CHAPITRE V
Marche, Formes cliniques, Pronostic
Nous avons déjà noté en étudiant l’étiologie, combien pouvait être différente suivant les cas, la date d'apparition du parkinsonisme à la suite de l'épisode aigu : tantôl antériéure à lui, tantôt contemporaine, tantôt le suivant immédiatement ou a une date plus ou moins lointaine, pouvant dépasser un an. Nous avons aussi noté combien pouvait être fruste cet épisode aigu : parfois le malade n’en a gardé aucun souvenir. Le parkinsonisme s’établit en général assez vite ainsi que l’ont noté les auteurs, parfois à la suite d’une rechute de l’encéphalite. Mais, il est des cas où il s'établit d’une façon lentement progressive.
Le parkinsonisme atteint en sénéral tout le corps; cependant il y a quelques observations où Îles symptômes parkinsoniens n’existaient que dans une partie du corps : Pierre Marie et Mlle Lévy ont observé plusieurs formes monobrachiales avec tremblement fin, de même Sainton el Schulmann. Claude a observé une forme unilatérale avec reliquat de secousses myocloniques. Claude et Dupuy-Dutemps ont observé une forme céphalique avec tachyphénue, troubles oculaires et sympathiques.
Les symptômes de début différent suivant les cas; le plus souvent, c’est la viscosité motrice. Mais dans la plupart des cas avant l’apparition de la rigidité el datant souvent de la période aiguë, il y avait quelques autres symptômes tels que
secousses myocloniques, tremblement fin, douleurs, trout du caractère.
Enfin, certains symptômes peuvent disparaître alors « de nouveaux font leur apparition : dans une observation Souques, Moreau et Pichon, le tremblement qui avait di plus d’un an, finit par disparaître. Dans notre observation les douleurs ont disparu. Dans une observation de Krebs Bethoux, les secousses myocloniques, tendaient à disparaî à mesure que la rigidité s’accentuait.
On pourrait donc décrire une infinité de formes clinique soit qu'on décrive des formes précoces ou tardives (les p mières semblant plus susceptibles de guérison que les autrt soit qu’on décrive des formes localisées ou généralisées, s qu'on décrive des formes frustes et des formes progressh (Pierre Marie et Mlle Lévy).
La meilleure classification nous paraît encore être ce adoptée par Ernst dans sa thèse, à savoir des formes régr sives, des formes stationnaires et des formes progressives
1° Formes régressives. — Il s’agit le plus souvent de p kinsonisme précoce. La guérison peut être complète. Cep: dant, il ne faut jamais l’affirmer car, on a vu des rechü tardives que rien ne faisait prévoir.
2° Formes slalionnaires. — L'observation de la plup: des pseudo-parkinsoniens post-encéphalitiques ne s’éte encore que sur quelques années, aussi on ne peut dire que: formes stationnaires actuellement le resteront toujours. 4 formes longuement stationnaires, seraient selon nous, le f d'une séquelle véritable. Suivant qu’une quantité plus moins grande d'éléments nobles aura disparu ou aura remplacée par du tissu de cicatrice, ces formes stationnai seront plus où moins graves, le moindre degré étant carac
risé simplement par une fixité spéciale des traits et du rege el une allure un peu guindée.
30 Formes progressives. — Elles correspondraient sel
CN
nous à un état chronique de l’encéphalo-myélite épidémique dont le virus continue à vivre dans les centres nerveux, étendant lentement ses ravages et provoquant parfois de véritables rechutes après lesquelles les symptômes se trouvent aggravés. Il convient de remarquer que la progression est très irrégulière ét entrecoupée de rémissions et même d’amélio-. rations interrompues par des reprises aggravantes de l’infeclion.
C'est dans ces formes qu’on observe les variations évolutives du parkinsonisme bien décrites par Sainton et Schulmann sous le nom de parkinsonisme de fatigue et de crises parkinsoniennes. Ces auteurs on£ observé que la fatigue aggravait considérablement les symptômes présentés par les malades : c’est ainsi qu'ils sont plus guindés et plus raides le soir que le matin, de même après un effort, comme le fait de monter des escaliers. Chaque acte de la vie quotidienne nécessitant un effort musculaire, permet de saisir des modifications selon le moment et les conditions dans lesquels il est accompli.
D'autre part, Sainton et Schulmann ont observé de véri-. tables crises parkinsonisnnes durant une semaine environ à la suite d'émotions, d’écarts de régime ou de maladie infeetieuse intercurrente. Ces auteurs expliquent le parkinsonisme de fatigue et les crises parkinsoniennes par ce fait qu'il s’agit de lésions mésencéphaliques en pleine activité et que toute modification de la vascularisation s'accompagne d’une énorme poussée vaso-dilatatrice des réseaux encéphalitiques. On conçoit ainsi l’action plus ou moins prolongée de la fatigue de la fièvre, des émotions qui provoquent des troubles circulatoires considérables.
Sainton et Schulmann tirent de ces faits un élément important de pronostic, car le parkinsonisme de fatigue et les crises parkinsoniennes seront d'autant moins accusées que l’inflammation des centres nerveux sera moins aiguë. Le parkinsonisme de fatigue diminue progressivement chez les sujets dont l’état s'améliore et n'apparaît plus qu’à l’occasion d’efforts excessifs.
LNÈATE
En résumé, nous pensons qu’on peut considérer : 1° de formes régressives qui aboutissent à une guérison complèt. sans séquelle; 2° des formes stationnaires qui corresponden à des séquelles; 3° des formes irrégulièrement progressive qui correspondent à la persistance du virus dans les centre
nerveux.
Le pronostic du pseudo-parkinsonisme post-encéphalitiqu ne saurait être encore porté d’une façon certaine. Cependant on peut poser quelques éléments de pronostic.
10 Les formes régressives arrivent parfois à une apparence de guérison qui se maintient longtemps. Puis, on assiste dan certains cas à une rechute. À la vérité, nous avons déjà remai qué que dans ces cas il y avait souvent de petits sympLômnt qui faisaient prévoir que le processus pathologique n’éta pas éteint (douleurs, céphalée, troubles du caractère, ve tige, ebc.), mais il faut bien avouer que parfois rien ne faisa prévoir la rechute.
90 Pour les formes stationnaires, on ne peut pas dire qu’ell resteront toujours stationnaires. Si le virus a complèteme disparu du névraxe on peut espérer qu’une suppléance d’ai tres centres nerveux pourrait parvenir à la longue à remplae les centres détruits quoique l’état psychique des malades x permette guère d’espoir. fe
30 Pour les formes progressives le pronostic paraîl ass sombre. Gertains malades sont morts au cours d’une rechut d’autres sont morts subitement (Raviart, Combemale, Wi lien et Assoignon) eb pour les autres, le virus ne semble p devoir disparaître spontanément.
Quoiqu'il en soit, si, dans les formes frustes le malade pe continuer son travail, il n’en reste pas moins que la plupa
des pseudo-parkinsoniens post-encéphalitiques, sont à charge de leur famille et incapables de rendre aucun servi
Pseudo-parkinsonisme post-encéphalitique el grossesse. Dans notre observation VI, la malade fit, au cours de son p:
Pt
kinsonisme une grossesse normale qui se termina sans incident par la naissance d’un enfant sans aucune fare.
Rathery et Cambessédès ont observé une grossesse normale dans l'intervalle séparant l'épisode aigu de l'apparition du parkinsonisme.