CHAPITRE IV
Symptomatologie
19 Viscosilé motrice. —:*Le symptôme fondamental du pseudo-parkinsonisme post-encéphalitique est la « viscosité motrice » (Verger et Hesnard). Cette expression vaut mieux, selon nous, que raideur, attitude soudée, attitude figée, hypertonie musculaire, rigidité, car elle ne préjuge en rien de l'interprétation qu’on peut donner à ce symptôme complexe qui donne un aspect si particulier au malade.
Le pseudo-parkinsonien post-encéphalitique au repos, est complètement immobile, et ne fait pas volontiers usage de ses membres. Même, si sa position est incommode, il la conserve. C'est ce que Verger et Hesnard appellent la perte de l’initiative motrice. Lui commande-t-on de faire un mouvement, ou veut-il accomplir lui-même un acte indispensable, le départ se fait difficilement, «il y a difficulté de mise en train », puis le mouvement se fait lentement. Souvent, il ne s’achève pas du premier coup, il s’interrompt et le sujel s’immobilise en pleine contraction. Enfin, spontanément, ou à la suite d’une stimulation étrangère, l’acte s'achève très lentement. C’est cette lenteur dans tous Les mouvements du malade qui a surtout été retenue par certains auteurs qui en font le symptôme capital : la bradycinésie (Cruchet).
La marche offre les mêmes caractères de lenteur : elle se fait à petits pas, la tête penchée, les bras en demi-flexion,
on
collés au corps, immobiles, les membres inférieurs un peu fléchis.
Le facies du sujet est immobile, aucune mimique, aucune expression émotionnelle (exception faite des cas où existent, ‘du rire et du pleurer spasmodiques). Et pourtant là comme pour les membres 1ln’y à pas de paralysie, le malade peut siffler, souffler, faire des grimaces si on lui demande.
Comment interpréter cette viscosité motrice? La plupart des auteurs à la suite de Souques l’attribuent à l’hypertonie jointe à l’abolition des mouvements automatiques,
90 Hyperlonie. — Les muscles des pseudo-parkinsoniens post-encéphalitiques offrent à l'exploration des mouvements passifs une certaine résistance élastique. Dans certains cas, l'hypertonie est considérable : telle la malade de Piltz et Baurain qui était contracturée au point d’être continuellement en opisthotonos à la façon d’un tétanique. Mais, dans la plupart des cas, l’hypertonie est légère, variable et il est même certains malades à l’aspect pourtant bien typique chez lesquels on ne peut percevoir aucune contracture. Les auteurs ont d’ailleurs été frappés de cette discordance.
30 Kinésie paradoxale. — D'autre part, un caractère bien curieux qui est noté, semble-t-il, dans toutes les observations de pseudo-parkinsoniens où on l’a recherché, démontre bien, selon nous, le peu d'influence de l'hypertonie. Nous voulons parler de la kinésie paradoxale (Souques). Ce symptôme consiste en ce fait que les malades sont capables de courir et de faire des mouvements rapides, alors que les actes ordinaires de la vie sont si lents et si difficiles. Pourquoi l’hypertonie gênerait-elle ces derniers alors qu’elle resterait sans effet sur la course?
49 Exagération de la réaclion des antagonisles. — On a donc analysé plus minutieusement la bradycinésie et Babinski et Jarkowski ont attiré l'attention sur l'exagération de la réaction des muscles antagonistes dans le syndrome parkinso-
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nien. Ces auteurs sont arrivés à la conclusion suivante : un muscle parkinsonien présente de la raideur lorsqu'il joue le rôle d’antagoniste, il se contracte dès qu’il est appelé à cette fonction par le déplacement ou simplement par la pesanteur du membre et l’hypertonie qui s’ensuit dure tant que subsiste l’action de ces forces extérieures.
À la vérité, Jarkowski constate que ce phénomène des antagonistes peut également s’observer à l’état normal chez certains individus, mais d'une facon bien plus discrète et dans ce cas, les réactions des antagonistes paraissent presque enLièrement soumises à la volonté du sujet qui peut, suivant les circonstances soit les inhiber, soit en tirer parti.
Cependant, on est bien obligé de penser que chez les parkinsoniens la volonté n’est pas tout à fait impuissante, vis-àvis des réactions des antagonistes, car on ne saurait expliquer autrement le phénomène de la kinésie paradoxale.
Abolilion des mouvements aulomaliques el associés. — Cette abolilion est indéniable. Les pseudo-parkinsoniens postencéphalitiques ont perdu toute harmonie danslesmouvements de leur corps et les diverses fonctions automatiques comme la marche, la mimique, la phonation, les mouvements de défense, les mouvements d'expression sont troublés. Nous pensons même qu’on peut pousser plus loin cette idée : dans tout acte il y a une part d’automatisme et notre volonté n’intervient pas d'une facon continue dans son accomplissement. La nature a simplifié le travail de la pensée et il n’est pas inadmissible de croire qu’elle a mis à la disposition des êtres dans certaines régions des centres nerveux un appareil dépositaire de nos actes usuels. Il suffit alors aux centres su périeurs de déclancher cet appareil chaque fois qu’un de ces actes doit être accompli : on ne réfléchit, pas pour marcher, pour manger, etc. Gel appareil est susceptible au cours de la vie de l'individu de s’enrichir de nouvelles acquisitions on arrive à écrire sans effort, on arrive à faire de petits tra- Vaux Sans Yÿ songer, machinalement et l’habileté plus ou