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se voit aussi du côté de la surface péricardique, mais avee moins de netteté. La lésion ne s'accompagne pas de rétraction de l’endocarde, sauf sur les ventricules droit et gauche, où il existe plusieurs plaques d’étendue variable, disséminées sur les piliers et sur les colonnes charnues des parois antérieure et postérieure.
EXAMEN HISTOLOGIQUE. (Peau et cœur).
Technique : Fixation à l'alcool absolu.
Coloration : picro-carminate d'ammoniaque, éosine, bleu de méthylène, etc... Ce sont les coupes traitées par l’éosine et par la solution aqueuse de potasse à 4o % qui ont donné les meilleures images.
Avec un faible grossissement, on voit que les plaques de « xanthélasma » sont très nombreuses sur une même coupe. Elles sont en général situées immédiatement au. dessous des papilles et séparées de l’épiderme par une couche de tissu normal d'épaisseur variable. Leurs dimensions, dans les différents sens, sont très variables, quelques-unes occupent toute la longueur de la coupe, d'autres, s'étendent davantage en profondeur ; quelquesunes sont presque linéaires, d’autres forment des noyaux presque arrondis. D'une manière ‘générale, la lésion semble se faire surtout dans les parties moyennes et profondes du derme, au niveau des réseaux vasculaires superficiels et profonds. Ce arossissement montre en outre d’une manière très nette que ces plaques sont formées d'abord par du tissu fibreux que le carmin colore en rose, et par une matière que l’acide picrique colore ordinairement en jaune verdâtre.
Avec un forl grossissement, on voit que cette matière n'est autre chose que du tissu élastique offrant des altérations remarquables. Le tissu conjonctif, comme nous l'avons dit, est épaissi et forme des trousseaux épais qui claisonnent irrégulièrement les plaques de « xanthélas-
ma » et limitent ainsi des espaces que remplit le tissu élastique altéré. Il y a parfois une esquisse de lobulisation, mais irrégulière et incomplète. Le tissu élastique qu'enveloppent ces trabécules est hypertrophié : ses fibres ont pris souvent un développement double ou triple de ce qu'il est normalement. Y a-t-il eu même. hyperplasie-et multiplication des fibres, c’est ce qu'il est très difficile d'apprécier Nous ne le croyons pas et nous pensons que les fibres élastiques paraissent plus nombreuses à cause de leur désagrégation et de leur rétraction. En effet, les fibres ainsi hyperthrophiées se fendentet se segmentent transversalement ; quelquefois leurs fragments se désagrègent et se disjoignent, de sorte que l’on croirait voir des amas de cristaux irréguliers ; quelquefois les fragments restent en contact bout à bout, donnant l’apparence de tubes de imycélium articulés. C’est surtout sur les préparations à l’éosine et à la potasse qu'il est facile de constater et .de suivre l’altération des fibres élastiques. Elles commencent par se tuméfier, puis elles se fendillent transversalement sans se segmenter ; la fibre se tuméfie entre chaque trait de fente, de manière à devenir bourgeonnante et moniliforme ; plus tard, lorsque la segmentation est encore plus avancée, on croirait avoir sous les yeux des chapelets de spores déformées par pression réciproque. Enfin, lorsque les fragments sont détachés, il restent ordinairement voisins les uns des autres et conservent la direction des fibres élastiques. Très souvent ces amas de petits fragments se trouvent appendus en forme de choux-fleurs. Le volume et la forme de ces petits grains sont très variables ; on observe toutes les variétés, depuis les fragments semblables à des cristaux plus où moins gros, jusqu'aux petits grains élastiques. On voit plus rarement le fendillement se faire dans le sens de la direction des fibres. Celles-ci ne sont pas seulement altérées dans leur forme
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et dans leur texture, leur composition histochimique semble aussi être modifiiée plus ou moins profondément. Elles se colorent moins bien par l'acide picrique ; l’éosine et la potasse leur donnent une nuance rouge violet plus foncée qu'aux fibres normales ; parfois au contraire elles résistent aux matières colorantes, même à l'éosine ; ‘elles restent ternes et pâles, et il serait difficile de ne pas les prendre pour des cristaux si l’on ne voyait leur continuation avec les fibres saines. Cette résistance aux matières colorantes s’observe aussi avec le bleu de méthylène, et nous y insistons d’une manière particulière, car elle nous fait comprendre les difficultés de l'observation, lorsque la matière élastique est totalement réduite en petits grains qui ne diffèrent plus des granulations de diverses origines, protoplasmiques ou autres.
En résumé, les masses « xanthélasmiques » situées entre les trabécules conjonctifs sont donc uniquement constituées ici par de la matière élastique provenant des libres élastiques qui, après s'être hyperthrophiées, se sont fendillées, segmentées, de manière à revenir à l'étar de fragments. IL y a très peu de graisse ef peu de cellules æanthélasmiques. Sur certaines coupes cette régression est tellement avancée qu'on ne trouve plus la direction des fibres élastiques et qu'on ne voit plus que des masses presque compactes de grains irréguliers et opagues. Le processus est partout le même, aussi bien pour les petites plaques disséminées dans le derme que pour les larges plaques superficielle et profonde. Il est le même dans les parois vasculaires ; nous l'avons retrouvé jusque dans les ‘appareils élastiques les plus délicats de la peu, autour des glandes sudoripares.…….
Au niveau du cœur, mêmes altérations des fibres élas tiques, hypertrophie, segmentation, réduction en grains, résistance aux matières colorantes, etc... Elles siègent dans l'endocarde, dans ses couches profondes, dans le
voisinage des fibres musculaires, dont elles sont séparées le plus souvent par une fine bande de tissu conjonctif. Cette localisation nous à paru à peu près constante dan” tous les points examinés, paroi du ventricue gauche, piliers, parois de l’oreilletite. La disposition en plaques disséminées s’observe moins ici que pour la peau ; presque partout les altérations présentent une continuité remarquable et s’observent dans une grande étendue. Ces lames « xanthélasmisques » sont d’une épaisseur extrèêmement variable ; tantôt presque linéaires, tantôt doublant
presque l'épaisseur de l’endocarde. On les voit plus rare-
ment dans la couche superficielle de cette membrane, mais souvent on les trouve dans l'épaisseur même du myocarde, dans la trame conjonctive-élastique qui enveloppe les faisceaux musculaires, où même dans l’épaisseur de ces faisceaux. Partout elles s’accompagnent d’un certain degré de sclérose, parfois même très accentuée, soit dans l’endocarde, soit dons le myocarde, dont elles dissocient les faisceaux musculaires. Cette sclérose paraît se produire avec une lenteur extrême ; on voit très peu d'ilots de cellules embryonnaires. Nous avons peu vu de cellules « xanthélasmiques » dans l’endocarde, où il est d’ailleurs difficile de les apercevoir ; mais nous les avons vues assez nombreuses (?) dans le myocarde, dans les espaces conjonctifs interfasciculaires ; les espaces renferment aussi un grand nombre de fibres élastiques moniliformes et des grains élastiques libres que lon voit en connexion avec les cellules « xanthélasmiques » situées le plus souvent dans le voisinage des vaisseaux du myocarde. Les altérations des vaisseaux ont paru pourtant moins accusées que dans d’autres cas... »