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aucun signe ne permet de penser à une ectasie ou à uñ anévrysme de ce vaisseau.
L'examen du pouls est plus important. On constate au palper du pouls radial que celui-ci n'a aucun des caractères du pouls de Corrigan:; il n'est ni bondissant ni dépressible, mais les artères sont un peu dures, elles manquent de souplesse et roulent sous les doigts. Même constation du côté de la temporale qui est sinueuse et
dont les battements sont visibles sous les téguments.
Rien du côté du poumon ni de la plèvre. Les fonctions digestives sont assez régulières, pourtant le malade a un peu dè tendance à la constipation, par périodes qui sont suivies de débâcles. Les reins fonctionnent assez bien : les
À urines sont abondantes, claires. Examinées à plusieurs reprises, à des époques différentes, elles ne renferment ni sucre ni albumine. Le foie est de dimensions normales. Le palper abdominal ne révèle rien de spécial.
L'état général laisse un peu à désirer et le malade, fatigué par des crises fréquentes et des insomnies qu'elles ‘entraînent, a quelque peu maigri depuis trois mois.
Antécédents héréditaires nuls.
Antécédents personnels : le malade a eu la rougeole étant enfant. Il a eu à vingt ans une fièvre typhoïde ; de- | puis il n’a jamais été malade jusqu'au moment où a débuté son affection actuelle.
Ajoutons que la pression artérielle, mesurée avec le sphygmomanomètre à plusieurs reprises, a donné une moyenne pour l'artère radiale considérée dans la goultière qu ROUE te le > chiffre 13 au jo de 18, chiffre normal.
Nous avons donc aftaire à un sujet arthritique présentant un certain degré d’artério-sclérose, sans insuffisance aortique, et de l’angine de poitrine. Un des points les plus intéressants est que ce malade présente d'une façon très nette le phénomène da pouls capillaire sousunguéal et frontal.
Quand on élève son membre supérieur on voit sous les ongles des alternatives de coloration et de pâleur du derme sous unguéal.
De même après avoir déterminé par friction une tache vaso-motrice sur les téguments du front, on voit apparaître à ce niveau les mêmes alternatives de coloration et de pâleur, caractéristiques du pouls capillaire.
Le malade est soumis à un traitement tonique : granules de Dioscoride, conseillé par le Professeur Potain et alterné avec le valerianate d’ammoniaque.
En outre, il est régulièrement soumis au traitement ioduré.
Au bout de deux mois nous revoyons le malade très amélioré, les crises sont moins fréquentes et moins fortes.
Même traitement.
Aujourd’hui 2 décembre, le pouls capillaire est moins net ; le malade a engraissé, son état général est excellent et les crises douloureuses sont rares et sourdes. Il suit son traitement régulièrement depuis plus d'un an,
D'autre part, Ruault et Conte rapportent des faits dans lesquels le pouls capillaire a fait son apparition dans une néphrite interstitielle.
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Ne savons nous pas que M. le Professeur Potain a signalé dans le mal de Bright un spasme des petits vaisseaux et une hypertrophie marquée du cœur qui cherche à vaincre la résistance des capillaires et qui augmente la tension intra-vasculaire.
Rien d'étonnant à ce que dans ces conditions le pouls capillaire puisse apparaître. Le cas suivant que nous empruntons à Ruault est à ce point de vue intéressant.
Observation X
(Recueillie par le Dr Ruault et rapportée dans sa thèse)
Antoine B..., ouvrier peintre, âgé de 48 ans, entre à l'Hôtel Dieu annexe, le 5 juin 1883, salle Saint-Antoine, lit n° 27, service de M. le Docteur Tapret.
Cette homme fait le métier de peintre en bâtiment depuis l'âge de 17 ans. Il a eu une première attaque de coliques saturnines vers 1860 ou 4862. Depuis, les mêmes accidents se sont répéjés 5 ou 6 fois.
Lors de sa dernière attaque, il y a 2 ans, il a été soigné dans le service de M. le professeur Laboulbène. salle Saint- Michel à la Charité.
Il est resté deux mois dans son service.
M. Laboulbène l’a mis au régime lacté, et les urines ont été examinées tous les jours. |
Il est sorti de la Charité assez bien portant.
Depuis une quinzaine d'années, le malade a été sujet à des migraines violentes, qui revenaient environ deux fois par mois assez régulièrement. Il commençait à souffrir vers midi et était forcé d'interrompre son travail et de se mettre au lit, Vers deux ou trois heures du matin, la céphalée se calmait et le malade pouvait enfin dormir, le lendemain tout était passé. À part ces migraines le malade n’accuse pas de troubles de la santé, sauf des troubles digestifs (inappétence, constipation, etc.), qui lui ont toujours annoncé quinze jours ou un mois à l’avance l’imminence des attaques de colique saturnine.
Depuis une quinzaine d'années le malade était obligé de se lever la nuit pour uriner. Cette polyurie a augmenté sensiblement depuis trois ans, et surtout depuis deux ou trois mois. Actuellement le malade se lève chaque nuit trois ou quatre fois au moins. Il éprouve de plus un sentiment d’affaiblissement très marqué. Depuis deux mois et demi environ, il se plaint de fourmillements et de crampes douloureuses dans les pieds, les jambes et aussi dans les doigts. Ces phénomènes se montraient dans les membres inférieurs surtout la nuit. Au contraire, il n'avait guère de fourmillements et de crampes aux mains que lorsqu'il travaillait. Il était souvent obligé de quitter le pinceau pour se frotter les maius (car il ne sentait plus le manche de sa brosse). Il s’est aussi aperçu que chaque soir, au moment où il se déchaussait, ses chevilles étaient enflées. Le matin cet œdème avait beaucoup diminué, mais reparaissait quelques heures après le lever. Enfin il se plaint de ne pouvoir lire un journal..A peine a-t-il lu
quelques lignes qu'il ne voit plus clair. Il compare ce qu’il éprouve à un brouillard qui lui passerait devant les yeux.
Aujourd'hui (20 juin) sous l'influence du repos et du traitement (régime lacté) il y a une notable amélioration. Les crampes et fourmillements douloureux ont presque disparu ; il n'y a plus d'œdème des malléoles ; les troubles de la vue paraissent moins accusés. Le malade est pâle amaigri et ses gencives présentent le liseré saturnin. Il urine environ trois litres par 24 heures ; les urines sont pâles, limpides, légérement albumineuses. Les artères accessibles à la palpation sont dures et sclérosées.Le cœur ‘est impulsif et ébranle notamment la paroi thoracique, l’auscultation révèle un redouhlement très net du premier bruit surtout facilement constatable à la partie moyenne de la région précordiale.
La matité du foie à la percussion est inférieure à la normale.
Le malade présente assez nettement le pouls capillaire du front, rien sous les ongles. 4
Nous devons remarquer toutefois que ce malade était non seulement un Brigthique mais encore un Saturnin. Ceci n’est pas sans importance car les troubles vaso-moteurs que l’on peut observer au cours du saturnisme sont très fréquents et peut-être chez ce malade ont-ils pu jouer un certain rôle dans l’apparition du pouls eapillaire. Nous devons dire cependant que nous avons examiné à ce point de vue quatre
Petit | 4
saturnins qui ne présentaient pas de pouls capillaire.
Il serait intéressant de pouvoir en examiner à ce point de vue un plus grand nombre.
Mais ce n’est pas tout encore, et le pouls capillaire a été observé dans des fièvres et principalement dans des fièvres graves revêtant la forme adynamique.
Conte insiste longuement sur ces variétés de pouls capillaire.
Il remarque que cette pulsation des vaisseaux capillaires est d'autant plus accusée et manifeste que la température s'élève à un degré plus haut, et que l’'adynamie est plus accusée.
Dans ces fièvres, quelle est la cause de:l’apparition du symptôme ? Il faut vraisemblablement incriminer ici l’aetion des toxines sécretées par les microbes des infections. Ces toxines sont en effet des poisons du système nerveux spécialement dans des cas déterminés ; elles sont donc susceptibles d'agir sur les nerfs vaso-moteurs et d'amener ainsi une hypotension. C’est d'ailleurs ce que nous observons chez ces malades. Messieurs Huchard, et le professeur Potain ont bien montré que dans la fièvre typhoïde la tension vasculaire diminue notablement au point de tomber de 18, chiffre normal à 14 seulement. Aussi n'avons-nous pas à nous étonner de voir dans les observations que rapporte Conte, au sujets du pouls
capillaire dans'les fièvres infectieuses, la fièvre: typhoïde tenir la plus grande place.
La pneumonie, la grippe, etc. agissent de la mème facon et par le même mécanisme.
Les pertes sanguines agissent également en diminuant la tension, mais il faut qu’elles soient abondantes. Expérimentalement, Vinay et Arloing ont montré en 1888, que l’hémorrhagie devait comporter le tiers de la masse sanguine pour que la pression s'abaisse. C’est sans doute pour la même raison, el suivant le même mécanisme que le pouls capillaire a pu apparaître après l'accouchement d’une façon passagère. | |
Dans les observations que rapporte Conte nous ferons éependant remarquer que ce sont surtout les maladies infectieuses qui apportent le plus grand: contingent. Les observations sont ainsi réparties :
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On comprend également que l'athérome, l'artério sclérose agissent dans un même sens mais par un mécanisme un peu différent.
Ici c'est surtout l’élasticité des vaisseaux qui est intéressée et quine transforme plus en courant continu, le courant intermittent donné par l'impulsion rythmique du cœur.
Rappelons encore les phénomènes du pouls capillaire apparaissant au cours des dermatoses, de l'urlicaire en particulier. Nous en avons déjà parlé au cours de notre historique nous n’y insisterons pas, mais nous dirons seulement qu'il s’agit évidemment là aussi de phénomènes vaso-moteurs.
Nous terminerons cette longue énumération par l’observation très intéressante de M. le Professeur Bouchard.
Observation XI
Le 18 septembre 1891, M. le professeur Bouchard rapporte à la Société médicale des hôpitaux l'observation suivante que je résume :
À différentes reprises, il a constaté le pouls capillaire sous les ongles d'une malade atteinte de cyrrhose alc )0lique bi-veineuse. °°
Chez cette malade, les ongles et les dernières phalanges des doigts présentaient la déformation hippocratique au plus haut degré.
Cette déformation fut reconnue pour la première fois en 1887. Elle avait peut-être passé inaperçue jusque-là. Mais la malade affirmait qu’elle avait autrefois des doigts comme tout le monde, sans pouvoir préciser l’époque de cette difformité.
Gette altération de la dernière phalange, ajoute M. le Professeur Bouchard, jointe aux battements et au pouls capillaire, devait rendre plus attentif encore sur l'état du cœur qui avait été souvent exploré et qui à différentes reprises avait attiré l'attention par les troubles fonctionnels.
C'est en mars 1889 que l’on constata pour la première fois un souffle systolique à la pointe et en même temps un souffle systolique à la base qui a été retrouvé depuis à de rares intervalles, tandis que le souffle de la pointe a été entendu à un grand nombre d'examens, mais non constamment. Les troubles fonctionnels ont été tantôt des palpitations, tantôt de l’arythmie. Ce qui a été noté constamment, c’est l'absence de tout signe local d'insuffisance aortique.
L'autopsie d’ailleurs a démontré l'intégrité de toutes les valvules et l'absence expérimentalement démontrée de l'insuffisance aortique.
Mais le ventricule gauche était notablement hypertrophié.
| On en trouva l'explication dans l’existence d’une étroi-
tesse de l'aorte commençant à quelques centimètres au-
— B4rs
dessus de son origine et s'étendant seulement dans une portion de la région thoracique. Le calibre de l'aorte dans sa portion rétrécie n’était pas supérieur à celui de liliaque primitive.
On a, c'est toujours M. le professeur Bouchard qui parle, je pense dans la coexistence du rétrécissement de l'aorte avec hypertrophie du cœur et de la cyrrhose hépatique l’explication des troubles vasculaires observés chez cette malade. La cirrhose ayant produit des modifications anatomiques ou fonctionnelles qui amènent si souvent dans cette maladie la dilatation des terminaisons vasculaires.
Le ventricule hypertrophié lançait à chaque systole une puissante ondée sanguine, puis la pression artérielle baissait brusquement par suite du libre passage du sang des artères dans les veines, de même qu'elle tombe dans l'insuffisance aortique par le reflux dans le ventricule
gauche.