‹ Contribution à l'étude du Pseudo-Parkinsonisme Consécutif à l'Encéphalo-Myélite ÉpidémiqueChapitre 22 sur 29 · MN · texte numérisé non relu

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lit au milieu de la journée. Il ne faisait ni fugue, ni dépense exagérée et rapportait exactement sa paye les jours où il travaillait. Il entre de nouveau à l'hôpital le 16 avril 1921 parce qu'il ne peut plus du tout travailler et parce qu’il a un mal à la tête continuel.

16 avril 1921. — T... présente au point de vue fonctionnel un affaiblissement des membres inférieurs-sans douleurs.

Sa démarche est normale, mais au bout de 5 minutes de marche, sans vertige, le malade sent ses jambes et ses cuisses se fléchir, sans douleur, sans crampe et il doit s'asseoir. Deux heures après il peut reprendre sa marche. Il a un facies sans mimique avec le regard fixes sans troubles de la parole.

Aux membres inférieurs la force musculaire estnormale. Le réflexe rotulien droit est un peu plus vif que le gauche. Les réflexes achilléens sont très vifs. Il n’y a pas de signe de Babinski. Le réflexe cutané abdominal est faible à gauche.

Aux membres supérieurs on ne décèle rien de particulier.

La sensibilité est normale. Pas d’astéréognosie. Le signe d’Argyll Robertson est positif. II existe une inégalité pupillaire marquée (O < G).

L’acuité visuelle est normale. Il n’y a pas de modifications du fond de l’œil.

Pas de troubles sphinctériens.

Liquide céphalo-rachidien : albumine : 0,30, réaction de Bordet Wasserman négative, tension artérielle : M: 11, m : 7.

Réactions électriques. — Toutes les réactions électriques des 2? mem bres sont normales (Labeau, 26-3-1921).

Traitement. — Büodure de Hg : ? cc. par jour intrafessier. Depuis avril 1921, l’état s’est aggravé progressivement. Le 12 juin, on note un tremblement intermittent des mains. Le 28 juin, un examen du liquide céphalo-rachidien donne une réaction de Bordet-Wasserman négative, 0,33 d’albumine, ? lymphocytes par mmc.

Le 9 juillet, on note une salivation exagérée. Le malade se plaint que sa langue est trop longue.

1er février 1922. — Le malade est couché dans son lit, maigre, Mais non cachectique, immobile, figé; le facies est inerte avec une mobilité assez grande des yeux aux clignements rares.

La parole est monotone et lente, mais les réponses sont nettes et

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précises. Le malade se souvient de toute sa maladie. Cependant il est un peu indifférent au point de vue affectif; il doit entrer dans un asile d’incurables et n’en paraît pas ému.

Comme nous lui demandons de se lever, il le fait volontiers, mais avec une grande lenteur. Il met ses pantoufles très lentement. Sa tête est agilées de temps à autre d’un léger tremblement. La marche est lente, soudée, à petits pas, la tête penchée en avant, les jambes un peu fléchies, les coudes collés au corps, immobiles un peu fléchis. Au demi-tour, il perd un peu l'équilibre. Il n’a pas de vertige. Il n’a pas de Romberg. La latéropulsion et la rétropulsion sont très nettes.

Le malade peut très bien courir et en courant ses bras font les mouvements alternatifs de la course. On est frappé du contraste entre la facilité de la course,et l’état figé de l’arrêt ou de la marche ordinaire.

Le malade se couche lentement, prend une position et ne bouge plus.

Si on donne à ses membres une attitude quelconque il y demeure une minute environ, puis revient peu à peu s'appuyer sur le lit.

Il n’a pas de céphalée.

Le facies est figé, inexpressif. Il existe un peu de strabisme interne de l’œil gauche. Le clignement est rare; signe d’Argyll positif, inégalité pupillaire. Un peu d’asymétrie faciale. Légère déviation oblique ovalaire qui dénoterait une parésie faciale gauche.

La langue est bien tirée, un peu instable, sans tremblement. Le malade mâche difficilement mais avale bien.

Il existe un tremblement assez lent, menu, irrégulier des membres supérieurs, non augmenté par les mouvements intentionnels. Les pouces sont en opposition avec les autres doigts, mais il n’y a pas de mouvement pilulaire. Pas de contracture. La force active et passive est bien conservée, cependant les doigts semblent manquer de force et le malade ne peut peser suffisamment sur son couteau pour couper sa viande. Les réflexes sont normaux. Pas d’adiococinésie, pas de dysmétrie, pas de troubles @e la sensibilité.

Aux membres in lérieurs, la force active et passive est bien conservée. Les réflexes sont un peu faibles. Pas de contracture, pas de signe de Babinski, pas de trépidation épileptoïde, pas de clonus de la rotule, pas de tremblement. La sensibilité ne paraît pas altérée.

Le malade répond toujours Par oui ou non, sans provoquer une ques-

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tion. I1 a peu d’appétit; pas de troubles des Sphineters. Il travaille dans la salle, va chercher les repas. Il pousse très bien le petit char'ot qui les porte et il ne peut couper sa viande.

Le malade écrit lentement. L'écriture est tremblée et il commence sa ligne en caractères assez grands qui diminuent peu à peu de hauteur à mesure qu’on s'approche de la fin de la ligne

Observation IV (Inédite)

(Service du professeur Verger)

Michel L..., 36 ans, professeur, est le fils unique d’un père robuste, mort après un ictus à 66 ans et d’une mêre morte à 24 ans, de suites de couches. Il eut la rougeole à 2 ans, l’influenza en 1895, à ,10 ans. Pendant son adolescence, il eut des amygdalites fréquentes. À 23 et 29 ans, il fut atteint de blennoragies qui guérirent bien.

Février 1918. — En février 1918, à l’âge de 33 ans, il eut des chancres sur le prépuce; il s’agissait de 3 ulcérations molles qui durèrent un mois sans tendance extensive. La femme infectante en eut une quinzaine. L...,ne fit pas de traitement et n’eut pas d'accidents secondaires, mais la femme fit par la suite une roséole, 2 mois après le coiït infectant. La femme légitime de L..., est bien portante. Elle a fait 3 grossesses, la première s’est terminée par une fausse couche, de la seconde naquit un enfant qui mourut d’entérite en bas âge, de la troisième naquit un enfant actuellement âgé de 10 ans et bien portant. En décembre 1919, L..., eut de grands chagrins intimes.

Janvier 1920. — En janvier 1920, il ressentit des bourdonnements d'oreille violents, qui le prenaient à table, au commencement des repas, duraient 1/4 quart d'heure puis revenaient ensuite par intermittences tout aussi violents. A la même époque il avait des maux de tête diurnes et il fut atteint d’amblyopie brusque. Il resta couché. Cet état dura 2? mois. En mars il va mieux. En avril, il est complètement remis, sauf une vue un peu défectueuse. Il part en voyage en juin.

Juin 1920. — A Ia station de X..., il ressent une douleur subite

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dans le mollet droit et dans la chevilie droite, sans effort ni traumatisme préalables. Cette douleur occupait la face postérieure de la Jambe et de la cheville. Elle passe vite. Arrivé à destination il a de la difficulté à rester assis. Il fait une excursion en montagne qui dure 15 heures. 5 jours après, il ressent une nouvelle douleur très vive à sa jambe droite et de violents maux de tête.

Juillet 1920. — En cet état, il marchait facilement et était très actif cérébralement. Il semble alors avoir traversé une période de suractivité physique et intellectuelle, une véritable agitation maladive. Il mangeait très vite, était très décousu dans ses occupations et passait rapidement d’un acte à l’autre. D’août à novembre 1920, L..., est incapable d’un travail intellectuel continu. Des idées noires apparaissent. [l à des maux de tête le matin, sans douleurs à la jambe droite. Le soir, c'était le contraire, pas de maux de tête et douleurs à la jambe droite. L’amblyopie était réapparue par instants. La promenade faisait pour un moment, disparaître cet état.

Novembre 1920. — En novembre les maux de tête augmentent La mélancolie l’incite à quitter son travail. Il s'arrête de travailler.

Janvier 1921 — En décembre 1920 et en janvier 1921, les maux de tête s’atténuent, les douleurs de la jambe persistent.

Mars, avril 1921.— 11 persiste de la lourdeur de la tête. Des troubles de la vue apparaissent de nouveau. La marche commence à se ralentir. les bras ne se balancent plus en marchant : « Je me trouve les bras comme des bâtons. Je cherchais à réagir contre cette fixité qui avait commencé par le bras droit puis avait atteint le bras gauche...; mais j'étais déjà très maladroit, je balançais mes bras à contre-sens, puis, peu à peu, ils se sont fléchis.» Vers la même époque, il remarque que son regard devient fixe, mais avant d'arriver à cette fixité, il eut pendant quelque temps pas moments, la sensation d’éblouissement dans les yeux qui donnait à sa physionomie une expression d’ahurissement. Cela durait 2 à 3 minutes le matin et chaque fois, qu'il se levait. Peu à peu ces troubles se sont succédés et insensiblement son regard est devenu fixe. En même temps, les traits du visage s’immobilisaient et il avait la sensation très nette de masque sur le visage. Sa parole devenait difficile. «Je sens ma langue très paresseuse

comme engluée dans une sécrétion salivaire plus abondante, » De la

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difficulté est apparue pour ouvrir la bouche et pour mastiquer. La déglutition n’a pas été troublée. L'’ouïe, le goût, l’'odorat étaient res” tés parfaits. La vision demeurait un peu trouble. Avant novembre 1920, la force des membres supérieurs était indemne,de même que la rapidité et la dextérité de leurs mouvements. Mais depuis cette époque les petits mouvements devenaient moins précis. En se rasant, L..., portait son rasoir en un point qui n’était pas celui qu’il commandait à sa main. Il croyait son rasoir sur sa peau et il n’y était pas arrivé. « J'étais trompé par la distance, dit-il; était-ce dû à ma mauvaise vue ?.. Prenant du bois avec les pincettes, il le faisait maladroitement. Son verre, son agsictte, son savon tombaient de ses mains. Depuis avril 1921, il s’est aperçu que son écriture s’est gâtée « J'écris comme un vieillard, dit-il, mon écriture est toute tremblante. » S’habiller, se déshabitler, étaient des actes bien accomplis jusqu’en avril. Depuis cette époque, il n’attache plus que difficilement son col. Les mouvements du tronc étaient normaux, mais le fait de s’asseoir lui donnait l'impression qu'il avait les jarrets coupés. Quant aux membres inférieurs, le membre gauche était resté normal, aussi normal et aussi agile qu’autrefois, le membre droit était normal dans sa partie supérieure; mais à partir du genou dans le mollet et à la cheville, par moments, qu'il soit debout ou assis, il ressentait une sensation de cuisson profonde, l'os lui semblait et Iui semble longtemps particulièrement touché comme s’il avait reçu un violent coup.

L.., pouvait courir très vite pendant 20 mètres puis il s’arrêtait progressivement : «Si j'ai un entraîneur devant moi, dit-il, j'arriverai à le suivre pendant 1 kilomètre à bon pas. Si je suis seul, je suis incapeable de soutenir cet effort.

5 juin 1921. — C’est dans de semblables conditions, qu'il entre à l'hôpital le 5 juin 1921. Il accuse surtout des « vertiges », de la lenteur des mouvements et de la difficulté de la parole, une douleur sourde à la nuque et au côté droit de la tête, de l’insomnie (3 heures de sommeil léger par nuit), une sensation de figement surtout à la face et du côté des yeux, une tendance à ouvrir la bouche, à avoir du relàchement de la mâchoire, de la lenteur des idées, de la lenteur de l’expression articulée, des défaillances de la mémoire, de la difficulté à trou-

ver ses mots avec une compréhension entièrement conservée, de l’im-

possibilité à accomplir un travail, une grande fatigue dans la marche «Je pars et je vais en ralentissant progressivement ma marche, au point de rester au bout de peu de chemin sur place, si je ne me surveillais pas. » Il accuse en outre du fléchissement des genoux et de la propulsion. De plus, il se plaint d'idées mélancoliques, durant de. puis un an et provoquées par son état physique. (Fensée constante de la mort, du suicide, misanthropie due à son état de lenteur psychique et physique).

L..., est examiné le 5 juin 1921. Dans son lit il est parcimonieux de ses mouvements, sa mimique est très pauvre, il a un vague sourire persistant et un regard fixe avec un clignement rare. Les traits sont figés, la bouche légèrement entr'ouverte. Si l’on commande au malade de faire des mouvements, la mimique est variée et rapide; les mouvements de la face, sont accomplis très bien et rapidement de même que les mouvements des mâchoires. La langue tirée hors de Ja bouche est animée de petits mouvements de sortie et de retrait assez rapides, Sans qu'on puisse parler de tremblement rythmique. L’attitude est normale dans le lit.

La marche est normale en ce qui concerne les membres inférieurs. Le malade court avec précision et rapidité « Plus mes mouvements sont rapides, plus ils sont sûrs. » La course qu'il fait à travers la salle ne le fatigue pas. Pendant la marche, le tronc est immobile, soudé, sans balancement, la tête est fixe sur les épaules, un peu enfoncée entre elles, les bras sont collés au corps en demi-flexion. Les mains sont Mi-fléchies. On lui demande de se balancer un peu en marchant, de faire aller ses bras. Il le fait gauchement et difficilement.

L'index droit est amputé (blessure de guerre). Aux membres supérieurs, la force musculaire est conservée. Pas d’astéréognosie, pas de dysmétrie, pas d’adiococinésie. L'écriture est irrégulièrement formée de temps à autre. Elle n’est pas tremblée, mais ne pourrait être longtemps soutenue. Au commandement, tous les mouvements des membres supérieurs sont accomplis avec force et rapidité.

Hyÿperexcitabilité musculaire à la percussion. Réflexes tendineux et osseux vifs.

Pas de tremblement ni de mouvements involontaires. Etat d'hypertonie assez net. Les mouvements passifs de flexion et d'extension

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Sont faits mais on sent une légère résistance. La résistance du biceps brachial à droite et à gauche est vaincue avec de petites secousses toniques. Sensibilité normale. Pas de troubles trophiques.

Aux membres inférieurs, la forme des masses musculaires est normale, les mouvements y sont précis et vigoureux. Il y existe une hypertonie massive marquée.

Les réflexes rotuliens sont très vifs, les achilléens vifs. Pas de clonus de la rotule. Ebauche de trépidation épileptoïde à droite. Les réflexes plantaires se font en flexion et sont vifs. Le réflexecrémastérien est normal ainsi que l’abdominal. La sensibilité est normale. La face a un aspect figé. Il éxiste de l'inégalité pupillaire (GrSnD:)"e're Îlexe à la lumière est paresseux. Les autres appareils sont sains.

I existe de la frigidité génitale et de la spermatorrhée à la fin de la miction.

La réaction de Bordet-Wasserman est positive dans le sang. Un traitement arsénobenzolé avait été fait au début de 1921 état du malade en avait été aggravé, à son dire. C'était le premier traitement de sa syphilis.

Juin 1921. — Piqûres de neosalvarsan, Le Wasserman devient négatif.

Juin-juillet 1921. — Traitement : scopolamine, 1/4 de milligramme

tous les jours.

Le 21 juin 1921, la dose ayant été élevée (3 piqûres de 1/4 de milligramme pour 10 cc. d’eau), le malade a une syncope dans la soirée qui dure une heure (pouls 72, respiration, 26; mydriase, vasodilatation de la face, sommeil, ne répond pas aux questions posées, ouvre les yeux, mouvements nystagmiformes, Inconscience complète. Ponction lombaire; liquide clair nonhypertendu; mouvements cloniques ; soubresauts). A Ia suite, céphalée intense, continue; urines émises en très petite quantité; pression artérielle, 12-8.

Le 23 juin, par sondage, on retire 250 grammes d'urine, fortement colorée, sans sucre ni albumine. La mydriase persiste. On donne successivement sans effet, un purgatif drastique, un lavement simple, puis un lavement huileux. Effet obtenu avec un purgatif salin.

Le malade sort de l'hôpital au mois de juillet, sans avoir constaté de changement dans son état. Il se retire chez une parente dans le Gers,

Sa: : LE

C'est là où nous lui avons écrit, le 15 février 1922, pour lui demander de ses nouvelles. Sa réponse que nous copions ci-dessous est écrite d'une écriture nette, courante, non tremblée. La voici in-exterso :

«S,., ce 22 février 1922.

Monsieur, je me fais un plaisir de vous donner les renseignements que vous désirez concernant ma maladie et je vais répondre à l’ordre de vos questions : 1° Mes mouvements sont toujours à peu près les mêmes. Mes membres se meuvent parfaitement, soit les bras, soit les jambes. Seulement, ils se meuvent moins facilement lorsque je passe plusieurs jours sans piqûre de scopolamine. 2° Mes mouvements rapides me sont plus faciles que les ordinaires; 39 J’ai des maux de tête, mais ils sont loin d’être continuels. Je passe de bonnes journées et de bonnes nuits, sans souffrance; 40 J'ai une salivation abondante, gluante et que j'ai de la peine à retenir dans ma bouche. La nuit, pas de salivation; 5° Oui, j'ai de temps en temps, des troubles de la vue. Egalement, sous ce rapport je passe des journées à lire sans aucune difficulté; 60 Je n’ai pas la sensation de chaleur continuelle. Je suis impatient de changer de place et pourtant, pour ceci comme pour les mouvements et la vue j'arrive à passer des 3 /4 d'heure assis, sans trop de souffrance. 70 Je n'ai pas fait d'autre traitement que celui de la scopolamine. Piqûres quotidiennes de 0,5 de milligramme. Je vous signalerai que mardi dernier j'ai eu une syncope 5 minutes après la piqûre. La syncope a duré de 7 heures du matin à 11 heures. Le docteur a supprimé ces piqûres pour une quinzaine de jours. Je ne crois pas pouvoir arriver à 15 jourssans piqûre. Le docteur qui mesoigne est le docteur B..., en résidence à A... J'ai eu deux de ses visites seulement. Je l’attends incessamment, Je serais heureux que par vos études vous découvriez le remède à ma terrible maladie. Ma santé générale reste bonne, mais j’ai de la peine à porter les aliments à ma bouche et surtout à les mastiquer. Le maxillaire ne veut pas marcher lorsqu'il y a des aliments à la bouche, surtout ces jours-ci où je ne suis pas piqué.

« Puis-je guérir et dois-je guérir ? Je suis en ce moment un grand découragé. Espérons que les beaux jours apporteront un soulagement à mon pénible état.

« Recevez, Monsieur, mes salutations les plus reconnaissantes.

P. S. — Je ne tremble des mains que pour apporter les aliments

à la bouche, lorsque je suis sans piqûre. Je n'ai pas de tremblement des pieds ni de la figure. Les phénomènes douloureux de la jambe droite ont entièrement disparu. Mes membres ne sont pas contracturés. Je me sentirais guéri si la salivation cessail et que je puisse mastiquer. Que faudrait-il faire pour conjurer ces deux malaises. Excusez

mon décousu. »

Observation V {Inédite)

Service du professeur Verger.

Angel C... 17 ans, cultivateur n’a eu au cours de sa vie qu'une grippe en 1918 ayant duré 8 jours. Il avait un tempérament vigoureux. Dans son pays, à 3 kilomètres de chez lui, un autre cas d’encéphalo-myélite (myoclonique, semble-t-il) a été constaté. Le malade avait vu celui-ci qui tomba malade quelques jours après, un mois avant de tomber malade lui-même.

Mars 1920. — CG. tombe malade le 17 mars 1920 : vue trouble, céphalée, asthénie profonde. Le médecin croit à une méningite. Pas de vomissements, pas de constipation. 3 jours après le début, tendance continuelle au sommeil. Pas d’hallucinations, pas d’excitation. Au bout de 15 jours la somnolence devient intermittente. Certains jours le malade se sentait trés bien. Au cours de cet état il fut pris de tremblements à grandes oscillations des jambes et des bras qui existaient surtout au repos et qui disparaissaient pendant les mouvements volontaires. Il n'avait pas de vertiges. Il marchait sans difficulté et allait droit au but qu'il se proposait d'atteindre. Il présentait des mouvements très lents et de la catatonie, une salivation abondante qui a disparu il y a 3 mois. Son appétit était diminué. I] était très constipé.

Avril octobre 1920. — Depuis lors son état est allé s’améliorant.

16 octobre 1920. — Le 16 octobre 1920, le malade présente un facies immobile, béat, souriant niaisement. Cependant il ne présente pas de troubles psychiques. Sa mémoire est bonne: il se souvient de toute sa maladie et donne des dates précises. Il est doux, ne s’irrite jamais.

Sa démarche est soudée, sa marche lente. Il est économe de ses

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