‹ Contribution à l'étude du Pseudo-Parkinsonisme Consécutif à l'Encéphalo-Myélite ÉpidémiqueChapitre 12 sur 29 · LAC EUR · texte numérisé non relu

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moins grande d’un ouvrier démontre bien l'existence d’un centre des mouvements automatiques plus ou moins éduqué, plus ou moins riche. Dans le parkinsonisme ce centre serait détruit ou inhibé,. l'individu n'aurait plus à sa disposition tout le riche appareil des mouvements automatiques et chaque acte serait alors pour lui plein de difficultés et demanderait la présence continuelle de la volonté qui ne serait plus suppléée par toutes les acquisitions des ancêtres et de l'individu lui-même et qui défaillerait sous le faix. Or, c’est dans le corps strié et dans la région hypothalamique que, d’après les recherches contemporaines dont nous parlerons plus loin, se trouveraient ces centres d’ « automatisme primaire. » (O0. et C. Vogt).

Anlépulsion, rétropulsion, laleropulsion. — Ces symptômes sont cités dans de nombreuses observations de parkinsonisme-post-encéphalitique et sont, de même que le phénomène de la festination, la conséquence des symptômes précédents.

Catalonie. — La catatonie existe souvent dans l’état que nous étudions. Quand on la recherche, la position donnée au membre est conservée, puis, au bout de quelques instants, le membre vient lentement chercher appui. Il y a d’ailleurs, fréquemment, ainsi que l’ont remarqué Verger et Hesnard, des attitudes spontanées, anormales, bizarres, mal commodes que le malade conserve longtemps, sans fatigue apparente.

Instabililé. — Nous voulons parler de ce symptôme noté par Sicard dans quelques cas de parkinsonisme post-encéphalitique et auquel il a donné le nom d’akathisie. De tels malades sont sans cesse agités, en perpétuel besoin de mouvement, ne peuvent rester en place, se levant d’un siège pour s’asseoir dans un autre, déambulant sans trêve ni repos dans la pièce où ils se trouvent. Une sorte d’anxiélé les saisit, les étreint dès qu'ils sont assis et les contraint à abandonner les sièges qu'ils ont choisis. Ils ne connaissent pas le repos de la station assise, ils sont plus calmes et plus stables dans le

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décubitus horizontal. Ce symptôme est rare et en général le malade éprouve, au contraire, de la répugnance à l’effort, il a horreur: du mouvement qui lui esb pénible. C’est un inactif, un paresseux moteur autant qu’un ralenti (Verger et Hesnard).

Tremblement. — Le véritable tremblement parkinsonien, l’émiettement, la boule continuellement roulée, est rare ct les cas où il est noté comme typique, comme celui de Souques, se rapportent en général, à des gens âgés pour lesquels on peut se demander si l’encéphalite n’a pas seulement déclanché une maladie de Parkinson légitime. On comprendrait ainsi pourquoi Sicard affirme l'incurabilité chez les parkinsoniens qui présentent le tremblement typique.

Quand le tremblement existe, il s’agit d’un tremblement menu, le plus souvént intentionnel ou plutôt se produisant pendant la période de mise en train et disparaissant dans le mouvement lui-même. Ce tremblement intermittent, inexistant au repos, est aussi variable suivant les jours, suivant le moment de la journée. Cependant, il convient de remarquer, que l'opposition du pouce avec les autres doigts, la position en main d’accoucheur est fréquente et qu’il ne manque que le tremblement pour que le malade roule sa pilule. Le tremblement des pseudo-parkinsoniens est en général localisé à une main ou aux deux, ou à la tête: très rarement généralisé. La langue difficile à tirer complètement hors de la bouche est souvent instable, trémulante. Le malade de notre observation LI a un tremblement localisé aux paupières.

Polyclonies. — Les mouvements Involontaires autres que le tremblement, sont assez fréquents au cours du parkinsonisme. Souvent ils le précèdent et disparaissent ensuite en totalité ou en partie, parfois ils lui succèdent, parfois ils coexistent avec lui. À ce sujet, il faut remarquer que nous n’avons pas trouvé les mouvements choréiques associés au parkinsonisme. Il s’agit le plus souvent, de myvorythmies ou de myoclonies.

Réflexes. — Les réflexes sont en général vifs. Le signe de Babinski est parfois positif au début surtout à la suite de l'épisode aigu, comme si le faisceau pyramidal avait été léché par l’inflammation qui atteint son maximum d'intensité près de son passage dans le pied des pédoncules. On observe aussi souvent un léger clonus du pied et une ébauche de trépidation épileptoïde. Mais tous ces phénomènes disparaissent en général et au bout de quelque temps il ne reste qu’une Vivacité plus ou moins grande des réflexes.

Troubles de la mastication. — La mastication est souvent troublée et les mouvements nécessaires pour broyer sont aussi difficiles que les mouvements des membres, de sorte que le malade n’arrivera pas à mâcher ou bien conservera ses aliments solides dans la bouche pendant longtemps avant de les déglutir. Beaucoup de. pseudo-parkinsoniens post-encéphalitiques ne prennent que des aliments liquides. La déglutition est parfois gênée.

Troubles de la parole. — Il n’y à pas de dysarthrie mais la parole est lente, traînante, monotone.

Pierre Marie et Mile Lévy ont observé deux malades qui présentaient le phénomène de la palilalie (Souques). Un de ces malades répétait jusqu’à 21 fois, les mêmes mots. Ce phénomène a été noté par d’autres auteurs sous le nom de tachy-

phémie.

Troubles de l'écriture. — Ces troubles consistent surtout en micrographie et parfois en tremblement.

Nous avons observé que l’écriture était parfois plus grande au début de la ligne et allait en se rapetissant à mesure qu’on se rapprochait de la fin. Froment a constaté qu'il suffisait de faire écrire ces malades sur du papier rayé à double ligne en leur enjoignant d'écrire en gros caractères, pour obtenir d'emblée et sans aucune rééducation des lettres grandes. Froment en conclut que l’étaL psychique des pseudo-parkinsoniens post-encéphalitiques peut intervenir pour une part,

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sinon dans la génèse, tout au moins dans la persistance de la micrographie dont le mécanisme psycho-phvsiologique singulièrement complexe ne saurait être ramené à un simple trouble de la mobilité.

Troubles oculaires. — Barré et Velter ont insisté sur la constance de ces troubles au cours du pseudo-parkinsonisme post-encéphalitique. Ils consistent essentiellement en une insuffisance de la convergence à des degrés divers. [ls se produisent par une diplolpie croisée dans la vision de près. Is sont le plus souvent latents, il faut les rechercher et employer une technique un peu spéciale pour les mettre en évidence. Ils accompagnent les formes frustes aussi bien que les formes sérieuses. Dans. nos observations la lenteur des réflexes pupillaires à l’accommodation el à la lumière est à peu près constante. Dans notre observation VII on a constaté des troubles paralytiques de l’accommodation et des muscles grand oblique gauche et petit oblique droit. Roger a insisté sur la fréquence de la paralysie de l’accommodation.

Rire el pleurer spasmodiques. — Ces symptômes sont assezfréquents dans le pseudo-parkinsonisme, post-encéphalitique. Dans notre observation T, le malade présente du pleurer spasmodique. On trouve un bel exemple de rire spasmodique dans l’observation XXV de la thèse de Labuchelle.

Froment et Paliard ont observé du baillement spasmodique.

Troubles de la sensibililé. — I n’y a pas en général de troubles de la sensibilité objective. Cependant, dans notre observation I nous avons noté des zones d’anesthésie.

Les douleurs sont fréquentes, le plus souvent elles précèdent le début apparent du parkinsonisme. Elles siègent principalement aux membres, à la nuque et aux lombes. Parfois, elles sont très vives, parfois elles se réduisent à une sensation de fourmillements, d’élancements. Les douleurs disparaissent en général un certain temps après l'établissement du parkinsonisme. Elles doivent être d’origine centrale par altérations probables du thalamus.

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Troubles vaso-moteurs. — On a noté les sueurs, la sialorrhée, les œdèmes et les vaso-dilatations périphériques localisées (Porot). Les sueurs sont souvent localisées à une partie du corps (les mains), parfois elles ne sont que nocturnes.

La sialorrhée est fréquente, parfois elle est très abondante et le malade est obligé de conserver continuellement une serviette devant sa bouche eutr’ouverte. Les œdèmes sont rares.

Ajoutons que chez un pseudo-parkinsonien post-encéphalitique, Laignel-Lavastine a observé un syndrome neurovégétatif à prédominance vagotonique (bradycardie, exagération du réflexe oculo-cardiaque, diminution de la pression artérielle avec petit indice, raie de Sergent, sialorrhée).

Elal général. — Il est le plus souvent bien conservé. Il n'y à pas d’amaigrissement bien considérable, l'appétit est un peu diminué, parfois on note de l’insomnie.

Quelques auteurs (Roger et Aymes, Perrens) ont vu quelques parkinsoniens post-encéphalitiques devenir obèses. Guillain et Gardin, Roger ont observé la glycosurie.

Troubles génilaux. — Les malades que nous avons interrogés sur leur vie sexuelle nous ont dit qu'ils avaient des érections normales, mais que leurs rapports sexuels étaient rares et difficiles.

Troubles psychiques. — L'activité psychique des pseudoparkinsoniens post-encéphalitiques paraît intacte : il n'y a pas de désorientation, de confusion des idées, de Lendances délirantes, d’amnésie. Et pourtant ils ne sont pas normaux « l'intelligence paraît engourdie et figée comme les muscles » (Anglade et Verger). Ils présentent souvent des troubles de l'humeur et du caractère, une asthénie profonde avec lenteur de l’idéation et surtout des troubles psycho-moteurs se traduisant par de la difficulté dans la manifestation de la pensée par la parole, l'écriture ou la mimique jointe à une attention mal soutenue. Le malade ayant conscience de sa déchéance,

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