DEUXIÈME PARTIE
Données radiologiques
A. Ranioscopie. — La radioscopie est un mode. d'examen indispensable à l'interprétation des résul- {ats de l'insufflation. ‘Il est pratiquement impossible de créer et d'entretenir un pneumothorax avec des garanties suffisantes si l’on n’a pas à sa disposition un poste radiologique suffisant.
Sans préconiser, comme G. ROsENTHAL (16), l’insufflation sur la table radiologique avec examen au cours même de l’insufflation, nous pensons, avec la majorité des auteurs, que l'examen à l’écran s’impose avant et après chaque insufflation (immédiatement après si le malade n’est pas trop fatigué ; quelques heures plus fard, lorsqu'il s’agit de sujets très affaiblis ou présentant des tendances syncopales).
Nous exposerons d’abord rapidement les faits connus de tous, recueillis et nettement décrits par les grands promoteurs du pneumothorax, nous ré-
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servant d'insister plus loin sur les points particuliers que les orthodiagrammes superposés nous semblent avoir mis en lumière.
Après l’insufflation, la radiologie nous montre des modifications statiques et cinématiques.
1° MODIFICATIONS STATIQUES, — C’est avant tout l'étendue du décollement pleural la forme du moignon pulmonaire, et la mise en évidence des adhé-
rence pariélales, diaphragmatiques où médiasti-
nales.
Il est certain que la radioscopie ne donne pas toujours des images très nettes du décollement surtout lorsqu'il existe pendant les premières insufflations une apparence: « en édredon » due à des décollements partiels et multiples. Une simple augmentation globale de la transparence jointe à de-la diminution du murmure vésiculaire à l’auscultation et au tympanisme doit suffire à diagnostiquer à cette période l'existence de la collection gazeuse et à la retrouver lors des insufflations suivantes.
Les adhérences sont extrêmement fréquentes, de forme et de situation très variables. Les adhérences au sommet et au médiastin sont de beaucoup Îles plus fréquentes.
DumaresrT (17), dans son livre, auquel nous renvoyons, pour plus ample description, divise Îles images radioscopiques en trois catégories
Pneumothorax sans aucune adhérence : très rare même en cas de lésions jeunes. Le poumon com-
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plètement tassé contre son hile peut ne plus apparaître que comme une légère saillie arrondie.
Preumothorax avec adhérences limitées. Ils sont beaucoup plus fréquents. Les adhérences plus ou moins ténues sont réductibles où irréductibles. Une adhérence véritable, telle qu'elle se limite après quelques insufflations au voisinage de Ja pression Ÿ o, ne cède habituellement pas, même à des pressions très élevées. C’est d’ailleurs un résultat qu'on ne doit pas trop poursuivre, car la rupture d’une adhérence sous de fortes pressions, véritable déchirure du parenchyme, peut réaliser une fistule pleuro-pulmonaire, complication redoutable immédiatement suivie d’un épanchement -purulent.
Ces pneumothorax entrent encore parmi les meilleurs qu'on puisse créer.
Pneumothorax avec larges zones d'adhérences, Pneumothorax partiels proprement dits. La symphyse partielle se trouve très fréquemment au niveau même des lésions parenchymateuses et rend le résultat thérapeutique beaucoup plus aléatoire.
La persistance de signes stéthacoustiques, dans la zone de la symphyse, caractérise cette catégorie de pneumothorax. Pour Dumaresr et BRETTrE, Îles signes sont parfois atténués par une insufflation en pression positive. à
Il ne faut pas d’ailleurs se fier à certaines images de pneumothorax partiels vues en position frontale. Certains semblent ridiculement petits, mais
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si l'on fait pivoter le sujet de façon à l'éclairer sous de multiples ir cidences, on peut voir apparaître un décollement très important antérieur ou postérieur. Aussi ne saurail-on trop recommander de multiplier les positions du sujet, lorsqu'on cherche à fixer l'étendue et la forme de la poche pleurale. La question est d'importance, car l'impossibilité d’obtenir un collapsus suffisant peut entraîner l'abandon du pneumothorax.
Nous ne ferons que signaler ici les poches pleurales qui se créent par refoulement d'un bloc caséeux ou scléreux ayant perdu toute élasticité, car nous aurons à y revenir plus loin.
On a fort bien décrit également le refoulement du médiastin qui découle de toute élévation de pression dans la plève, mais à des degrés différents suivant la souplesse du médiastin (âge du sujet, ancienneté du pneumothorax), le siège et l'étendue des adhérences. Ge peut être un refoulement global portant aussi bien sur le médiastin supérieur (trachée, gros vaisseaux) que sur le médiastin inférieur. Parfois, il n’est que partiel et c’est généralement le cœur qui se déplace, créant une modification des rapports normaux avec les vaisseaux de la, base qui peut entraîner des troubles cardiaques (1 cas de Dumarest).
Rist (18) a observé quelques malades porteurs de pneumothorax déjà anciens et chez lesquels la sclérose avait attiré le médiastin du côté malade comme dans un rétrécissement de la poitrine. L'in-