‹ Contribution à l'Étude du Philothion: Variations dans l'Avitaminose B et l'InanitionChapitre 21 sur 61 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DESCRIPTION DES TECHNIQUES EMPLOYEES POUR ABSORBER L'HYDROGENE SULFURE PRODUIT PAR ACTION DU SOUFRE SUR LES TISSUS

Deux méthodes différentes sont employées suivant que la réaction a lieu dans le vide ou à la pression atmosphérique.

A — Absorption de SH° à ia pression atmosphérique AMPOULES.

Le tissu finement pulpé est délayé avec du sérum physiologique ou de l’eau et placé dans un tube à essais effilé au préalable à l’une de ses extrémités. Le soufre est alors ajouté en quantité voulue, ie tube est étiré et fermé à l’autre extrémité de façon à lui donner la forme d'ampoule. Après agitation, celle-ci est placée au thermostat pendant un temps donné, à la température voulue. Nous opérons également en l’absence de liquide, le soufre est mélangé avec la pulpe et le tout est introduit le plus rapidement possible dans l’ampoule, au moyen de papier filtre.

APPAREIL ABSORBEUR.

Après le passage au thermostat, l'hydrogène sulfuré produit est absorbé au moyen d'un dispositif spécial. La pointe de l'ampoule est brisée dans un tube en caoutchouc la reliant à un appareil ainsi constitué :

1°) Un flacon à deux tubulures ayant pour but d'empêcher le passage du liquide de ampoule dans le premier barboteur ;

2°) Un ou deux barboteurs (1) de-Vigreux contenant 10 cm° de soude décinormale.

3°) Un autre barboteur contenant du sous-acétate de plomb et ayant pour but de constater l’absorption totale de l'hydrogène sulfuré. Ce flacon est relié à une trompe à eau aspirant lentement.

L'autre pointe de l’ampoule est également brisée de façon à permettent l'entrainement du gaz par l’air extérieur.

Pour favoriser le départ de l’hydrogène sulfuré retenu par le tissu, nous introduisons, au bout de 5 minutes de passage, 5 cm* d'acide phosphorique au 1/8 et l'entrainement est prolongé encore

5 ou 10 minutes.

Le dosage est effectué ensuite comme il a été exposé plus haut,

(1) Un seul barboteur est suffisant à condition que l'aspiration soit très lente.

ire

le ou les barboteurs étant rincés deux fois avec quelques cm* d’eau distillée.

Il est possible de doser séparément l'hydrogène sulfuré libéré dans l'atmosphère du flacon d’abord, lhydrogène sulfuré dégagé par action de PO‘HS ensuite. Nous nous sommes demandé si le passage de l'air, à travers la solution alcaline de sulfure du flacon B., ne pouvait pas provoquer son oxydation, Ce qui aurait occasionné une perte dans le dosage.

Cette hypothèse, qui eut faussé considérablement les résultats de E. Sluiter, est inexacte ; en effet le passage d’un courant d'air, privé ou non de son gaz carbonique, dans une solution de 0,580 mg. de sulfure de sodium dans 10 cm° de soude décinormale ne provoque aucune perte à condition que ce passage ne dure pas plus de 140 minutes.

B —— Absorption dans le vide

Le soufre et l'oxygène étant concurremment hydrogènés par les tissus, la formation d'hydrogène sulfuré doit être plus importante en l’absence de l’air. Cette raison nous oblige, dans la plupart des cas, à effectuer la réaction dans le vide plutôt que dans l'atmosphère.

L'un des modes opératoires employés consiste à faire agir le tissu sur le soufre en ampoules scellées après avoir aspiré l’air à la trompe. Cette façon de faire, possible pour un petit nombre d'essais, présente quelques difficultés qui la rendent peu pratique pour des séries d'expériences physiologiques.

Nous nous sommes alors demandé si l'hydrogène sulfuré ne pouvait pas être absorbé quantitativement par la soude dans ces conditions.

Absorption par la soude, dans le vide, de l’hydrogène sulfuré produit par décomposition du sulfure de sodium par un acide

Pour le vérifier, une solution de monosulfure de sodium SNa;, 9 H°0 est décomposée dans le vide par un acide fixe et le gaz sulfhydrique produit absorbé par la soude.

Appareil employé. — Nous avons utilisé une petite cloche à vide présentant les caractéristiques suivantes :

Contenance : 1700 em*.

Diamètre intérieur : 135 mm.

Hauteur intérieure : 150 mm.

A l'intérieur, deux cristallisoirs en Bohème, ayant un diamètre de 70 mm., sont placés l’un au-dessus de l’autre. Le bouchon en caoutchouc de la cloche est traversé de deux tubes : celui d’une ampoule à brome, dont l'extrémité inférieure arrive juste au-dessus du niveau du liquide contenu dans le cristallisoir supérieur, l’autre tube coudé, muni d’un robinet, peut être relié à une trompe à vide.

Mode opératoire. — 10 cm3 de soude décinormale sont placés dans le cristallisoir inférieur. Le cristallisoir supérieur contient la quantité variable de sulfure à déplacer dissoute dans 5 cm° d’eau distllée. Et enfin l'ampoule à brome renferme 5 cm* d'acide phosphorique officinal dilué au 1/4 (ou PO‘H3 à 1/8). Le vide est fait et le robinet de l’ampoule est ouvert pour laisser passer la presque totalité de l’acide. La décomposition du sulfure est immédiate et l’hydrogène sulfuré mis en liberté est absorbé par la soude. Après un temps déterminé le sulfure ainsi formé est dosé par la méthode étudiée au chapitre III.

Acidité. — L'emploi d'un acide fixe plutôt que volatil nous a semblé indiqué pour le déplacement du sulfure : les acides phosphorique et sulfurique ont été envisagés et le premier choisi car il permet également de chasser l'hydrogène sulfuré fixé par les tissus ; l'acide sulfurique est réduit par les tissus pour donner de l’anhydride sulfureux qui, absorbé également par la soude, réagit ensuite sur l’iode et fausse ainsi le dosage.

Le titre de l’acide phosphorique a été choisi empiriquement, nous avons seulement vérifié que les dilutions de PO'H3 à 25 ou à 12,5 p. 100 convenaient également.

Soude absorbante. — Nous avons démontré l'inconvénient, pour le dosage, d’une trop grande alcalinité nécessitant une quantité d'acide proportionnellement beaucoup plus importante : les volumes de 10 et 20 cm° de soude décinormaie, essayés parallèlement nous donnent des résultats absolument identiques. L’absorption, il est vrai, dépend de la surface absorbante et, pour augmenter celle-ci, il eût fallu employer des appareils plus grands et accroître ainsi considérablement l’espace nuisible.

Temps. — La technique décrite plus haut a été utilisée en faisant varier le temps d'absorption et les quantités de sulfure (Tableau 4). Celles-ci exprimées en monosulfure de sodium SNa?, 9H20 sont de 1,08 — 2,31 — 2,41 — 3,00 et 5,20 mg. La première donne pour

2 2 6 i 2 exprimé en mg. mg. de SNa?, 9H20 formé par absorption de SH

SNa2, 9H20 mis

en 1 heure 2 heures 3 heures 4 heures

Absorption en des temps variables de l'hydrogène sulfuré formé par décomposition du sulfure de sodium.

un temps de 4 heures une absorption de 98 p. 100, la dernière ne donne déjà plus que 96 p. 100.

Le graphique 1 correspond à 3 mg. de sulfure. Il montre une absorption de 57 p. 100 en une heure, 82 p. 100 en 2 heures, 92,6 p. 100 en 3 heures et 98 p. 109 en 4 heures.

GRAPHIQUE 1. — Absorption de SH? dégagé par décomposition de 3 cm° de solution contenant 3 mg. de monosulfure de sodium.

Vide obtenu. — Le vide, toujours obtenu avec une trompe à eau, varie de 16 à 26 mm. de mercure. Les fuites provoquant des rentrées d’air même faibles abaissent considérablement la quantité dosée surtout pour des contacts prolongés. Ce fait nous a incité à étudier l’altération des solutions de sulfure de sodium faites en milieu alcalin dans les conditions mêmes de nos expériences.

Altération de la solution de sulfure. — Nous employons une solution de monosulfure de sodium contenant 3,416 mg. de SNa?, 9H20 dans 5 cm3 de soude décinormale, que nous laissons au repos pendant 24 heures soit à la pression atmosphérique, soit dans le vide. Le dosage de cette solution (Tableau 5) indique une perte très grande dans l'air, presque nulle en l’absence d'air, dans le premier cas l’élévation de la température l’augmente considérablement. D'autre part, celle-ci conservée dans le vide pendant 3 jours subit une perte insienifiante.

300 Je

SNa2?, 9SH20 trouvé en mg.

Tempé- Temps V|SNa?, 9HL0 | | rature en heures | mis en mg.

dans l’air..| 20° 24 0,406 0,260

— | 40° 24 0,219 dans le vide 20° 24 0,397 40° 24 0,399 20° 48 0,473 20° 72 0,404

Altération des solutions de sulfure de sodium dans le vide et dans l’atmosphère en des temps variables.

Ces faits expliquent la remarque déjà faite sur la mauvaise conservation des solutions sulfureuses et sont en accord avec les constatations des auteurs : Kapp (43), notamment, attribue à l'oxygène de l’air ces altérations donnant, d’après lui, des polysulfures, hyposulfite, sulfate, carbonate de sodium (ce dernier sel grâce au CO? de l’atmosphère) et enfin de ia soude.

Conclusion. — L'absorption de l'hydrogène sulfuré, aux doses de 0,15 à 0,70 mg. environ (correspondant à 1,08 et 5,20 mg. de SNa?, 9H20) peut se faire dans le vide par 10 cm3 de soude décinormale en 4 heures avec une perte allant de 2 à 4 p. 100. C'est dans ces limites de quantités que nous nous sommes toujours placés dans les expériences ultérieures sur les tissus.

Application de cette technique aux tissus.

Appareil. — Les appareils utilisés, .tous identiques, sont essentieliement des appareils à vide très petits dont la forme et les dimensions sont combinées de façon à réduire au minimum l'espace nuisible. Voici les caractéristiques de l’un d’eux (figure 1) :

Forme cylindrique ; le couvercle plat, rodé, porte en son centre un bouchon rodé et creux, prolongé par un tube en verre, avec robinet identique à celui des dessicateurs à vide employés couramment dans les laboratoires.

Dimensions : hauteur totale 168 mm, intérieure 83 mm

diamètre intérieur 78 mm volume intérieur 400 cm3

Il peut contenir deux cristallisoirs de 70 à 75 mm de diamètre et ayant ensemble une hauteur de 75 mm, un petit agitateur courbé en V est placé entre les deux ceristallisoirs pour les séparer.

Mode opératoire. — Le tissu finement pulpé avec un pulpo-

broyeur, type Latapie, est pesé (1) dans un cristallisoir et ensuite mélangé intimement avec du soufre au moyen d'un petit agitateur. Le cristallisoir est placé au fond d’un appareil, recouvert du V et d’un autre eristallisoir renfermant 10 cm3 de soude décinormale. Le vide fait aussi rapidement que possible à la trompe à eau, l'appareil est abandonné à la température voulue. Après un temps déterminé, l'acide sulfhydrique, absorbé par la soude sous forme de monosulfure de sodium, est dosé suivant la méthode décrite.

FiGure 1. — Appareil à vide pour l’absorption de l'hydrogène sulfuré.

Pour permettre les comparaisons, tous les résultats obtenus sont exprimés en milligrammes d'hydrogène sulfuré pour 100 grammes de tissu.

d) 1 à 10 gr. suivant la quantité d'hydrogène sulfuré produite qui doit toujours être comprise dans les limites indiquées.

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