‹ Contribution à l'étude du Pseudo-Parkinsonisme Consécutif à l'Encéphalo-Myélite ÉpidémiqueChapitre 23 sur 29 · LANCE · texte numérisé non relu

LANCE

mouvements, qu’il accomplit correctement mais lentement. 11 va bien au but indiqué, s'arrête exactement, tourne sans trébucher. Le signe de Romberg est négatif. Ce qui frappe dans sa démarche c’est la lenteur &e ses pas avec un thorax soudé, les membres supérieurs collés au corps en 1 /2 flexion, la tête droite; le facies est figé. Il avance raidi dans sa moitié supérieure. Lui prend-on les bras et les place-t-onen abduction, ils restent dans cette position. C’est une véritable catatonie peu durable cependant.

Les membres fléchis résistent vigoureusement à la contre-extension. Si on lui fait ramasser un objet sur le sol, il se courbe convenablement et la soudure disparaît. Les réflexes sont normaux, la sensibilité est normale, les organes des sens sont normaux.

U n’y a rien à signaler pour les autres appareils. Le pouls bat à 60. Le réflexe oculo-cardiaque n'existe pas : 60-60.

La tension artérielle est de M. = 13, m = 9, indice 1 1 /2.

Observation VI (Inédite)

Service du professeur Verger.

Yvonne P..., 22 ans, cultivatrice a son père, sa mère et 12 frères ou sœurs bien portants. Elle aurait eu à 3 ans une coxalgie pour jaquelle elle serait restée étendue pendant 18 mois. Entre 16 et 20 ans, âge auquel elle s’est mariée, elle a eu une grippe sévère pour laquelie elle est restée 1 mois au lit. Elle a un enfant bien portant.

Avril 1919. — En avril 1919, étant en état de grossesse de 3 mois, elle a des maux de tête aux deux tempes pendant 8 jours; le 8 jour, en arrangeent des cartes postales elle à un vertige et perd connaissance. Transportée dans son lit, elle se réveille 10 minutes après. A ce moment elle aurait eu les bras «ankylosés ». Elle n’a pas eu de troubles sphincetériens, mais elle aurait ressenti un sommeil invincible. Cet état a duré 15 jours, puis la malade se lève et marche avec un bâton. Ses urines n'ont pas été analysées à ce moment. Un mois après la malade a une crise nerveuse, à propos de contrariétés. Cette crise a débuté par une. exacerbation des maux de tête et par une crise de larmes. Puis elle a

DDR

eu une période d’agitation pendant laquelle bras et jambes ont retrouvé toute leur mobilité. Cette agitation dura 1/4 d'heure environ. Dénouement dans les larmes. D’autres crises ont Suivi. Une fois elle serait tombée du lit et se serait mordu la langue. Après ces crises les mictions sont abondantes, mais non immédiates. La malade reste 24 heures sans manger.

Décembre 1919. — L'état est stationnaire jusqu'à l’accouchement ; en décembre, accouchement qui se fait sans incident. Dans la suite et jusqu’à octobre 1921, la malade a vu sa marche devenir de plus en Plus difficile. Elle tomberait parfois après un vertige et ne perdrait pas connaissance (sauf une fois).

2 octobre 1921. — La malade à des douleurs, des crampes dans les mollets, les bras, les jambes, les reins, durant 5 minutes et apparaissant surtout dans les mouvements d'extension. Elle ressent une céphalée vespérale durant de 8 heures à minuit. Elle dit voir double et trouble. Elle entend bien et n’a pas de bourdonnements d'oreille. Elle n'a pas de difficulté pour parler et pour avaler (au début de sa maladie elle aurait parlé difficilement, aurait eu la langue lourde, difficile à mouvoir. Ce trouble aurait disparu il y a un an environ).

Son appétit est conservé et n’a pas subi de changement au cours de la maladie. La digestion et les selles sont normales. Les mictions sont normales. Il n’y a pas de troubles génitaux et ses rapports sexuels sont normaux. Les régles sont normales depuis l'accouchement.

Debout, la malade à l’aspect figé, surtout dans la moitié supérieure du corps, elle avance les membres inférieurs un peu fléchis, les membres supérieurs demi-fléchis, collés au corps. La tête est un peu penchée en avant, les épaules et le tronc sont fixes. Elle avance à pas souples, sans hésitation, mais avec lenteur. Elle est capable de faire une marche assez longue. On lui demande de courir, elle s’y décide difficilement et esquisse qnelques pas de course puis s'arrête soudain.

. Pas de propulsion. Pas de nystagmus. Les yeux fermés, les pieds joints, la malade dit sentir qu'elle tourne de gauche à droite. Elle se sent mal sur le pied droit. Elle a tendance à tomber à droite.

Dans le lit, la malade est figée. Elle reste des heures immobile, le facies est inerte, sans ride, sans mimique. Elle sourit mais son sourire,

s'achève lentement. Elle reste un moment, les yeux bridés, les lèvres

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