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La production d'hydrogène sulfuré par le foie seul en des temps très courts, une ou deux heures, n’a pu être mesurée parce que trop faible et avec le muscle seul il en est de même pour des temps assez longs.
Il résulte de ces expériences que, en l'absence de soufre, la quantité d'hydrogène sulfuré produite par décomposition des dérivés sulfhydrylés des tissus est très variable, mais cependant négligeable. Peut-elle être totalement supprimée ? C’est ce que nous avons recherché en ajoutant à du foie un antiseptique, le fluorure de sodium.
Exp. b 65. — Foie de Bœuf — appareils à vide — étuve à 41° — contact 8 heures.
SATISÆSOULT CR RC ee Rem ein ete SEH2 = 2,5 mg. p. 100 g. sans soufre, addition de FNa pulv. 1/10 » CR »
Le fluorure de sodium est donc incapable d'empêcher totalement ce phénomène de décomposition.
I. —— Différences entre les résultats obtenus dans le vide et à la pression atmosphérique.
Protocoles expérimentaux. — Nous avons déjà exposé plus haut les raisons nous permettant de supposer une production d'hydrogène sulfuré plus élevée dans le vide que dans l’atmosphère. Pour vérifier cette hypothèse, nous employons la méthode des ampoules en utilisant, pour l'absorption, deux techniques :
1°) Ou bien l'hydrogène sulfuré produit est dosé en bloc, la même solution de soude absorbant le gaz existant dans l’atmosphère de l’ampoule et celui mis en liberté après acidification par l’acide phosphorique ;
2°) Ou bien ces deux parties sont dosées séparément, la solution alcaline absorbante étant remplacée avant l'addition d'acide.
Les autres conditions des expériences, faites pour la plupart sur du foie de Bœuf ou de Chien, sont les suivantes : addition au tissu de un cinquième de son poids de soufre en l'absence de liquide, ampoules plongées dans un bain-marie maintenu à 40°.
Durée du dégagement. — La durée de dégagement de l’hydrogène sulfuré, en présence d’air, n’est pas examinée spécialement. Opérant en présence de l'air, Heffter (34) constate une durée du phénomène de 48 heures au minimum ; des essais qualitatifs avec le papier au sous-acétate de plomb, nous conduisent à la même conclusion. La présence ou l’absence d’air semblent donc sans influence sur la durée du phénomène.
Quantité d'hydrogène sulfuré. — Nous avons observé dans le vide, en deux heures, une production d'hydrogène sulfuré variant entre 14 et 38 mg. pour 100 g. de foie (tableau 6). En ampoules, à la pression atmosphérique, pour 5 foies de Bœuf, nous obtenons des chiffres
Pere
allant de 3,43 mg. à 10,20 mg. pour 100 g. (tableau 7) ; encore fautil considérer que l'hydrogène sulfuré n'est pas absorbé dans le vide dans le temps de sa production ; en ampoules, au contraire, l’absorption est totale.
a SH2 en mg. pour 100 g.
Expériences Temps de 8: Î à
N° contact
avant acidilicalion
b 60 foie Bœuf 2 heures PAP
b54. — SHARE b 55 bis — — ch. 110 Chien 8 heures |
SH2 dégagé par action du soufre sur 6 foies de Bœuf à la pression atmosphérique ; dans les deux premiers SH2 est dosé avant et anrès acidification,
Hydrogène sulfuré retenu par le tissu. — Deux des expériences effectuées à la pression atmosphérique sont conduites en dosant séparément SH? avant et après acidification (tableau 7), elles indiquent une proportion assez importante d'hydrogène sulfuré retenu par le tissu. Dans le vide, cette quantité est tellement insignifiante que nous ne pouvons la doser exactement : elle ne dépasse jamais 0,02 mg. pour 2,50 g. de foie ; pour les autres tissus, comme le muscle, elle est plus faible encore et ne peut être mesurée.
Nous avions déjà prévu plus haut ces résultats : en présence d'air le soufre est hydrogèné par les dérivés sulfhydrylés en compétition avec l'oxygène. De plus, il est normal qu'à la pression atmosphérique le tissu retienne l'hydrogène sulfuré dont le dégagement, au contraire, est facilité par le vide
J. — Sensibilité des dosages. -- Erreurs.
Le plus souvent la, pulpe est pesée à un centigramme près, ce qui constitue une erreur variant de + 1 pour 100 à + 1 pour 1000 suivant la quantité de tissu mise en œuvre (1 à 10 g.). Deux expériences semblables sont toujours faites parallèlement et le résultat est rejeté quand les chiffres diffèrent de plus de 10 p. 100 entre eux, soit 5 pour 100 avec la moyenne ; mais nous pourrions citer beaucoup d'expériences dans lesquelles l'erreur est extrêmement petite :
Exp. b 81. — Foie de Bœuf 21,40 et 21,18. — Erreur avec la moyenne 1,1 pour 100.
NN
Exp. b 94, —— Foie de Bœuf 36,92 et 36,60. — Erreur avec la moyenne 0,87 pour 100.
Exp. ch 198. — Foie de Chien 20,0 - 20,0 - 20,0 et 20,6 (calculs faits à une décimale seulement).
Exp. v 6. — Foie de Veau 23,12 et 23,12. — Erreur 0, etc.
D'autre part, nous nous sommes demandé si la non proportionnalité prétendue par E. Sluiter entre l'hydrogène sulfuré dégagé et la quantité de tissu employée existe bien ou si le phénomène est inhérent à la méthode de dosage employée par cet auteur.
Exp. b 73. — Foie de Bœuf pesé exactement — appareils à vide — température 41° — contact 2 heures.
poids de pulpe SH? en mg. SH2 pour 100 g. Erreur p. 100 RS: 0,527 20,89 — 0,86 2,475 g. 0,510 21,01 —— 0,29 3,829 g. 0,816 Die + 1,23
Exp. b 76. — Foie de Bœuf pesé au centigramme — appareils à vide — température 41° — contact 1 heure.
poids de pulpe SH? en mg. SH? pour 100 g. Erreur 2,90 g. ,É 12,24 mg. 0 5,00 g. 0,612 12,24 » 0 Exp. ch 120. — Foie de Chien pesé au centigramme — appareils à vide — température 41° —— contact 1 heure.
poids de pulpe SH? en mg. SH2 pour 100 g. Erreur p. 100 2,90 g. 0,093 3,78 Mg. — (0,26 5,00 g. 0,187 3,74 » + 0,26
(Nous choisissons à dessein cette expérience dans laquelle les résultats sont inférieurs à ceux habituellement obtenus ; l'organe est prélevé sur un animal ayant subi de nombreuses manipulations avant sa mort.)
Ces trois expériences, prises à titre d'exemple parmi beaucoup d’autres, donnant des résultats semblables, montrent une proportionnalité entre la quantité d'hydrogène sulfuré absorbée et celle de tissu mise en œuvre ; or, nous avons vu que, pour un temps donné l'hydrogène sulfuré absorbé représente un pourcentage déterminé de l'hydrogène sulfuré produit, à condition de se trouver entre certaines limites ; par conséquent il y a aussi proportionnalité entre le gaz produit et le tissu employé.
Nous devons avouer que les erreurs obtenues dans des expériences de longue durée sont généralement plus grandes : ce fait provient des rentrées d'air dans les appareils et nous avons constaté d'autre part la rapidité d’altération des solutions d'hydrogène sulfuré en
présence d'air.
Tous ces essais nous amènent à préciser les conditions suivantes comme étant les plus favorables et les plus rapprochées de la vie, le soufre étant remplacé dans ce cas par l'oxygène :
En pe
1°) Le soufre sublimé lavé doit être employé à la dose minimum de 1 partie pour 5 de foie ou 2 parties pour 5 de muscle ; l’addition d'un excès de soufre ne présente aucun inconvénient ;
2°) La dose de 10 cm3 de soude décinormale convient très bien pour l'absorption ; 3°) La plus grande division du tissu donne les meilleurs résultats ;
4°) L’addition d'eau où de sérum physiologique ne facilite en rien la réaction et nécessite l'emploi d’une quantité de soufre proportionnellement beaucoup plus grande ;
5°) Il est inutile de modifier la réaction du tissu ;
6°) La température de 38° (étuve à 41°) est employée parce que c'est la température de la vie : de petits écarts de température provoquent des variations très faibles dans les résultats :
7°) Il faut opérer le plus rapidement possible pour avoir le moins de perte possible ;
8°) Le résultat esi proportionnel à la quantité de tissu à condition que les chiffres soient compris entre 0,15 et 0,70 mg. d'hydrogène sulfuré : pour cela nous utilisons entre 1 et 10 g. de tissu ;
9°) Il n'y a aucun intérêt à prolonger le temps de contact puisque après la première heure, la marche de la réaction est uniforme ; une durée très courte aura l’avantage de limiter les risques de fuite et, en rendant l'expérience moins longue, de permettre l’utilisation de la méthode pour des dosages « en série » ;
10°) Enfin il faut insister sur le fait suivant : l'hydrogène sulfuré dosé ne représente pas la quantité totale produite, mais une parte seulement ; toutefois, les chiffres obtenus sont toujours comparables ENRIMEMEUT:
A l’aide de ces données, nous nous proposons tout d’abord de rechercher l’origine du dégagement, c'est-à-dire comment peut s’expliquer cette action hydrogénante du tissu sur le soufre.