‹ Contribution à l'étude du Placenta MarginéChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique — Définition.

On rencontre parfois sur la face fœtale de certains placentas une zone blanche, située à une distance variable de la périphérie placentaire, qui est, «dit Martin (1) plus ou moins développée, ne formant tantôt qu'un arc de cercle, d’autres fois une couronne complète, en dedans de laquelle vient s’insérer le chorion ». Cette disposition spéciale a fait donner à ces placentas le nom de placentas bordés où marginés.

Avec Schwab (2), nous définirons donc le placenta marginé : « Placenta présentant sur sa face fœtale un anneau blanchâtre plus ou moins marqué, d'une largeur variable, tantôt circulaire, tantôt en arc, éloigné d'un à plusieurs centimètres du bord placentaire. »

La face fœtale du placenta présente deux régions séparées par un anneau qui encadre le cordon. L'une centrale, en forme de capsule, est appelée aire choriale. l'autre périphérique, qui part de l’anneau et s'arrête au niveau de la circonférence placentaire, est la marge:

(4) Martin. — Thèse de Paris, 1896.

(2) Schwab. — Archives de tocologie et de gynécologie, 1896.

Rd

ep rs elle forme, comme dit Auvard (1) « une sorte de bracelet autour de la capsule centrale ».

L'étude du placenta marginé est de date assez récente, néanmoins on est parvenu, par des recherches minulieuses, à montrer que certains auteurs avaient connu celte forme de placenta, l'avaient décrite et avaient cherché à en donner une explication, il y à déjà fort longtemps.

En 179%, Hunter (2) s'exprime ainsi : « Sur un placenta épais, j'ai observé la particularité suivante : à sa face interne, non loin de la circonférence externe, j'ai trouvé une marge proéminente sur laquelle on remarque les membranes imprégnées de sang coagulé. Cela sur toute la superficie interne du placenta, lui donne un aspect d’écuelle. Sur cette marge s'insèrent les membranes, et la circonférence du placenta, au lieu d'être un bord mince est épaisse et proéminente. »

En 1839, dans les Archives générales de médecine, Jacquemier (3), ainsi que Cruveilhier (4) dans son Anatomie pathologique en 1852 et Robin (5) en 1854, donnent la description d'une anomalie du placenta dont on retrouve tous les caractères dans le placenta marginé. De même que Busch (6) en 1836, ils donnent comme cause de formation de l'anneau une transformalion lente du sang épanché.

Les premiers travaux qui traitent la question d'une

(1) Auvard, — Travaux d'obstétrique, 1888.

(2) Hunter. — Anatomische Beschreibung des Uterus, 1794. (3) dacquemier. — Archives générales de médecine, 1839. (4) Cruveilhier, — Anatomie pathologique, 1852.

(5) Robin, — Archives générales de médecine, 1854.

(6) Busch. — Lehrbuch der Geburtshülfe, 1836.

RULES façon complète ont été faits à peu près à la même époque en Allemagne et en Italie.

En Italie, en 1870, Fabbri (1) rapporte une observaion typique de placenta marginé, auquel il donne le nom de «placenta à face choriale très petite ». En Allemagne, Kælliker (2). en 1879, décrit une variété spéciale de placenta qu'il à rencontrée quatre fois en deux ans. Il propose de lui donner le nom de placenta marginé (placenta marginata), c’est-à-dire possédant une bande de tissu de même nature, située à la périphérie de l'anneau blanc.

Depuis 1889, bon nombre d'auteurs, en majorité les Allemands, firent paraître des descriptions de placentas marginés, et surtout des études étiologiques et pathologiques. En France, Auvard (3) (1888), consacre un chapitre intéressant à cette anomalie et propose de lui donner le nom de placenta à collerette, à cause de la forme de l'anneau qui, dans la plupart des cas, rappelle une collerette. « Cette anomalie, dit-il, a attiré, en Allemagne particulièrement, lattention de quelques accoucheurs, qui l'ont décrite sous le nom de placenta marginé. Ce nom lui convient en effet assez bien. Je me servirai également de celui de collerette placentaire qui semble exactement approprié à cette conformation du placenta. »

A la même époque, Tarnier et Chantreuil (4) disent : « Sur certains placentas, la face fœtale présente, à

) Fabbri. — Bulletin des sciences médicales de Bologne, 1870. ) Kælliker. — Traité d'embryologie, 1879.

) Auvard. — Travaux d'ostétrique, 1888.

Tarnier et Chantreuil, — Traité de l'art des accouchements, 1888.

quelques centimètres de l'insertion ombilicale, un relief circulaire ou demi-cireulaire que nous avons étudié maintes et maintes fois, sans en trouver la signification, toujours est-il que le relief est formé par le chorion et le Lissu interannexiel. »

I faut ensuite citer, en 1895, la monographie de Schwab (1), qui est le dernier travail français étudiant complètement la question.

Depuis cette époque aucune étude spéciale n'a été faite. Le placenta marginé à été souvent cité par les auteurs dans différents cas. À propos de la grossesse extra-membraneuse, Glaize (2) et Maroger (3) l'ont memtionné dans leurs thèses ainsi que Perret (4), Schwab (5), Lepage et le Lorier (6), Maygrier (7), Devraigne (8), Bonnaire et Maury (9), Macé et Moncany (10), Dubrisay (11), dans les différentes communications de grossesse extra-membraneuse qu'ils firent à la Société d’obstétrique de Paris.

À propos du développement du fœtus et de son poids R. Martin (12) à cité le placenta marginé comme mettant obstacle à son accroissement.

1) Schwab. — Archives de tocologie et de gynécologie, 1896.

2) Glaize. — Thèse de Paris, 1899.

(3) Maroger. — Thèse de Paris, 1903.

4) Perret. — Société d'obstétrique de Paris, 20 février 1902,

5) Schwab — Société d’obstétrique de Paris, 21 décembre 1899. ‘6) Lepage et Lorier, — Société d'obstétrique de Paris, 42 mai 4902. 7) Maygrier, — Société d'obstétrique de Paris, 16 mai 1899. 8) Devraigne. — Société d’obstétrique de Paris, 45 décembre 1904. (9) Bonnaire et Maury. — Société d'obstétrique de Paris, 4 novembre 1900.

(10) Macé et Moncany, — Société d'obstétrique de Paris, 20 février (11) Dubrisay. — Société d'obstétrique de Paris, 21 mars 4904. (42) Martin, — Thèse de Paris, 1896.

À l'étranger, en Allemagne, Spæth et Wedl (4) en 1881, réunissent vingt el un cas de placentas à collerette el émettent lavis que le bourrelet est formé de fibrine. Küstener (2) (188%) fait le premier une étude microscopique sérieuse de la question. Ses travaux furent le point de départ de nombreuses discussions, notamment avec Schultze (3). Krükenberg (4) (1886) rapporte deux cas dans deux grossesses gémellaires. Klein (5) (1889 et 1890) fait paraître deux longs mémoires sur la pathogénie. Plus récemment, ilfaut citerles travaux de Stæckel (6) (1889), Rifferscheid (7) (1901), Wodarz (8) (1902), Müller (9) (1902), Holzkappel (10) (1903), Liepmann (11) (1906), Kromer (12) (1907).

L'auteur danois Hansen (13) (1890) observe les rapports qu'il y a entre cette anomalie, le dèveloppement du fœtus et le terme de l'accouchement.

En Italie, Roncaglia (14) (1890), Giglio (15) (189%),

(1) Spæth et Wedl. — Journal des médecins, Vienne, 1881. (2) Küstener. — Centralblatt für Gynæk., 1884.

(3) Schultze. — Centralblatt für Gynæk., 1884.

4) Krükenberg. — Archiv. für Gynæk., 1886.

5) Klein. — Le placenta humain, Wiesbaden, 1890. (6) Stæckel. — Centralblatt für Gynæk, 1889.

(7) Rifferscheid. — Centralblait für Gynæk., 1901. (8) Wodarz. — Centralblatt für Gynæk., 1901.

(9) Müller. — Centralblatt für Gynæk., 1902.

(10) Holzkappel. — Beitrage zur Geburtshilfe, 1903 (44) Liepmann. — Archive. für Gynæk., 1906.

(12) Kræmer. — Centralblatt für Gynækh., 1907. (143) Hansen. — Frommel's Jaresbericht, 1890.

(44) Roncaglia. — Annales italiennes d'obstétrique et de gynécologie, 1890.

(45) Giglio. — Annales italiennes d’obstétrique et de gynécologie,

ADIE

Ferroni (1) (1899) se livrèrent à des recherches analogues. Tout récemment, Sfameni (2) (1905) fit paraître le travail le plus intéressant et le plus complet, mettant complètement au jour l'étiologie et la pathogénie du placenta marginé.

(1) Ferroni. — Annales italiennes d'obstétrique et de gynécolo-

uie, 1899.

(2) Sfameni. — Archives italiennes de gynécologie, 1905.

Page 1