‹ Contribution à l'étude du prurit anal en particulier de son traitement chirurgicalChapitre 20 sur 28 · B. — TRAITEMENT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

B. — TRAITEMENT GÉNÉRAL

1°) On s’efforcera, d'abord, dans les cas où la clinique apporte quelque indication, de réaliser un traitement étiologique et pathogénique.

a) Conseiller un régime, d’une façon générale, où sera réduite la ration carnée et d’où seront exclus un certain nombre de substances toxiques : thé, café, liqueurs, vin pur (surtout vin rouge et Bourgogne), chocolat, bière alcoolisée, charcuterie, gibier, mollusques, crustacés, conserves, champignons, fromages fermentés, choux et choux-fleurs, oseille, fraises: on déconseillera également le tabac. Dans les cas rebelles, il faudra même s’en tenir, le temps nécessaire, au régime lacto-végétarien, ou même lacté pur, ajouté éventuellement d’eau de Vichy.

b) Combattre sévèrement les troubles digestifs :

— en premier lieu, la constipation, par des laxatifs, des lavements;

— les troubles hépatiques ou vésiculaires;

— les diverses dyspepsies : vérifier la dentition, recommander de mastiquer lentement, donner quelques eupeptiques.

Lu

Plusieurs auteurs, à F7 suite de P. CHEVALLIER, ont insisté sur l'importance du traitement ferrugineux dans un type de prurit, le prurigo leucodermique, qui correspond presque ‘toujours à des lésions de gastrite, avec parfois une légère anémie. Ils ont pu guérir défi-

nitivement, par de fortes doses de fer (protoxalate ou

carbonate, 3 à 8 gr. par jour, per os), des prurits résistant à toute autre thérapeutique.

- c) Favoriser l'élimination rénale, par les eaux minérales, des tisanes, des diurétiques légers.

d) Combattre les troubles glandulaires, en faisant suivant les cas de l’opothérapie thyroïdienne, ovarienne

(prurit ano-vulvaire de la ménopause), ou orchitique

(prurit sénile).

e) En cas de Have réduire la ration hydrocarbonée, donner éventuellement de l'insuline.

f) Essayer une médication désensibilisante et antianaphylactique, étant entendu évidemment que l’on supprimera les aliments ou tmédicaments supposés TE quand on peut les reconnaître

— soit désensibilisation spécifique,

— soit banale, par l’auto-hémo ou l’auto-sérothéra-

pie, les peptones, l’adrénaline, le chlorure de calcium,

l’hyposulfite de soude ou de magnésie.

2°) Il faudra, d’autre part, mettre en œuvre une thérapeutique sédative et antiprurigineuse. Il est indispensable de calmer l’irritabilité nerveuse, on conseillera le repos physique et moral, le malade se trouvera bien de faire un séjour à la campagne, ou en montagne, à moyenne altitude. L’hydrothérapie — douches ou bains chauds —, est souvent efficace, de même les cures

‘hydro-minérales à Néris, Luxueil, Bagnères-de-Bigorre,

la Bourboule, Saint-Gervais et, surtout, la Roche-Posay, dont les eaux froides, bicarbonatées. calciques et silicatées, sont très réputées pour la cure des prurits.

valériane, le gardénal à petites doses réfractées, l’aspirine, le pyramidon, l’atropine et la belladone, les bro-

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de novocaïne, etc...

D'une façon générale, la conduite ds bon ru $ ment médical implique un certain nombre de condi-

re CRÉES ) ïl faut une coopération intelligente entre le

médecin et lé malade. Ce dernier doit comprendre qu’il.

faut suivre le traitement prescrit et celui-là seulement. La maladie est longue, le malade impatient, il ne manquera pas de recevoir de multiples conseils, d’un autre médecin, d’un pharmacien, d’un ami. Il finit par disposer ainsi d’une véritable pharmacie, dans laquelle il puise au hasard à l’occasion de chaque crise, il en résulte assez souvent une dermatose médicamenteuse surajoutée.

2°) On doit pratiquer de fréquents examens en cours de traitement, pour suivre les progrès, dépister uneirritation commençante, modifier les prescriptions.

3°) Enfin, il est recommandé de continuer la théra-

peutique pendant plusieurs semaines après la disparition du prurit.

IT. — PHYSIOTHERAPIE

Citons pour mémoire — les courants de haute fréquence, — l’ionisation (au Lugol, au nitrate d’aconitine), — l’actinothérapie, Wots peu employés actuellement et de résNiEdté var ETS,

pour insister davantage sur la radiothérapie, d’utilisation beaucoup plus courante.

Comme médicaments, on aura le choix entre la

mures, les injections intraveineuses de chloroforme ou

Fe traitement par les rayons x trouve auprès de Le + majorité des auteurs un crédit des plus favorables. pe: Pour quelques-uns SE il semble pers recommans :. à a RÉ on

Tout d’abord, présente-t-il dangers: té Lu peau as du périnée, déjà sensible quand elle n’est pas malade, ne va-t-elle pas devenir le siège d’une radiodermite sup- plémentaire ? Il ne semble pas. Les radiothérapeutes qui ont ainsi traité un grand nombre de cas, affirment n avoir jamais vu une seule radiodermite. Les rayons X peuvent déterminer, au maximum, une simple pigmentation des téguments, d’ailleurs passagère. Il suffit, pour prévenir d'éventuels ennuis, de surveiller les petits signes d’alarme : sécheresse accentuée de la - peau, plissement léger indiquant un début d’atrophie, rougeur facilement provoquée par quelques petits tapotements, alopécie partielle, léger érythème.

“ha; technique de la radiothérapie est variable suivant les auteurs. Certains font deux ou trois séances, à une semaine d'intervalle, avec trois à quatre h. légèrement filtrés. D'autres, deux à cinq h., à feu nu, deux ou trois fois, avec trois semaines d'intervalle; d’autres, cinq à six séances, de semaine en semaine, avec deux h. et demie, nus ou très légèrement filtrés. in, de Lille, applique deux h. et demie, à feu nu, en deux séances à quinze jours de distance, avec au besoin

une troisième séance six semaines ou deux mois après si le prurit semble se réveiller. Il y associe quelquefois une séance de thérapie indirecte, de cinq h., à sen nu, sur la colonne vertébrale.

Envisageons maintenant les fésnitéts de cute méthode. Tout d’abord, quelques appréciations qui montrent bien la diversité des points de vue :

.Davi : « La radiothérapie est efficace et sans danpers ». > A. MARTIN (Montréal) : « Sans la radiothérapie,

nous serions vraiment désarmés pour does cette affection tenace. Elle donne des succès dans tous les

cas, moyens ou intenses, récents ou anciens, avec ou

sans complications cutanéo-muqueuses, quelle que soit l'étiologie du prurit. Elle apporte Souvent une guérison définitive, toujours une rémission “prolongée: Elle est indolore ». | à

Et plus loin : « Nous croyons même qu’il faut l’em-

ployer Dee metqnesens d'emblée, considérant qu'il est inutile de s’égarer dans d’autres procédés à à résul-

tats aléatoires ».

Et d'autre part :

__ Pour SCARBOUROUGH, elle présente peu d’amélioration et beaucoup de danger.

— d’après SWINTON, elle ne donne que des résultats très temporaires.

— CUTCHAN : « La radiothérapie jouit d’une réputation d'efficacité qui est difficile à justifier, donnant

un soulagement passager, mais ne supprimant pas la

maladie ».

— CANTOR : « Je ne FOR jamais la radiothérapie ».

— LOCKART-MUMMERY : : « J'ai été très désappointé par les résultats de la radiothérapie dans le prurit anal,

la plupart des cas où je l’ai vu essayer, ayant été des

échecs complets ».

Le seul moyen de se faire une idée assez objective

de la valeur de ce traitement est d'étudier les résul-

tats qu’on en a publiés. Nous avons pu retrouver deux statistiques relativement importantes, celle de Davin et celle de A. MARTIN.

DAviD a traité par les rayons X cent quatre-vingt cinq malades atteints de prurits ano-génitaux et son expérience s'étale sur treize ans, avec les résultats suivants : ; |

80 2 1°) Vingt-huit malades ont recu une seule séance : certains sont guéris, d’autres ne sont pas revenus.

2°) Dans quatre- vingt sept cas, deux séances ont été suffisantes.

F1 Dans trente- -quatre cas, il a été nécessaire de

faire une troisième application.

4°) Quinze ont dû recevoir quatre séances, ‘treize cinq et cinq, Six séances. | °

5°) Enfin, trois malades rebelles ont eu respectivement, sans succès, sept, huit et quatorze irradiations. L

MARTIN, en neuf ans, a traité soixante- nr malades et il donne les résultats que voici :

— Guéris après un à deux mois de traitement quarante-cinq, soit 61 1%

— Guéris après deux mois et demi à quatre mois : use six, soit 35 %.

— Non guéris après cinq mois : deux, soit 3 %. 8 P q

Mais l’auteur reconnaît aussitôt après que trentecinq malades n’ont pas été revus après la première série d’irradiations et sa statistique les tient apparemment pour guéris. Or, il est très vraisemblable qu’un bon nombre ne l’étaient pas. La plupart des pruritiques, avant d'en venir à la radiothérapie, ont d’abord été soumis à une foule d’autres traitements variés. Leur désir de guérison est tel qu’ils ne demandent pas mieux que d'essayer une nouvelle méthode. Mais l'ancienneté de leur mal et sa résistance à tout ce qu’ils ont déjà tenté, font qu’ils sont très facilement déçus et découragés, si le nouveau traitement,’dont on leur a souvent promis des merveilles, ne les soulage pas du premier coup. On peut légitimement penser que beaucoup d’entre eux, après une première séance de rayons inefficace, auront désespéré de ce moyen comme des précédents, ou auront mis en œuvre, sans attendre davantage,

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