AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS
AvanraGes, —.Les avantages de la synchronisation du procédé combiné, résident surtout dans l’entr'aide des opérateurs.
L'opérateur abdominal, après isolement des deux tranches de l’anse sigmoïde sectionné, trouve le canal présacré presque préparé par l'opérateur périnéal, pour extirper le rectum et sa tumeur.
L'opérateur périnéal, lui, après achèvement de la voie présacrée, trouve les temps les plus difficiles de la périnéale achevés, c'est-à-dire la section du péritoine, la ligature et la section de l’hémorroïdale supérieure.
L’entr'aide est maximum aux endroits les plus difficiles du travail. La collaboration est la plus efficace entre les opérateurs abdominal et périnéal; chacun s’avance de son côté, non pas en aveugle, mais contrôlé et ramené dans le bon chemin par l'opérateur opposé, abordant les obstacles du côté jugé Je plus favorable.
La diaphanoscopie est le moyen le plus remarquable mis à la disposition des opérateurs dans cette méthode, pour les guider. Pour l'opérateur d’un côté, les tissus éclairés de l’autre côté, laissent voir nettement toute formation cordilorme; l’endroit le plus mince s’éclaire et montre le chemin à suivre par la voie la plus rapide, la moins dangereuse, vers l’autre champ opératoire. L'opérateur reconnaît si dans les tissus illuminés, il existe des formations cordiformes, qui méritent d'être écartées comme les uretères, ou à hgaturer, comme les Vaisseaux.
Aïnsi, se continue le travail, jusqu'au moment où le tunnel présacré établi, le rectum est tiré vers le périnée, laissant le petit bassin plus accessible à la vue, au palper des masses douteuses. On achève d’extirper le rectum.
Par la méthode synchrone, la péritonisation est plus simple par suite du vide du petit bassin; les bords péritonéaux se rejoignent facilement au-dessus de cette cavité.
Les dangers septiques sont moindres par l’exérèse et l'éloignement rapide du rectum de la cavité du petit bassin, et
par l'éloignement rapide de l'extrémité supérieure de la section du sigmoïde de la cavité péritonéale.
La méthode synchrone est pratiquée de manière continue sans manœuvres brutales, le plus souvent causes de shock. L’hémorragie est minime; tout vaisseau est vu et lié avant sa section.
Le changement de position du malade n'existe pas avec son incommodité, sa perte de temps.
En fin de compte, exécutée par deux opérateurs en entente parfaite et des aides bien au courant de leur rôle, l’opération entière peut être terminée en quarante-cinq minutes.
Ce gain de temps sur la durée moyenne d’une abdominopérinéale combinée — une heure et demie — est à considérer.
INCONVÉNIENTS. — Evidemment, le procédé synchrone d’amputation abdomino-périnéale du rectum est une grosse opération qui effraie tout d'abord. Elle exige un personnel opérateur important, une instrumentation conséquente; donc n'est apphicable que dans les grandes cliniques. Nous ne voyons pas pourquoi elle augmenterait le shock par rapport à celui de l’abdomino-périnéale combinée, et pourquoi un sujet pas très âgé, en état physique satisiaisant, ne gagnerait pas à subir cette intervention, plutôt que l’abdomino-périnéale combinée, pour un cancer du rectum. D'ailleurs, notre deuxième malade avait très bien résisté, malgré son cœur déficient.