II. — Traitement causal
Le traitement causal consiste à replacer l'utérus dans sa position normale le plus tôt possible à cause de l’œdème qui s’installe rapidement. (Nous avons vu les difficultés de cette réduction dans les prolapsus complets du troisième
degré.) Pendant la période de gravidité, on peut y parvenir
en plaçant la femme en position gynécologique, c’est-à-dire dans le décubitus dorsal, les poings fermés sous les fesses, les jambes à demi fléchies sur les cuisses. On peut placer également la malade dans la position génu-pectorale, de manière à réduire l'effet de la pression intra-abdominale. Il faut prendre la précaution de vider la vessie et de faire évacuer le rectum. On saisit l’utérus avec les doigts et on essaie de le réduire en le poussant peu à peu dans le vagin. Cette réduction est-elle recommandable à toutes les périodes de la gravidité ?
D’après les auteurs, elle peut être pratiquée à tous les moments de la grossesse (Joïdens dit l’avoir réussie dans les dernières semaines), mais c’est surtout dans les premiers mois qu’elle doit être faite. Dès qu’on sentira des contractions utérines, il faudra cesser la manœuvre, qui devient dès lors dangereuse et peut provoquer lavortement. L'emploi des pessaires est discuté. On peut employer des pessaires en caoutchouc ou en aluminium. Leur grand avantage est qu’ils maintiennent l’utérus en place et qu’ils suppriment les douleurs par rétablissement de la cireulation veineuse.
Mais leurs inconvénients sont nombreux :
a) Ils favorisent l’infection ;
b) Ils agrandissent l’orifice vulvaire et on est obligé de recourir à des pessaires de plus en plus gros ;
c) Ils peuvent provoquer l’avortement ;
d) Enfin ils ont le gros désavantage de ne pas traiter la
LSVE EE
vraie cause du prolapsus, agissant simplement comme agents palliatifs.