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INTRODUCTION

Il n’est guère de « méfaits » dont les rayons n’aient été accusés et pourtant, en présence d’un syndrome pulmonaire, il est rare qu’une quelconque responsabilité leur soit attribuée.

Le « Poumon Radiothérapique », en effet, est longtemps demeuré presque inconnu dans notre pays, alors qu’à l'étranger, de très nombreux cas de radiodystrophie pulmonaire avaient été observés. Peut-être doit-on voir ici la conséquence de l'esprit de modération qui a caractérisé les radiothérapeutes français.

Ces vingt dernières années, la rœntgenthérapie antitumorale s’est perfectionnée, s’est codifiée. La meilleure connaissance du comportement biologique, du rendement en profondeur, a permis d’accroître le domaine de la radiothérapie des tumeurs malignes en appliquant certaines techniques cytolytiques nouvelles au cancer du sein ou aux cancers profonds. Le thorax plus que toute autre région a bénéficié de l’effort conjugué des physiciens et des radiothérapeutes.

Le développement des irradiations rotatoires continues ou discontinues a permis d’atteindre avec des résultats non négligeables les cancers de l’œsophage ou du poumon, jugés par la plupart au-dessus des possibilités des radiations ionisantes.

Mais parallèlement à ce nouvel essor, l’irradiation a dû payer un tribut sous la forme de complications mal connues jusqu’alors.

Le « Poumon Radiothérapique » entre dans le cadre de ces complications secondaires à la radiothérapie à fortes doses au niveau du thorax. Les cas typiques et indiscuta-

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bles de lésions pleuro-pulmonaires secondaires aux radiations ionisantes ont été observées après traitement par les Rayons X de cancers du sein, de lœsophage et du poumon. La plupart des observations connues, du moins en Europe, sont purement cliniques. Nous avons eu l’occasion au Centre Anticancéreux de Lyon, de vérifier anatomiquement un cas de Poumon Radiothérapique, apparu chez un malade atteint d’épithélioma de l’œsophage, traité par la radiothérapie rotatoire discontinue.

Or, l’unanimité est loin d’être réalisée au sujet de la traduction histologique de ce syndrome. Les auteurs américains se basant sur de très volumineuses statistiques considéraient la présencé d’une membrane hyaline au niveau des alvéoles, des bronches et des vaisseaux comme pathognomonique. Or, il n’en a pas été observé chez notre malade. Et Bergmann et Graham, ont confirmé ce point sur des pièces anatomiques prélevées « in vivo ». La rareté de telles observations anatomo-cliniques nous a incité à rechercher les documents cliniques régionaux pouvant se rapporter au Poumon Radiothérapique. Nous avons réuni l'ensemble des connaissances anciennes et récentes à ce sujet.

Tout d’abord nous avons passé en revue tous les travaux, toutes les publications ayant trait à l’action des R.X. sur le poumon sain. Puis nous nous sommes fait un devoir de rapporter tous les résultats des expérimentations faites sur les animaux de laboratoires pour étudier les effets des radiations ionisantes sur l’appareil pulmonaire. À la lueur de quelques observations, rigoureusement sélectionnées, nous avons étudié la symptomatologie radioclinique et les problèmes diagnostiques qu’elle soulève. Ensuite, nous avons envisagé le support anatomo-clinique de ce syndrome, sa traduction histologique. Puis les « causes et modes d’apparition » ont été dégagées.

Avant de conclure, nous avons envisagé les données thérapeutiques tant palliatives que préventives.

La connaissances de ces complications permet d’en apprécier les risques et d’en prévenir l’apparition par une technique sûre, rigoureuse, minutieuse.

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