rares.

d) Le phénomène de Babinski dans certains cas mal connus el mal déterminés.

Nous mentionnerons ici, en premier lieu, le sommeil qui, chez l'enfant, proyoque loujours un signe de Babinski typique (Mikowski, De Bruin), chez l'adulte il n'existe que dans le sommeil profond et est, du reste, assez difficile à étudier, car sa recherche provoque le réveil, comme nous l'avons constaté nous-même en voulant l’étudier chez les grands enfants et chez les adultes. Presque tous les auteurs sont d'accord pour assigner à cette extension hypnique des orteils la même signification et la même origine qu'à celle que produit une lésion pyramidale. Nous rapprochons ce cas de phénomène de Babinski à celui que l’on constate au cours de certaines intoxications. La narcose chloroformique, l’'empoisonnement par la stychnine donnent lieu à ce phénomène. Nous croyons qu'il s’agit ici de deux phénomènes différents quant à leur mécanisme de production. Le chloroforme provoque une extension d’origine centrale, tandis que la strychnine agit en modifiant la chronaxie périphérique. Le rôle de la vascularisation dans les réflexes et, d’une façon générale, dans

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le fonctionnement des nerfs est prouvé dans les cas d'extension des orteils signalés après application d’une bande d'Esmarch. Cliniquement d’ailleurs, on l'aurait trouvé dans certaines artérites oblitérantes. Nous mentionnons enfin la possibilité signalée par certams auteurs d’une extension des orteils dans le rhumatisme déformant rendant la réponse normale en flexion impossible.

Voici les différentes causes de phénomène de Babinski «en dehors de sa cause classique, la Jésion pyramidale. Nous l’avons déjà dit et nous tenons à y insister, que l'existence de ces causes ne doit nullement destituer l'extension des orteils du premier rang qu'elle occupe parmi les signes de la série pyramidale. Comme l'a très Justement fait remarquer M. Roger (de Marseille), ces cas sont des rarelés «el sont sans aucune importance dans la pratique. Tout au plus doit-on rechercher une atrophie possible des fléchisseurs et faire pratiquer, dans les cas véritablement douteux, un examen électrique.

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