OBSERVATION II
D’... Jeanne, 33 ans, domestique à Montpellier, entrée le 20 janvier 1912. Mère morte de fluxion de poitrine. 1 frère décédé à 17 ans, ltoussait. Mari atteint de bronchite chronique ancienne ; ? enfants morts en bas-âge. : Personnellement a eu un rhume persistant en juillet 1911 : depuis lors elle tousse, crache, a de la fièvre, un peu de dyspnée, des sueurs nocturnes. En décembre dernier a une hémoptysie provoquée par la toux et qui dure deux jours. Actuellement mauvais état général; amaigrissement, asthénie, T. à 38°5 ; toux sèche, douloureuse, expectoration muco-purulente (B. K.).
Localement on trouve en avant de la submatilé à gauche, l'inspiration est rude, l'expiration, prolongée; en arrière des sous-crépitants et des sibilants s'entendent dans toute la moitié supérieure gauche. Frottements à la base. À droite, la respiration est diminuée.
Traitement à la tubercuhne ; évolution d’abord diserète presque, sans fièvre jusqu'en mars 1913. A ce moment la malade s'absente du sanatorium et revient le mois suivant avec F.à 39%, toux et expectoration abondantes, oppression. On constate une extension rapide et considérable des lésions avec légère atteinte du côté sain; à l'examen local le sommel gauche est mat, de nombreux sous-crépitants s'entendent dans toute la moitié supérieure, avec
respiration diminuée à la base. À droite, submatité avec respiration granuleuse, expiration prolongée et quelques
. sous-crépitants à la toux au sommet.
Devant la recrudescence des signes physiques, l'élévation de la température et malgré l'atteinte du sommet droit on propose le pneumothorax artificiel.
Insuccès à première tentative le 30 avril 1913. En mai, mjections d'Az sans incident. Dès la fin de ce mois, l'amélioration est considérable. La T. est à 38°2, la toux et l’expectoration sont très diminuées ; la malade se sent mieux. Le 4 juin, à l'écran on trouve un peu de liquide dans le cul-de-sac gauche. Fin juin, épanchement pleural gauche, poumon comprimé contre le médiastin, quelques adhérences au sommet. De juillet à décembre 1913, l’évolution est subfébrile. avec. amélioration progressive et augmentation du poids. En janvier et février 1914, évolution fébrile intermittente avec douleurs thoraciques gauches et dyspnée. À l'écran on constate alors que le
pneumothorax est total et qu'il existe un abondant épanchement pleural gauche. Le pneumothorax est entretenu pendant mars-avril-mai sans évacuation du liquide: L'état général est bon, les troubles mécaniques ont disparu, la fièvre oscille autour de 38. En juin, la radioscopie montre que le niveau supérieur de l’épanchement atteint presque la pointe de l'omoplate; on évacue 700 ec. de liquide qui est purulent et on injecte quantité égale d’Az. De juillet à novembre, on pratique plusieurs évacuations de liquide purulent suivie d'injections d'Az goménolé. Mais, dans les deux derniers mois, l’évolution du côté sain est rapide ; la fièvre est élevée ; il y a des phénomènes infectieux gastro-intestinaux avec cachexie progressive. Mort le 28 février 1915...
En résumé : Tuberculose chronique fibro-caséeuse
NAS extensive du lobe supérieur gauche. Infiltration légère du sommet droit. Pneumothorax artificiel compliqué de pleurésie secondairement purulente. :
Evolution rapide du côté opposé. Mort,