HISTORIQUE
En 1735, Werloff créa le terme de purpura ; il crut avoir isolé une maladie particulière, toujours identique en son essence.
En 1876, Hayem soupçonnait la nature infectieuse du purpura.
Quelques années plus tard, en 1883, dans sa thèse sur « les Purpuras Hémorragiques » (Paris, 1883), À. Mathieu insiste sur la nature infectieuse des purpuras. « Le purpura hémorragique se rencontre fréquemment dans les états infectieux. S'agit-il toujours de maladies éruptives, de typhus frustres dans les purpuras hémorragiques primitivement fébriles ? Non, nous ne le pensons pas, et la lecture de bon nombre d’observations est bien faite pour amener à penser que le purpura hémorragique infectieux, indépendant de toute contagion qui porte nom, se rencontre certainement. Peut-être les recherches de laboratoire, les cultures, les études microscopiques permettront-elles un jour de fixer l’essence des éléments de contagion, de les rapporter à tel ou tel principe connu. Actuellement il faut se contenter de cette notion vague, mais significative : il s’agit là de véritables infections ».
Et plus loin l’auteur ajoute : « Nous avons rencontré des observations de purpura dans la blennorragie, dans les traumatismes de l’urètre, dans la cystite purulente, dans la vaccine, dans la puerpéralité.
« Tout cela ne plaide-t-il pas en faveur du purpura infectieux ? »
En 1896, c’est la thèse faite à Lille par E. Jacmarcq (Contribution à l’étude infectieuse du purpura) qui relate deux cas de purpura staphylococcique.
J. Courmont, à l’article « Staphylococcie » du Nouveau Traité de Brouardel et Gilbert, paru en 1906, met en cause le staphylocoque dans certains cas de purpura.
Par ailleurs, tous les traités classiques font mention de la nature staphylococcique de certains purpuras.
Achard, en 1923, dans ses Cliniques Médicales de l'hôpital Beaujon, Vaucher et Woringer, dans leur remarquable étude sur les septicémies, septico-pyohémies, bactériémies, parue en 1924, Lemierre enfin, dans une conférence faite dans le service du Professeur Sergent, à la Charité, en 1926, parle à propos des staphylococcémies de certaines éruptions cutanées qui peuvent se montrer de façon précoce « C’est parfois un purpura, y est-il dit en substance, soit à petites taches disséminées sur toute la surface des téguments, soit sous formes de macules plus larges, localisées sur les membres ».
Il en est encore de même dans l’article de Le Sourd et Pagniez, paru dans le « Nouveau Traité de Médecine de Roger, Widal, Teissier ». « Les observations,
disent-ils, de purpuras secondaires à une maladie infectieuse où l’on a pu constater dans le sang circulant, ou au niveau des lésions cutanées, la présence de germes pathogènes, sont nombreuses et la liste des microbes ainsi isolés fort longue : streptocoque, pneumocoque, méningocoque, pyocyanique, mélitocoque, bacilles typhique et paratyphique, bacille de Gartner, staphylocoque, etc. ».
En résumé, l’hétérogénéité nosologique des purpuras, quelle que soit la pathogénie si discutée de ce syndrome, ne fait plus de doute à l’heure actuelle. Est-ce à dire que le purpura staphylococcique soit très fréquent ? Nous ne le pensons pas. En effet, bien que tous les traités classiques soient unanimes à en faire mention, on est frappé en parcourant la littérature médicale par le très petit nombre d’observations que l’on y trouve, relatives à ce sujet.
C’est pourquoi nous nous estimerons très heureux si ce modeste travail qu'est cette thèse peut contribuer à l’étude du purpura staphylococcique.