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INTRODUCTION

Nous rappellerons avant de décrire nos observations de pneumothorax spontané chez un enfant de deux ans, les travaux effectués sur cette question. Nous verrons alors qu’il s’agit là d’un sujet relativement nouveau ou en tout cas de connaissance assez récente, et nous montrerons les nombreux caractères qui distinguent ce pneumothorax de celui de l’adulte.

Le pneumothorax spontané non tuberculeux de la première enfance était considéré autrefois comme une rareté exceptionnelle. RILLIET et BARTHEZ, en 1853, en relataient un cas comme une curiosité et HUTINEL et Vitry, dans leur traité des maladies des enfants, en 1909 estimaient que plus l'enfant est jeune, plus le pneumothorax spontané est rare.

Les gros ouvrages ne s’intéressaient qu’à l’adulte ou à l’enfant déjà grand. En parcourant toute la littérature, on ne saisissait que quelques indications fragmentaires sur le tout petit.

Le Professeur LEREBOULLET, ayant constaté cette lacune, porta ses recherches dans les littératures fran-

de

çaise, allemande et anglaise, à partir de 1850, et il recueillit ainsi. 38 observations, qui jointes à des cas personnels et contemporains lui permirent d'établir une précieuse statistique.

Il nous semble actuellement que le pneumothorax spontané non tuberculeux de l’enfant n’est pas une rareté exceptionnelle. Comment alors expliquer ce silence ? Fréquemment, nous le verrons, le pneumothorax de l’enfant a une évolution latente et même lorsqu’il se manifeste cliniquement, sa symptomatologie reste souvent fruste. C’était donc l'insuffisance des moyens d'investigation qui expliquait cette rareté relative de l’affection avant l’ère contemporaine.

En effet, la radiologie a fait faire un grand pas à cette question. En 1872, RUGE, pour la première fois, faisait publication d’un pneumothorax spontané consécutif à une rupture de la plèvre chez le nouveau né. Nous verrons tout à l’heure que ce moyen d’exploration, lorsqu'il est bien manié, peut non seulement permettre de confirmer le diagnostic, maïs souvent, dans les cas particulièrement latents, de révéler un pneumothorax spontané qui serait resté méconnu.

ETIOLOGIE

Chez l'enfant, le pneumothorax non tuberculeux est plus fréquent que le pneumothorax tuberculeux.

Les anciens auteurs l’avaient déjà vu. HUTINEL rapporte que LENTZ dans un travail d'ensemble portant sur 35 cas, n’en avait trouvé que 14 où la tuberculose était en cause.

CRUCHET dans sa statistique avait trouvé la proportion de 60 % de pneumothorax non tuberculeux.

MARFAN affirmait également ce caractère dans ses « Cliniques des maladies de la première enfance ».

Il y a là une différence profonde entre l’enfant et l’adulte. Chez ce dernier en effet, comme l’a démontré LAENNEC, l’étiologie tuberculeuse (ulcération d’un tubercule superficiel, rupture d’une caverne) est la plus constante. En dehors de la tuberculose, l’emphysème est la cause la plus fréquente. (Emphysème des conscrits de GAILLIARD), mais, même dans ce cas, le pneumothorax est souvent attribuable à l’ulcération de tubercules souspleuraux chez des emphysémateux présentant une atteinte tuberculeuse discrète. Ce qui accentue encore la différence.

. Comment expliquer cette différence ? On a parlé de la plus grande résistance de la plèvre chez l'enfant.

Des raisons plus valables ont été invoquées :

1° La tuberculose pulmonaire de l’enfant évolue sous des formes anatomiques différentes de celles de l'adulte: Pourtant on doit constater que dans la tuberculose du nourrisson, les cavernes sont communes et affleurent souvent la plèvre.

2° RoYER DE VERICOURT, dans la Gazette médicale de France, du 15 octobre 1934 trouve que la différence tient :

D'une part à la durée de la période d’incubation ou anteallergique de la tuberculose. Celle-ci, en effet, s’allonge de 2 semaines à 4 mois pendant lesquels la cuti reste négative.

D’autre part, au mode particulier de l’invasion de l'organisme du nourrisson par le processus bacillaire; lésions caséeuses, ganglions pulmonaires juxtatrachéaux, accompagnés ou non de dissémination miliaire.

Le pneumothorax spontané non tuberculeux s’observe surtout chez le tout jeune enfant (Première enfance en: particulier).

à partir de la 7° année. Dès ce moment, en effet le nombre des pneu-

Il devient de plus en plus rare

mothorax reconnaissant une étiologie tuberculeuse croît d’une façon progressive.

En considérant les observations de pneumothorax publiées depuis 1925, dans les bulletins de la A de Pédiatrie, nous avons trouvé :

Janvier 1925. — LEREBOULLET, CATHALA, LELONG : enfant de 2 ans.

bre

Janvier 1930. — LEREBOULLET, Marcel LELONG, CHA- BRUN : enfant de 2 ans.

Décembre 1931. — WErrz, HALLÉ et M. Koana enfant de 6 semaines.

Mai 1932. — LESNÉ, CLÉMENT, Mlle ROUGET : enfant de 4 ans.

Mai 1934. — JEANNIN (Dijon) : enfant de 2 mois.

— Mizuir et ROYER DE VERICOURT : enfañt de 8 mois 1/2.

Sur ces six observations, une seule se rapporte à un enfant de plus de 2 ans.

Nous devons, à l’occasion de l’âge, rappeler à ce sujet la très rare observation de Jacob STEIN, se rapportant à un pneumothorax spontané congénital, très bien supporté sans signes fonctionnels, jusqu’à l’âge de 2 ans.

Quelles sont donc les causes en dehors de la tuber-. culose ?

HUTINEL, dans son traité des maladies des enfants, en 1909 donne la classification suivante.

Par ordre de fréquence :

broncho-pneumonies; infarctus pulmonaires; foyers de gangrène; coqueluche.

MarFAN a signalé comme principales causes : la

broncho-pneumonie, la pleurésie purulente, la coqueluche.

Mais le Professeur LEREBOULLET, en 1929, dans sa

statistique fondée sur 45 cas, donne comme principales causes :.

Abcès du poumon ................ 14 cas.

Pneumonie ou broncho ........... 12 cas.

Coquéltelie" HO. ENT 2 SPAS 6 cas

Ensuite viennent les bronchites, bronchectasies, emphysèmes, malformations congénitales, trachéotomies : 2 cas.

Enfin, grippe, syphilis pulmonaire, causes inconnues : 1 cas.

Tous les auteurs accordent donc les premières places à la broncho-pneumonie, la pneumonie, l’abcès du poumon. Ce dernier occupe d’ailleurs le premier rang dans la statistique de M. LEREBOUL- LET.

En effet, nous rapportant comme tout à l’heure -aux Bulletins de la Société de Pédiâtrie, depuis 1925, nous voyons, dans 6 cas, : 2 broncho-pneumonies, 2 abcès du poumon, 1 pneumonie, 1 bronchite sur fond de syphilis.

Comme le dit Royer DE VÉRICOURT, la fréquence de la broncho-pneumonie comme facteur étiologique ne nous étonne guère. Les broncho-pneumonies ne constituent-elles pas la plupart des pneumopathies aiguës de la première enfance ? elles sont moins fréquentes dans la seconde enfance. Dans la coqueluche, il semble que la broncho-pneumonie soit l’intermédiaire le plus souvent rencontré (HUTINEL).

Quant à l’abcès du poumon si souvent générateur

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