HISTORIQUE
Depuis la toute première tentative d’extirpation chirurgicale du rectum, qui, semble-t-il, fut exécutée par Paget en 1739, les efforts n'ont pas manqué pour créer et mettre au point une technique satisfaisante d’exérèse.
Tour à tour des méthodes avec variantes se succédèrent. Nous ne les citerons pas dans notre travail bien délimité.
Elles aboutirent à la mise au point d’une facon définitive, en 1896, de la technique de l'opération combinée abdominopérinéale par Quénu. Méthode encore désignée à l'heure actuelle, aussi bien en France qu'à l'étranger, sous le nom de méthode de Quénu. C'est dans le but d'améliorer les résultats opératoires de l’éxérèse du rectum cancéreux par la méthode de Quénu que des auteurs arrivèrent beaucoup plus tard à la méthode synchrone abdomino-périnéale qui nous occupe seule dans ce travail.
Les premiers furent les Japonais. Ils exposèrent la méthode synchrone d’amputation abdomino-périnéale, en mars 1933, dans les Archives Japonaises de chirurgie, sous le titre « Au sujet de l'opération de l’ablation du carcinome du rectum haut situé ». L'auteur spécifiait dans cet article que l'Ecole japonaise est arrivée à la méthode synchrone par double amélioration de la méthode de Quénu. Leur base point de départ fut la publication de la méthode de Quénu une première fois modifiée, suivie de multiples observations et de leurs résultats satisfaisants, faite en 1908 par leur Maître Torikata. Environ quinze ans avant sa publication la méthode synchrone était connue et appliquée par les Japonais.
Nous avons retrouvé ces détails dans un article de S. Fuijinami du 28 janvier 1935. Il revendique pour les Japonais les
améliorations, de l'abdomino-périnéale combinée, qu'il expose succinctement et que Kirschner intitulait « procédé synchrone du traitement radical du cancer du rectum » un an auparavant.
Le 7 avril 1934, au LVIIE Congrès de la Société Allemande de chirurgie, on fait, pour la première fois, lexposé critique de l'opération de Kirschner créé pour résoudre les difficultés de l'abandon du segment intestinal inférieur dans le bassin pendant l'abdomino-périnéale. C’est le procédé synchrone. en septembre 1934, dans un très bel article Klinische für
observations personnelles abdola
D'ailleurs,
magnifiquement illustré de chirurgie,
Kirschner résume d'abord ses
des procédés
post-opératoire
de pratique pendant {rois ans
mino-périnéal combiné et sacré. conclut
de
que «
différence mortalité favorable au
procédé sacré est plus grande ce procédé pour les récidives, sacrée après une observation
celui du procédé combiné ».
que la différence défavorable à le résultat total de l'opération de trois ans est meilleur que Attaché au procédé combiné,
Kirschner indique comment modifier ce procédé pour améliorer jies résultats de l'avenir.
Pour réaliser cette amélioration il a été conduit au procédé synchrone abdomino-sacré. Il décrit sa technique complètement et dans ses moindres détails, son anesthésie spéciale, la position du malade et les avantages de sa méthode simplement imdiqués lors du Congrès de chirurgie déjà cité.
Là s'arrêtent les travaux des précurseurs. Rien n’a paru depuis sur cette méthode.
C'est alors que le docteur J. Villar, de Bordeaux, se trouvant l’année dernière à un congrès chirurgical à Paris, entendit parler de cette méthode. Il ne put recueillir sur elle que de vagues renseignements, sans bibliographie nette. Il eut le désir cependant, le premier en France, d'essayer cette méthode dont il ne connaissait pour ainsi dire que la désignation et quelques résultats. Avec ces quelques données il recons-
Htua d'abord une technique complète : la position spéciale
"se du maiade, point extrêmement important, l’organisation de la salle, de groupes opérateurs, du matériel, l'importance de la diaphanoscopie.
En décembre 1936, il réalisa sa première opération. La seconde eut lieu en août 1937. Nous rapporterons fidèlement et
scrupuleusement ces deux observations. Nous discuterons leur résultat en toute sincérité.
Position du malade (Photographies tirées de Kirschner.)
Dégagement du rectum (Photographie tirée de Kirschner.)