CHAPITRE VII INTRODUCTION
Nous avons examiné au début de ce travail le xôle assigné par tous les auteurs aux dérivés sulfhydrylés dans le métabolisme cellulaire et nous avons nous-même apporté une preuve de plus en faveur d'une réaction en « circuit fermé ». Les maladies diminuant les oxydations tissulaires n’agissent-elles pas indirectement, soit en abaissant la teneur des tissus en dérivés sulfhydrylés, soit en enlevant à ceux-ci leur faculté de s’oxyder ou de se réduire ? Nous cherchons à vérifier cette hypothèse en utilisant notre méthode de dosage pour apprécier le pouvoir « oxydatif » des tissus prélevés sur des animaux sains ou malades.
Les Oxydo-Réductions dans l’Avitaminose B.
Parmi ces rmaladiés, ia carence en Vitamine B a déjà fait sur ce point l’objet de beaucoup de recherches fructueuses. C’est, en particulier à Mme L. Randoin et H. Simonnet (71, 72 et 73) que revient l'honneur de prouver la nécessité de la présence du facteur B décou: vert en 1889 par Eijkmann et très étudié par la suite, pour permettre aux cellules d'utiliser l'énergie potentielle contenue dans les glucides alimentaires.
Ces auteurs constatent notamment, fait contrôlé ensuite par Mme L. Randoin et R. Lecoq (67) que la précocité des crises est en fonction de la quantité des glucides ingérés ; par contre (Mme L. Randoin et H. Simonnet (74) ), un régime, privé de glucides, uniquement constitué de protides et de lipides, peut entretenir les animaux trois ou quatre fois plus longtemps. D'après ces auteurs, la désintégration des glucides, dans l’avitaminose B, donne des composés intermédiaires dont l'accumulation dans l'organisme déclenche l’apparition des crises de polynévrite, accidents nerveux caractéristiques de cette maladie.
R. J. Anderson et W. L. Kulp (10), C. J. Farmer et H. E. Redenbaugh (30) constatent une diminution du métabolisme de base,
correspondant à l’abaissement de température observé par tous les auteurs, et X. Chahovitch (19) une diminution du métabolisme de sommet.
A. Bickel (14), G. Shinoda (105), H. M. Evans et S. Lepkowski (25), H. W. Kinnérsley et R. À. Peters (47), B. Sure et E. M. Smith (111), S. K. Kon (48) et enfin J. Roche (102 et 103) étudient plus spécialement le métabolisme du carbone ; pour ces auteurs l'élévation du rapport C/N urinaire est dû à la non-combustion par les tissus du carbone qui n'est plus éliminé par les poumons sous forme de gaz carbonique.
Au cours de ces expériences, l’animal, souvent nourri par gavage, est alimenté suffisamment, car son organisme est capable de faire des réserves grasses (E. F. Terroine et B. Barthélémy (112) et des réserves hydrocarbonées (H. Magne et H. Simonnet (51), (Mme L. Randoin et E. Lelesz (70). D'autre part la quantité d'oxygène néces- $aire aux Combustions est suffisante, comme l'ont montré E. Abderhalden et E. Wertheimer (2) qui n'ont pas constaté de combustion plus importante en faisant respirer l'animal dans une atmosphère dè cé gaz.
« De ces faits on peut conclure », suivant l'expression de Mme L. Randoin et R. Fabre (64) que, « dans l’avitaminose B la production d’une réaction réductrice couplée deviendrait impossible ou insuffisante. On peut imaginer qu’un véhicule d'oxygène fait défaut ».
Avitaminose B et Glutathion.
En 1927, Mme L. Randoin et R. Fabre (64 et 65) ont l’idée de rechercher dans la diminution du glutathion la cause de l’abaissement du pouvoir réducteur des tissus d'animaux Carencés en vitamine B, ce pouvoir réducteur étant intimement lié, comme nous l'avons vu, aux réactions d'oxydation, d'après les lois d’oxydo-réduction.
1°) Dans leurs expériences sur le Pigeon, animal particulièrement sensible à l’avitaminose B, ces auteurs déterminent les teneurs en glutathion réduit du sang, des muscles squelettiques, du cœur, du foie et notent pour chacun de ces tissus normaux des varialions individuelles notabies
2°) IIS constatent chez le Pigeon sous-alimenté un abaissement général du glutathion, beaucoup plus marqué dans les muscles squelettiques que dans les autres tissus.
3°) Chez le Pigeon privé de vitamines B, ils observent un abaïissement du glutathion très notable pour les muscles squelettiques, peu accentué pour le cœur ét le Sang et une tendance à l’augmentation dans le foie ; les variations individuelles sont trop considérables pour permettre aux auteurs une conclusion définitive vis à vis de cet organe.
4°) Enfin, toujours dans le cas de l'avitaminose B, il leur a été
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permis d'observer une augmentation de substances réductrices non constituées par des dérivés sulfhydrylés.
Renouvelant en 1931 leurs expériences, mais cette fois sur le Rat,
Mme L. Randoin et R. Fabre (66) aboutissent à des conclusions analogues.
Ces auteurs rapprochent leurs constatations du fait que, « en l’absence de vitamine B, les glucides ne semblent plus être utilisés comme source d'énergie par défaut d’un moyen de réaliser normalement la combustion du glucose » et pensent que l’abaissement du taux du glutathion ne suffit pas à expliquer complètement le phéromène.
Nous nous proposons ici de rechercher quel retentissement peut avoir le manque de vitamine B sur le pouvoir réducteur des tissus, celui-ci étant mesuré par l'importance du dégagement d'hydrogène sulfuré dosé en utilisant notre technique.