OBSERVATION
Elle fut publiée par M. BALzER, sous la dénomination d’ailleurs inexacte de « xanthélasma », dans un article des Archives de Physiologie en 1884.
En voici l'essentiel. On se rappellera qu'il faut lire « pseudo-xanthome élastique » chaque fois que l'on voit dans le texte « xanthélasma » : l'affection qui nous intéresse n'était pas encore individualisée lors de la publication de M. Balzer, d’où cette erreur de terminologie. :
Guillemin, maçon, âgé de 4ÿ ans, entre le 26 octobre 1882 à l'hôpital Saint-Louis, au numéro 39 du service des baraques, atteint d’une phtisie pulmonaire du 3° degré. D'après ses renseignements, sa mère aurait succombé . aussi à une affection pulmonaire chronique. Il aurait eu la fièvre intermittente pendant son service militaire.
Depuis cette époque il s'était toujours bien porté et n’a commencé à tousser qu'au mois d'avril 1881. 11 affirme tout particulièrement n'avoir jamais eu la jaunisse.
Depuis un an, ila eu plusieurs hémoptysies de peu d'importance et s’est affaibli progressivement, au point que depuis 7 mois il a dû interrompre son travail. Son état s’est trouvé seulement un peu amélioré après un court séjour dans le service de M. CG. Paul. Il se plaint depuis plusieurs mois de maux de tête qui surviennent le matin et cessent dans la journée. Le sulfate de quinine et le salicylate de soude. administrés successivement, le soulagèrent beaucoup. Puis il fut pris au mois de novembre de frissons violents, survenant irrégulièrement plusieurs fois par semaine avec élévation de la température jusqu'à 39°5. L'examen de la poitrine faisait reconnaître une exacavation assez considérable au sommet droit, avec souffle et gargouillements ; au sommet gauche, gros râles sous-crépitants et râles muqueux disséminés dans toute la poitrine, mais prédominant à droite.
Robe du Eur. ES
Inappétente absoltwe. Diarrhée persistante.
Sur toute a surface du «corps, %e malade présente d'abondantes plaques de « xanthélasma » qu'il dit avoir toujours observées depuis son enfance. Il prétend même qu'elles ont été plus marquées dans le jeune âge que présentement. Ce sont des plaques de « xanthélasma planüin », d’un jaune pâle, visibles surtout lorsqu'on presse un peu la peau. Elles sont très irrégulièrement distribuées et d’étendue très variable ; depuis moins d’un millimètre carré jusqu’à plus d'un centimètre carré en viron. Elles sont surtout nombreuses sur la peau du ven. tre atitoür de l’ombilic où ‘elles font un léger rebief. I Y
en a moins sur la poitrine ‘et sur la face ‘postérieure du tronc, où elle manquent à peu près complètement, ‘On les trotive en‘très gründ nombre au vou, surtout à sa
DD partie postérieure ; elles suivent les plis de la peau, qu'’elles accentuent en formant des bourrélets, et leur plus
grand diamètre est parallèle à ces plis. -— La face du malade est jaune, maïs il n'y a pas d'ictère réel apprécia- ble aux conjoncetives ou dans les urines. — Sur les mem-
bres, les plaques jaunes sont surtout abondantes au niveau des plis de flexion, dans le creux axillaire, au pli du coude, moins au pli de l’aîne et au creux poplité. Elles font à peu près complètément défaut dans les autres régions. RER du
Atteint d'une diarrhée incoercible qui résiste à tous les remèdes émployés, le malade s’affaiblit et se cacheclise rapidement, Les membres inférieurs et la paroi abdôminale sont envyahis par l'œdème ; il succombe le 29 novembre, à 8 heures du sir.
AUTOPSIE. — Poumons farcis de tubercules et de masses fibro-caséeuses, adhérences nombreuses et épaisses ; cavernes anfractueuses aux deux sommets. Le foie est volumineux, d'une couleur d’un jaune ocre un peu spécial. Pourtant l'examen microscopique, pratiqué ultérieurement, à montré qu'il s'agissait simplement d’un foie gras, sans autres lésions particulières.
Les reins sont un peu sclérosés. Rate normale.
Les altérations les plus ‘intéressantes s'observent du côté du cœur. L'oreillette ‘droite offre à sa face interne une coloration ‘blanc jaunâtre dans presque toute son étendue, sans épaississement bien appréciable de l’endocarde. Cette coloration est visible, surtout sur les colonnes charnues et principalement sur les plus saillantes ; elle manque sur les parties postérieures de ces colonnes et dans l’auricule. Gette coloration est un peu comparable à celle des plaques de sclérose de l’endocarde, mais pourtant la surface ‘de Ta membrane est peut-être ‘d’un aspect plus mat, plus ôpaqtue que dans la sclérose. Elle