‹ Contribution à l'étude du pronostic de l'épitélioma dendritique du seinChapitre 7 sur 16 · Première Partie CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

Première Partie CHAPITRE PREMIER

Historique

Il nous serait certes loisible à propos de l'écoulement sanglant de passer en revue toute l’évolution de la chirurgie, envisager l’époque ancienne avec l’empirisme äes temps reculés et les interprétations plus ou moins fantaisistes des anciens.

Mentionné dans les aphorismes d'Hyppocrate, on le retrouve dans les œuvres d’Ambroise Paré, c’est à cette époque une lésion interprétée comme un trouble fonctionnel.

Avec le xrx° siècle les observateurs minutieux, les anatomo-pathologistes passionnés, les chirurgiens ont observé l’écoulement sanglant.

Dès le début de cette période on note au cours de cette affection quelque chose de plus qu’un trouble fonctionnel. Richard montre la coïncidence d’écoulement sanglant et de tumeur bénigne.

Nélaton en fait un signe de lésion du sein.

Velpeau prétend en avoir observé au cours des can. cers du même organe.

Puis les faits commencent à se concrétiser, un travail de Labbé et Coyne attribue l’écoulement sanglant à des végétations papillaires intracanaliculaires.

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Reclus dans l’étude du syndrome clinique auquel on a attaché son nom signale cet écoulement.

En Angleterre, Battle, Bowlby, Butlin, Robinson en parlent dans une série d’articles sur les tumeurs végétantes intracanaliculaires ou « villoux duct cancer ».

En Allemagne divers auteurs font écho aux constata- {ions de Reclus sur le ceptadénome du sein parmi eux Sasse, Roloff, Schimmelbusch, Von Saar.

Mintz en Russie décrit une affection avec deux stades de « catarrhe séreux » et de « catarrhe sanguinolent » correspondant à un état anatomique qui sert en quelque sorte de plaque tournante à trois évolutions :

Adénome kystique, Adénome intracanaliculaire, Dégénérescence maligne.

Période contemporaine :

A l’ordre du jour actuellement depuis 1927, à la suite d’une série de travaux à l’école allemande de Pribram, Klose, Schneider, Grunwald, la mamelle saignante apparait comme un état pathologique spécial, manifestation soit d’un état précancéreux capable de dégénérer, soit de lésions en transformation maligne, soit de cancer raractérisé.

Signe d’alarme, l’écoulement est un signe qui appelle sur un sein l’attention du chirurgien, et aussi la thérapeutique radicale, car il vaut mieux comme dit Klose avec du cancer ou du précanécer se montrer trop large que trop parcimonieux.

Pribram attribue l'écoulement hémorragique le plus souvent à l’épithélioma dendritique qui se transforme

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‘arement en cancer mais dont les récidives in situ commandent la prudence et par conséquent l’exérèse large. L'école de Vienne est d’un avis opposé. Elle voit dans l’écoulement sanglant un signe que l’on rencontre au cours d’affections variées habituellement bénignes. En dehors des cas d’évidemment cancéreux ces auteurs préconisent une exérèse localisée, nécessaire, mais suffi. sante.

En France on est plus éclectique que l’école allemande. Des études complètes, anatomo-pathologiques, ont nettement individualisé d’abord les tumeurs végétantes intracanaliceulaires (Lecène et Galtier) qui pour eux formeraient 90 p. 100 des écoulements sanglants.

J. Ch. Bloch et Mile R. Wechsler s'élèvent contre l’exérèse totale du sein dans certains cas d’épithélioma dendritique dont ils décrivent un type particulier, enfin Moulonguet et Rousset ajoutent encore l’ectasie des canaux galactophores au tableau des lésions bénignes responsables d’écoulements sanglants.

L'étude historique nous a montré à l’époque contemporaine le nombre et la valeur de travaux entrepris sur la mamelle saignante. Ceci nous prouve que ce n’est qu’un signe clinique lié à des affections variées que les travaux récents individualisent un à un. D'où l’intérêt qu'il peut y avoir à étudier de près ces lésions pour juger de leur pronostic et pouvoir fournir une indication thérapeutique qui ne risque pas de souscrire aux exagérations de l’exérèse large de l’école allemande ni de s’exposer aux dangers d’une chirurgie trop conser-

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