‹ Contribution à l'étude du pneumothorax artificiel (Méthode de Forlanini) dans le traitement de la tuberculose pulmonaireChapitre 3 sur 30 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

CR. . Marguerite, 17 ans, ménagère à Boisseron. Entrée le 10 mars 1911. Père mort de bronchite ; 1 frère décédé à 4 ans 1/2. Personnellement plusieurs bronchites en 1909 et 1910. Depuis toux, RAR ‘amalgrissement; pas de fièvre.

Ad entrée, l'étal général est assez bon; réaction fébrile légère : toux fr équènte, expectoration peu abondante avec de nombreux B. K. A l'examen local on trouve en avant de la submatité du sommet droit, une respiration rude, saceadée et des râles de bronchite dans tout le lobe supérieur; en arrière submatité dans tout le tiers supérieur

LS D du poumon droit, râles sous-crépitants jet sibilants. Le côté gauche paraît sain.

Cure hygiéno-diététique pendant plusieurs mois. Le 12 octobre une hémoptysie sans fièvre. qui dure ün. jour (mälade non réglée depuis le 20 août). Le 9ravril 1912 nouvelle hémoptysié abondante avec T. à 38°, durée : 3 jours; autre récidive en. juillet. Puis aggravation de l’état général avec asthénie, perte de l'appétit, diminution progressive du poids, évolution subfébrile.

Le pneumothorax thérapeutique est pratiqué le 26 décembre 1912 : 0,5 ce. de morphine avant la 1" piqûre faite au trocart de Courmont ; ‘aiguille ordinaire pour les autres. Conduite de la cure sans incident; injection d’Az au début et plus tard d’'Az goménolé. En février 1913, à l'écran: collapsus presque complet du poumon droit. La toux et l’expectoration sont très diminuées; il n’y a plus de fièvre. Le poids a légèrement baissé. En mars, mêmes résultats à la radioscopie; on constate de plus la présence d'une adhérence très nelte à la partie moyenne. En avril, collapsus presque complet, des adhérences très nettement visibles relient encore le poumon .à la paroi costale. Etat général amélioré; le

poids augmente, Ja toux est très diminuée, l'éxpectoration presque nulle; pas de fièvre. En mai et juin, poumon comprimé re le médiastin, immobile, ne respirant pas. En juillet, même résultat; il persiste une pelite adhérence au sommet. Amélioration progressive de l'état général, évolution apyrétique. En août on trouve toujours le poumon comprimé, sans expansion respiratoire,

le diaphragme immobile. La malade quitte le sanatorium et revientchaque mois faire entretenir son pneumothorax. Elle rentre le 21 novembre 1913 pour continuation du traitement sur place. À l'écran, le poumon est

PE A Et immobile, refoulé vers le médiastin; à la partie supérieure, une petite adhérence le rattache à la paroi.

De novembre 1913 à novembre 1914 on poursuit le traitement sous le contrôle de la radioscopie. Durant toute cette période, l’évolution a été apyrétique, l'état général s’est maintenu bon, la courbe du poids peu variable avec légère augmentation, la toux rare, l’expectoration presque nulle avec plusieurs examens bactériologiques négatifs.

Localement : tympanisme, bruit d’'airain et silence respiratoire à droite; à gauche respiration supplémentaire. La malade quitte le sanatorium en novembre 1914. Le pneumothorax est interrompu par suite de la guerre à partir du 1* janvier 1915.

Rentrée de nouveau le 14 novembre 1916, Ia malade, qui était domestique en ville, est à ce moment amaigrie (7 kil. 500) et sans force : elle tousse et crache abondamment (B. K.), la T. est à 38°6. À l’auscultation on constate une caverne étendue du sommet droit et des souscrépitants dans les 2/3 supérieurs du poumon. À gauche, l’inspiralion est rude, l'expiration prolongée, des craquements secs sont perçus en avant. Par a suite évolution fébrile rapide ; état infectieux grave, diarrhée, cachexie progressive. Mort le 7 mai 1917.

Des renseignements nous ont appris que celte malade s’est trouvée du fait de la guerre dans l'impossibilité matérielle de se soigner et l'obligation d'accomplir un travail pénible.

En résumé: Tuberculose fibro-caséeuse évolutive de tout le lobe supérieur droit avec bronchite généralisée du même côté. Pneunrothorax thérapeutique total sans complication. 24 mois de traitement. Résultats immédiats excellents. Amélioration assez lente mais réguliè-

rement progressive, maintenue pendant près de quatre ans lant que la malade a pu se procurer les soins indispensables à son état,

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