OBSERVATION II
M": D... Odette, 40 ans, entrée le 19 novembre 1925 dans le service de M. le Professeur Guyot, pour prolapsus et rétention d'urine.
Elle raconte avoir eu une grossesse à 20 ans. L'enfant vint à terme et l’accouchement, assez laborieux, fut suivi d’une déchirure périnéale incomplète qui fut suturée aux crins de Florence. Elle reprit son travail 15 jours après, et, au bout d’un mois, elle remarqua un peu de gêne après la fatigue. Cette sensation augmenta peu à peu et dura environ deux ans.
Après quoi, la malade s’aperçut que son utérus prolabait dans le vagin, surtout le soir, et au moment des efforts. Le décubitus dorsal suffisait à réduire le prolapsus utérin.
Lorsque la malade restait assise toute la journée, le prolapsus ne se produisait pas.
Les règles, apparues à 15 ans, étaient toujours normales, régulières. Les dernières remontaient au 16 août 1925. Donc, grossesse de 4 mois au moment de l’hospitalisation.
Le 13 novembre, en se levant, la malade ne put pas uriner. Elle ne fut sondée que 4 jours après (sondée deux fois par son Docteur). Durant ce laps de temps, la rétention d’urine fut complète.
Elle fut adressée à l’hôpital. À son entrée, on constate un ventre rendu globuleux par la rétention d’urine; un sondage ramène 1 litre 3: d’urine.
L’examen de l’appareil génital montre un prolapsus du deuxième degré avec rectocèle et cystocèle. Le périnée postérieur est déficient. On trouve quelques érosions sur les parois latérales du vagin. Quand on fait pousser la malade, la paroi antérieure se déplisse et vient faire hernie à la vulve, augmentant le degré de cystocèle.
Lorsque la malade est debout depuis un certain temps, le col utérin apparaît à la vulve, réalisant ainsi un prolapsus du deuxième degré. Le col est augmenté de volume. On constate un léger allongement hypertrophique de ce col.
Le toucher, combiné au palper, montre un col augmenté de volume, de consistance molle; l’orifice est béant. L’utérus est
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globuleux, déborde d’un travers de main le rebord supérieur symphysaire. La consistance est uniforme, plutôt molle, régulière et lisse.
Les seins sont très pigmentés. On voit des tubercules de Montgoméry, et du colostrum vient sourdre au mamelon quand on presse le sein.
Après réduction de son prolapsus, et un repos de quinze jours, la malade quitte l'hôpital le 4 décembre 1925, et revient chez elle à Mérignac.
Le 11, vers 11 heures, elle perd quelques caillots, et le 15, après avoir ressenti quelques douleurs et tremblements, de la fièvre, elle a des pertes abondantes de caillots noirâtres non fétides.
Elle fait venir son Docteur, qui la dirige vers Canolle le 15 à 6 heures du soir, où elle avorte à minuit d’un œuf complet de 3 mois à.
On fait un curettage. Les suites sont très bonnes et la malade quitte l’hôpital le 1° janvier 1926.
Presque aussitôt la matrice accentue sa chute, surtout à l’occasion d’un effort, si bien que la malade abandonne d’ellemême toute tâche pénible. Elle signale des maux de reins et des douleurs dans le bas-ventre, intermittentes. Pas de rétention d’urine. Pas de constipation.