‹ Contribution à l'étude du phénomène de Babinski: Signification et mécanisme de productionChapitre 8 sur 20 · PAT · texte numérisé non relu

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en trois catégories les réactions des enfants et des nourrissons à l'excitation plantaire

1° La flexion plantaire de tous les orteils que nous avons seulement appelée « flexion » dans notre sta- Uuslique ;

2° La flexion dorsale du gros orteil et la flexion plantaire des autres, qui serait pour lui une réaction douteuse et difficile à interpréter. Dans les cas où la flexion dorsale du gros orleil était évidente, nous avons conclu à l'existence d'un phénomène de Babinski;

3° La flexion dorsale de tous les orteils constitue seule, pour Schlésinger, la réaction typique, le « Sauglingsbabinski ».

De très nombreux facteurs périphériques mécaniques interviennent dans les modalités de la réaction. La position du membre, sa température locale, l’intensité de l'excitation, etc. Pour nous mettre, dans la mesure du possible, à l'abri de ces causes d'erreurs, nous avons procédé à la recherche du réflexe, le membre inférieur de l'enfant étant en demi-flexion, à une lempérature suffisamment élevée, et nous avons provoqué en une seule excitation franche, mais sans brutalité. Nous n'avons pas tenu compte du résultat d'une seule recherche, chacune à été pratiquée au moins deux fois si la réaction était nelle, et un grand nombre de fois quand elle était douteuse. Mais chacune des recherches était séparée d’un intervalle d'au moins dix minules. M. Barré, de Strasbourg, conseille la recherche du signe de Babinski en position ventrale : nous l'avons pratiqué un certain nombre de fois dans

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les réactions douteuses, mais le décubitus ventral n’a en rien modifié la réaction à l'excitation plantaire.

Il nous à semblé que les réactions de défense particulièrement vives chez l'enfant constituent une cause d'erreur impertante. L'excitation provoque chez un grand nombre d'enfants une flexion dans l'articulation tibiolarsienne et même au niveau des articulations métatarso-larsiennes qui peut aisément induire en erreur même l'observateur suffisamment averti. Nous croyons que le meilleur moyen de se mettre à l'abri de cette cause d'erreur c'est de maintenir pendant l'excitation le pied à angle droit sur la jambe, car il est rare que les mouvements de défense se produisent uniquement au niveau des orteils ; le plus souvent ils siègent seulement au cou-de-pied ou bien à la fois au cou-de-pied et aux orteils. Si l'extension des orteils se produit malgré la fixité de position du pied et si ce mouvement d'extension revêt les caractères d’un mouvement de défense, la réaction est douteuse.

L'attitude du gros orteil en extension spontanée nous à semblé exceptionnelle, Chez un nourrisson de treize mois, où nous l'avons nettement constatée, elle étail inconstante, et de plus l'excitation plantaire a provoqué une flexion nelle de tous les orteils. Nous ne croyons donc pas qu'on puisse attribuer une signification quelconque à ce fait. Il v a une cause d'erreur qui n'existe pas chez l'enfant jeune, c'est la simulation qui par contre, est très importante à considérer chez l'adulte. :

Toute statistique devrait être accompagnée de quel-

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ques considérations générales qui les concerne et dont la méconnaissance est la cause de bien des erreurs d'interprélations, Une stalitisque n'a aucune valeur par elle-même, la meilleure preuve de ce fait fondamental est qu'une stalistique mal comprise et mal interprélée peut induire dans les erreurs les plus absurdes. La première condilion nécessaire pour qu'une stalislique soit valable est Le nombre suffisant des cas. La mentalité statistique dans le domaine de la physique peut conduire à des résultats, parce que là, elle opère sur des chiffres presque infiniment grands. En biologie, et surtout en biologie humaine, où le nombre des cas est nécessairement limilé, une stalistique ne peut représenter qu'une valeur tout à fait limitée. En biologie on doit tenir compte des Imdividualités qui ne représentent pas qu'un élément numérique. Le tableau schématique d'une slalistique telle que la nôtre, par exemple, renferme tout un monde de nuances et de variélé infinie.

Qu'est-ce que nous pouvons, en dépit de toutes ces considérations, conclure de l’élude statistique du phénomèene de Babinski chez l'enfant? Très peu de choses. Fout d'abord 1} nous semble que l'extension des orteils peut exister bien au delà de la troisième année en dehors de toute altération pathologique du système nerveux. Nous crovons que celui-ci existe chez un certain nombre d'enfants jusqu'à 4 et 5 ans. Au delà il devient très rare el nous avons d’abord pensé qu'il élail toujours pathologique. Or, les tares nerveuses ne pouvaient être décelées chez les enfants de plus de

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cinq ans que dans un‘petit nombre de eas. Sur les neuf enfants qui étaient dans celle catégorie, trois montraient des signes plus où moins évidents d’arrieration mentale, un seul présentait de l'énurésis et les cinq ‘autres nous ont semblé complètement normaux. Cela tient-il à l'insuffisance de nos moyens d’investigations où à la possibilité de la persistance de lextension physiologique des orteils jusqu'à un âge relativement avancé, nous ne saurions le dire...

Notre but n'était d’ailleurs pas de déterminer la limite d'âge physiologique du signe de Babinski, nous avons considéré ces faits uniquement en tant que des documents pour linterprétalion biologique du phénomène de l'extension des orteils. Pour déterminer cette limite d'âge il nous faudrait étudier l’évolution de ce phénomène chez les enfants et d'en faire ainsi une étude dynamique qui donnerait sans aucun doute des résultats plus satisfaisants que les statistiques.

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