A MESSIEURS LES MEMBRES DU JURY
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D étude du RE anal a déjà suscité Lrndmbräbles travaux dans tous les pays. L’étiologie, la pathogénie, l’histologie et, surtout la thérapeutique correspondan- | tes, ont préoccupé de très nombreux chercheurs. Et, lorsque l’on vient de parcourir la littérature, en présence de tant d'opinions, souvent très divergentes, de tant de traitements proposés, on est vite convaincu que le prurit anal est un mal complexe, symptôme commun à un grand nombre d’affections diverses, des plus varia- bles dans ses manifestations cliniques, d’étiologie souvent imprécise sinon complètement inconnue, de thérapeutique difficile, très différente suivant les cas et les individus et souvent longue et décevante.
Notre intention n’est pas de reprendre ici l’ensem-
ble du problème, dont la mise au point a d’ailleurs été
déjà faite dans plusieurs travaux excellents, ni d’apporter en vérité des éléments très nouveaux à la question. Simplement, l’occasion nous a été donnée de poüvoir assister à de très beaux succès dans la cure de
certaines formes de prurit anal sévère, et nous vou-
drions insister dans ce travail sur cet aspect du traitement, dont les résultats nous semblent particulièrement encourageants, susceptible de guérir définitivement bon nombre de cas, rebelles à toute autre thérapeutique, et cependant assez peu pratiqué semble-t-il.
I s’agit du traitement chirurgical, plus particulièrement de LapéraLion décrite par BALL, de Dublin, en
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1905. Fr prix ue Dterenion Her il possible 5 de mettre fin à des souffrances souvent anciennes, | tissant fâcheusement, et sur l’état général, et sur le ; psychisme de leurs victimes. Il est possible de rendre 4 à une vie normale des malades qui traînent depuis des années un mal sans gravité, certes, mais fâcheusement pénible et, qui en a fait à la longue, des individus plus ; ou moins découragés, ie ou. moins SEE PRE ou se moins désespérés.
Nous aurons donc pour “but RE dans cette | étude, de mettre en relief les bons résultats que nous paraît pouvoir faire espérer la cure chirurgicale du prurit anal et la discussion de son opportunité suivant id les cas. Pour le reste, nous nous contenterons de faire
| rapidement le point de la os suivant les pains les plus récentes.
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Il est difficile de se faire une idée précise de la.
fréquence du prurit anal. Les dermatologistes en soi- - gnent relativement beaucoup, les radiologues quelques-
uns, les chirurgiens très peu, — ces derniers ayant à. traiter, évidemment, les formes les plus rebelles —.
Quoi qu’il en soit, il semble que le prurit anal sévère, “invétéré, torturant, soit assez rare.
Le volume des travaux et les statistiques publiées
par les auteurs anglo-saxons, paraîtraient montrer une fréquence plus importante dans leurs pays. Sans doute
est-ce réel, mais encore faut-il tenir compte de leur
système de spécialisation, qui fait que les malades sont
adressés d'emblée au proctologiste; la plupart des cas sont ainsi groupés, alors que chez nous la dissémina-
tion reste grande.
Comment se partagent ces cas ? C’est l’homme adulte, entre trente et cinquante ans, qui semble le plus sujet à la maladie. Les blonds, à peau plus délicate, ainsi que les obèses, les sédentaires, fourniraient le
“plus lourd contingent. La femme est un peu moins
atteinte, l’enfant, l'adolescent — exception faite pour certains prurits d’origine parasitaire, ainsi que le vieil-
lard, en sont des victimes peu fréquentes. Il faut noter,
chez la femme, l'association fréquente avec un prurit vulvaire, beaucoup plus couramment que la coexistence d’un prurit scrotal chez l’homme.
ve ce sont les cas: a er nes {l ne s ee d’une démangeaison discrète, passagère, qui constitue
pour le malade, tout au plus, un petit désagrément, — et qui cède, en général, à un traitement des plus
simples. à Mais : peut sites au males. un aspect de plus sévères, où le prurit est féroce, torturant, surve-
nant par paroxysmes redoutés. Dans ce cas, il survient
par crises, plus ou moins longues, plus ou moins espacées, commençant le plus souvent au cours de la nuit, à la chaleur du lit. Débutant en général d’un point très précis de la zone péri- -anale, il diffuse rapidement, soit tout autour de l'anus, soit en une partie seulement, le plus souvent vers le coccyx ou le périnée antérieur. Il faut noter que le canal anal n’est pratiquement jamais atteint. En même temps, son intensité s'accroît jusqu’à
devenir insupportable, cependant que le malade se
‘gratte furieusement, arrachant des lambeaux de peau,
se faisant saigner, dans une véritable frénésie dont il attend l’apaisement, jusqu'au moment où, après une
dernière exacerbation, le paroxysme s’achève et le mal-
heureux peut enfin s'endormir épuisé. C'est la forme
* que les auteurs appellent indifféremment prurit sévère,
invétéré, pernicieux, paroxystique. Malgré des répits plus ou mins importants, le malade n’en conserve pas
moins la hantise du retour dE crises, son sommeil, son appétit, sont perturbés, l'inquiétude, l’angoisse s’emparent de lui. Son psychisme se fixe sur son mal et s’en imprègne entièrement, la neurasthénie ou la morphino-
manie le guettent, quelquefois même le suicide met fin
à des souffrances que de multiples traitements, tentés
pendant des mois et des années, n’ont pu vaincre.
__ Les caractéristiques essentielles de cette forme sont donc sa très longue durée, son évolution par crises, l’in-
tensité de celles-ci, son retentissement très marqué à la
longue sur l’état général et l'équilibre psychique des
- malades.
Comment se présente, à l’examen, la région anale et péri-anale chez les pruritiques ? Il peut y avoir d'assez notables différences, suivant le degré du prurit et suivant son ancienneté. Ce sont, en effet, les lésions de grattage et leurs conséquences, qui apportent les modifications les plus perceptibles. Aussi bien, pourra-t-on noter, soit très peu de changements locaux de la peau, encore qu’il y ait habituellement quelque peu de congestion et d'œdème, soit des signes d’irritation plus importants, du suintement, des vésicules, des érosions, des fissures. Le grattage amenant presque toujours une infection secondaire, il finit par se constituer une véritable dermatose chronique. La peau est épaissie, indu- rée, lichénifiée, pigmentée, les plis radiés vers l’anus sont accentués, on note souvent des crevasses, des fissures, des cryptes profondes, les ganglions inguinaux sont engorgés. Enfin, dans les cas très anciens, la peau très infiltrée, blanchâtre, dure, revêt l'apparence du cuir.
Quel est le substratum histologique de ces lésions! ?
De nombreux auteurs, s'ils insistent sur des caractèrés particuliers parfois, s'accordent tous pour) ‘reconnaître l'absence de modifications spécifiques ‘dans: le:-prurit anal. On y trouve simplement'les caractères habituels d’une dermatose, aiguë ow/chroniquetsuivant les cas.