OBSERVATION III
HAE Auguste, 52 ans, mécanicien à Montpellier, entré le 3 avril 1912. Pas d’antécédents héréditaires. Un fr ère mort de fluxion de poitrine. Femme bien portante, pas d'enfant. Syphilis ancienne. En 1910, refroidissement et à la suite toux, expectoration. Pas de fièvre, mais fatigue générale, anorexie, amaigrissement. En janvier 1911, a une hémoptysie abondante qui dure 3 jours. Par la suite, ces hémoptysies se sont répétées sous forme de crachats sanglants ; elles s’accompagnaient de fièvre et de dyspnée.
À son entrée au sanatorium, l'état général est assez bon ; toux fréquente! Expectoration abondante avec nombreux B. K. Dyspepsie légère. T. à 378. Localement on note en avant de la submatité au sommet droit et des râles de bronchite sur toute la hauteur ; en arrière, submatité et sous-crépitants jusqu’à la pointe de l'omoplate ; râles sibilants partout. À gauche, léger emphysème.
D'abord traité par le sérum de Marmorek, puis par le Vallée, sans résullat. En décembre, la toux et l’expectoration augmentent: la T. est à 385 avec dyspnée. Anorexie. Asthénie, sueurs nocturnes. Tachycardie. L’auscultation à ce moment fait percevoir des sous-crépitants sur toute la moitié supérieure du poumon droit, en avant et en arrière, et des râles de bronchite généralisée.
CE © es Le pneumothorax artificiel est pratiqué le 27 décembre 1912. 1 ce. de pantopon au préalable: trocart de Courmont pour la première injection qui est de 300 cc. d'Az en deux reprises avec arrêt pour douleur vive. Le soir, T. à 38°6, toux, dyspnée, agitation (pantopon 1 ec.). Il s’est produit un peu d’emphysème sous-pleural {crépitation gazeuse latéro-pharyngienne). Le 30 décembre, après 1 ec. de pantopon, injection lente, en deux fois, de 500 ec. Az, pression finale = + 4. Le soir, toux fréquente, douleur intercostale vive malgré 1 ec. de pantopon. Pendant les 5-6 jours suivants, la toux persiste avec des névral-
Al
gies thoraciques et de l'agitation. Poussée thermique à
3904. La radioscopie ne peut étre pratiquée ; à l'auscultation, pas de signe de pneumothorax même partiel.
Devant les phénomènes douloureux et nerveux graves occasionnés par les deux premières injections, la méthode est abandonnée. | -
En résumé : Tuberculose fibro-caséeuse unilatérale évolutive avec bronchite et emphysème prédominant à droite. Evolution progressive malgré la cure hygiénodiététique et les traitements au Marmorek-et aw Vallée; essai de pneumothorax artificiel et abandon pour aggra- | vation des phénomènes fonctionnels et manifestations | nerveuses graves. L'injection gazeuse n’a pas décollé la plèvre, mais a fait un emphysème sous-pleural.