‹ Contribution à l'étude du Pseudo-Parkinsonisme Consécutif à l'Encéphalo-Myélite ÉpidémiqueChapitre 18 sur 29 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Diagnostic. — Traitement

Le diagnostic du pseudo-parkinsonisme post-encéphalitique est chose facile. Quiconque a eu l’occasion de voir un malade dans ce lamentable état, fait le plus souvent son diagnostic incontinent dès qu’il est en présence d’un nouveau cas.

De nombreux auteurs, poussant l’analogie entre le pseudoparkinsonisme post-encéphalitique et la maladie de Parkinson jusqu’à son extrême limite ont identifié les deux états, le premier n'étant qu’une forme clinique du second (Souques) ce sont les monistes. D’autres auteurs affirment que les deux états sont deux entités morbides différentes : ce sont les dualistes. A la vérité il s’agit plutôt là d’une question de mots, la plupart des monistes reconnaissant des différences non seulement dans les lésions anatomiques et dans la nature, mais encore dans l’aspect clinique. Pour notre part, nous sommes volontiers dualiste, car nous ne croyons pas qu’une maladie d’un aspect clinique aussi typique que la paralysie agitante puisse être le fait de lésions aussi diverses que celles invoquées par les monistes pour qui hémorragie, ramollisse ment, sclérose, tumeur, infection quelconque, choc émotionnel, traumatisme peuvent créer une maladie de Parkinson. Toutes ces causes pourront bien créer un pseudo-parkinsonisme, mais-il n’en reste pas moins que la maladie de Parkinson classique demeure avec ses caractères particuliers, son apparition tar-

dive, son évolution lente et inéluctable et son étiologie encore inconnue.

Quoiqu'il en soit, le diagnostic différentiel entre la maladie de Parkinson légitime et le pseudo-parkinsonisme post-encéphalitique est chose aisée dans la majorité des cas et repose sur de nombreuses différences :

19 L'âge de début : la maladie de Parkinson apparaît en général, vers la soixantaine, le parkinsonisme encéphalitique est surtout fréquent de 20 à 40 ans.

29 La préexistence d’une encéphalo-myélite aiguë dans une quelconque de ses formes manque rarement quoique parfois fugace e£ méconnue dans le parkinsonisme encéphalitique tandis qu'il est extrêmement rare de touver dans l’histoire des parkinsoniens, une infection quelconque qu’on puisse mettre en rapport pathogénique avec l’évolution de cette maladie (Viggo Christiansen);

39 Le mode de début : généralement progressif dans la maladie de Parkinson, assez brusque le plus souven£ dans le parkinsonisme encéphalitique ;

49 L'absence de tremblement typique parkinsonien. Nous avons vu que celui-ci était très rare dans le pseudo-parkinsonisme et que la plupart des malades qui Pont présenté étaient des vieillards pour lesquels on peut se demander si l’infection n’a pas fait seulement que hâter l’apparition d’une maladie de Parkinson légitime.

50 La différence dans le degré de contracture. Nous avons vu que le pseudo-parkinsonien encéphalitique était rarement très contracturé et que son aspect figé était variable d’un moment à l’autre (Sainton);

6° Le facies est également différent : le parkinsonien véritable a un facies enraïdi et plissé surtout supérieurement, mais il n’a pas cet état figé de la physionomie, cette absence de ton émotionnel qui caractérise l’encéphalitique (Verger el Hesnard);

7o Le besoin de déplacement continuel est rare chez le pseudo-parkinsonien post-encéphalitique, qui est plutôt un

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apathique, un paresseux, un « aboulique moteur » {Verger et Hesnard);

89 L'état psychique est différent : tandis que le parkinsonien véritable est préoccupé de son état et n’a pas de troubles psychiques, le pseudo-parkinsonien post-encéphalitique présente de linertie psychique, de l'indifférence, de l’aboulie, des modifications de l’humeur ;

99 La différence d'évolution : nous avons vu combien dans la forme progressive du pseudo-parkinsonisme post-encéphalitique, cette progression était irrégulière, entrecoupée d’épisodes subaigus eb d'améliorations. Parfois, la mort subite est observée, parfois la mort à la suite d’une reprise grave de l’infechion. Enfin, il faut noter que presque dans tous les cas, le pseudo-parkinsonien présente des symptômes qui manquent complètement ou sont très rares dans la maladie de Parkinson véritable.

Tous ces éléments permettront le plus souvent le diagnostic différentiel et les cas sont très rares, où on a affaire à un état rappelant exactement la maladie de Parkinson.

En dehors de la maladie de Parkinson, il n’y a guère que la démence précoce, qui puisse prêter à une erreur de diagnostic. Dide, Guiraud, et Lafage, ont décrit dans cette maladie, une forme de début à allure parkinsonienne. Mais l’évolution et la déchéance mentale permettront le diagnostic. Des erreurs Ont été faites dans les observations que nous publions : certains malades don£ nous rapportons l’histoire, ont été pris pour des pottiques, des simulateurs, des syphilitiques, des hypocondriaques, mais ces états sont bien différents de celui que nous étudions.

Jusqu'à ce jour, la thérapeutique est restée bien impuissante contre le pseudo-parkinsonisme post-encéphalitique.

La scopolamine a été la plus employée à la dose de 1 /4 à 1/2 milligramme par jour en injections sous-cutanées, parfois associée à la morphine ou à l’atropine. Ces médicaments soulagent et diminuent la raideur, mais leur action est peu durable.

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Le cacodylate de soude a donné à de nombreux auteurs de bons résultats. Belarmino Rodriguez atteint la dose de 6 grammes par voie veineuse en injections bihebdomadaires et a observé à la suite de ces doses héroïques, des résultats remarquables. Le cacodylate agirait non par névrite arsenicale (Sicard), mais par action centrale (Lhermitte e& Quesnel). I faut remarquer que la tolérance est remarquable chez les malades et qu’on observe rarement d’accidents. Le bromhydrate de cicutine actif dans le type myoclonique a donné peu de résultats dans le parkinsonisme. La médication antiseptique interne est logique et l’urotropine per os ou en injections intraveineuses peut être employée. Cruchet préconise la teinture d’iode à doses croissantes. Jacquin de Bourg aurait eu une amélioration notable par l’héliothérapie. Quant à la gymnastique sous forme de mouvements lents elle ne nous paraît indiquée que dans les cas depuis longtemps fixés. Rien n’a été proposé encore comme médication spécifique. Seuls, Sabrazès et Massias ont employé le sérum de convalescent, dans un cas aigu d’encéphalo-myélite épidémique sans résultat probant.

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