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CHAPITRE III

DE L'ORIGINE STAPHYLOCOCCIQUE POSSILBE DE CERTAINS PURPURAS CHRONIQUES EN APPARENCE NON INFECTIEUX

Depuis que, à la suite de M. le Professeur Hayem, on admet couramment comme origine des purpuras une toxi-infection, un grand nombre d’auteurs ont cherché à déterminer quels en étaient les agents microbiens. Nous nous sommes nous-même efforcé de montrer dans la première partie de cette thèse que l’origine staphylococcique de certains purpuras était indiscutable.

Nous voudrions maintenant parler de l’étiologie de certains purpuras chroniques, à répétition, apyrétiques ou presque, en apparence non infectieux, à l’occasion de l’observation personnelle que nous avons

exposée en commençant.

En présence d’un purpura aigu fébrile, on recherche tout naturellement quelle infection a pu lui donner naissance. Devant un purpura chronique subfébrile ou même apyrétique, on a trop souvent ten-

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dance à parler d’hémogénie ; on s'expose ainsi à méconnaître une infection éventuelle.

On sait déjà cependant que le bacille de Koch peut être à l’origine d’un purpura chronique. Bensaude et Rivet, il y a 25 ans, ont insisté sur ce sujet ; en 1906, Carnot, Bensaude et Harvier rapportaient une observation restée classique ; plus récemment Carnot, Libert et Bariéty sont revenus sur ce sujet.

On sait également qu’à côté des grandes méningococcémies avec purpura, il existe des formes d’infections méningococciques subaiguës avec purpura et qui ont été décrites par M. Netter. Elles ont fait l’objet d'observations rapportées dans la thèse de Mlle Blanchier (Paris 1917).

Cependant quelques observations récentes montrent qu’il est possible d’incriminer parfois d’autres germes ; nous citerons une observations de M. Paul Chevallier, concernant le gonocoque ; une autre de M. Aubertin, concernant vraisemblablement le streptocoque. Enfin, dans notre observation, il s’agit du staphylocoque.

Obs. 1! (MM. Paul CHEVALLIER, LÉVY-BRUHL et BouR- GEOIS, Bull. et Mém. de la Société Médicale des H6pitaux de Paris, 14 janvier 1927, p. 30).

Résumé :

Une femme de 36 ans entre le 10 août à l'hôpital, dans le Service du Professeur Laignel-Lavastine.

Cette femme présente un purpura généralisé, apparu

de façon progressive depuis 6 mois, sans épisode infectieux nettement tranché.

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Ce dernier va évoluer pendant 8 mois, par poussées successives et généralisées, restant presque apyrétique, s’accompagnant d’hémorragies gingivales presque continuelles ; les poussées de purpura sont très fréquentes.

Or, la malade présentait et avait été soignée au début de son affection pour une métrite blennorragique.

L'identification du gonocoque fut alors faite par le Professeur Nicolie, à l’Institut Pasteur ; aucun doute ne subsistait.

Ce microbe fut retrouvé dans le suintement utérin, dans les éléments purpuriques, dans les hémocultures successives ; une réaction de fixation fut positive.

Le diagnostic de purpura gonococcique pouvait ainsi être affirmé.

— La malade sortit de l’hôpital après quelques semaines ; elle y rentrait le 11 septembre, dans le Service de M. le Professeur Gilbert, des hémorragies et en particulier des épistaxis étant apparues.

Après un avortement survenu le 26 octobre, des hémorragies graves apparurent ; la température s’élève et la malade meurt le 9 novembre. L’autopsie n’a pu être faite.

Obs. Il. Purpura chronique récidivant, symptôme essentiel d’une endocardite infectieuse latente (par MM. Ch. AUBERTIN et G. RIMÉ, Bull. et Mém. de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 25 juillet 1924).

Résumé :

Il s’agit d’un homme de 49 ans, entré le 27 mai 1924 pour un purpura siégeant au niveau des membres inférieurs.

En mars 1923, séjour à Lariboisière (M. Clerc), où il a déjà présenté du purpura qui fut traité par la radio-

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thérapie splénique ; d’autre part, il y fut soumis à un traitement par le novarsénobenzol. Ultérieurement, il fit un nouveau séjour à Lariboisière où M. Gandy le traita par l’opothérapie hépatique et le cyanure.

L’éruption actuelle commença trois semaines auparavant, à la région malléolaire; elle gagna lentement tout le membre inférieur : macules pétéchiales très abondantes, dont beaucoup sont de date récente ; pas d’hémorragies des muqueuses. Le temps de saignement est de deux minutes et demie ; le temps de coagulation de sept minutes ; la rétraction du caillot est normale.

La température oscille entre 37° et 38°, mais sans aucune irrégularité.

Le malade présentait en outre une insuffisance aortique syphilitique, avec hypertrophie ventriculaire gauche considérable.

Quinze jours après, un souffle systolique s’ajouta au souffle diastolique ; le traitement par le quinby n’influença pas le purpura ; au contraire, ce dernier procéda par poussées ; le 1% juillet, une nouvelle et importante poussée purpurique survint, généralisée et intense ; toujours pas d’hémorragies des muqueuses ; pas de panaris d’Osler. Mort le 9 juillet, en hypothermie.

A lautopsie, nous trouvons un gros cœur de bœuf, mais au lieu d’une insuffisance aortique banale, nous trouvons une endocardite végétante.

La rate et les reins contiennent des infarctus ; le foie est volumineux, très dur, non cirrhosé, finement muscade à la coupe. Pas d’hémorragies viscérales.

En résumé : Endocardite infectieuse secondaire, greffée sur une lésion aortique ancienne que l’on peut considérer comme syphilitique. Elle ne s’accompagna que d’une très légère élévation thermique,

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avec splénomégalie notable et purpura chronique, procédant par poussées successives, seul symptôme important pendant le dernier séjour du malade à l’hôpital. Malheureusement la nature bactériologique de cette endocardite infectieuse ne put être mise en évidence faute d’hémocultures et d'examens postmortem dans de bonnes conditions.

Obs. III. Purpura chronique staphylococcique (PERSONNELLE)

Résumé de l'observation rapportée au début de cette thèse.

Notre malade, âgé de 29 ans, fit une septicémie aiguë staphylococcique qui se termina par la guérison apparente.

Un mois et demi après, il apparut un purpura chronique hémorragique qui évolua par poussées successives pendant six mois consécutifs, entrecoupées ou accompagnées de crises abdominales aiguës et d’arthralgies multiples. Le malade fut constamment subfébrile ; les hémocultures restèrent négatives, mais l’étiologie staphylococcique de ce purpura nous fut prouvée par l’apparition d’une ostéomyélite, également chronique, au niveau de la cuisse, cinq mois après la première éruption purpurique on trouva en effet du staphylocoque doré dans le pus, après intervention opératoire à ce niveau.

CONCLUSIONS

En dehors des purpuras chroniques cryptogénétiques, en apparence non infectieux, il en est cependant un certain nombre où un agent infectieux a pu

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être découvert. Citons le gonocoque, le méningocoque ; il est possible qu’il en soit de même pour le bacille de Koch et le streptocoque. Nous venons de montrer qu’il faut également parfois incriminer le staphylocoque.

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