‹ Contribution à l'Étude du Pyopneumothorax chez les TuberculeuxChapitre 16 sur 30 · AUSCULTATION · texte numérisé non relu

AUSCULTATION

À. Tintement métallique. — Ce bruit, que l’on a comparé au son produit par la chute d’un grain de sable dans une coupe de métal, est un râle broncho-pleural produit par des vibrations imprimées à des molécules liquides contenues dans une bronche ou une caverne située au voisinage d’une cavité remplie d'air, ou en communication avec elle. Les râles produits par cette caverne sont transformés par cette

caisse de résonnance, qu'ils traversent, et le tintement mé-

tallique se produit ainsi. Laënnec' disait que le tintement métallique dépend toujours de la résonnance de l’air agité par la respiration, la toux ou la voix à la surface du liquide.

1 Laënnec; Traité de l’auscultation médiate, 1879.

PP Les Mais d'après Skoda, la communication est inutile pourvu que la lame du poumon interposée entre la caverne et la bronche où se produit Le ràle etla plèvre pleine d’air soit mince, et Dieulafoy" dit à son tour qu'il n’est pas utile pour que le tintement se produise qu’il y ait communication entre la cavité et la bronche dans laquelle le râle prend naissance.

B. Souflle amphorique. — Comparé à un son produit en soufflant dans une amphore vide, ce bruit n’est autre chose que le bruit glottique auquel la collection gazeuse donne un timbre particulier ; il est donc surtout dù à la cavité remplie de gaz qui joue le rèle d’une caisse de résonnance.

Mais, à l’auscultation, ce n’est pas seulement larespiration qui prend un timbre métallique, mais la toux, la voie deviennent également amphoriques, et le murmure vésiculaire normal ne persiste plus que sous la claviculé.

Une autre sorte de tintement métallique se perçoit aussi très facilement à l'auseultation : quand, appuyant une pièce de monnaie sur la partie antérieure du côté malade, on frappe de légers coups sur elle avec une seconde pièce, on entend. l'oreille étant appuyée sur le côté postérieur, un bruit franchement sonore el métallique, un bruit argentin que Trousseau appelait bruit d'airain.

C, Suceussion hippocratique. = Enfin le troisième phéno= mène que nous fait percevoir l’auscultation est la succussion hippocratique. |

Après avoir appliqué notre oreille sur la poitrine du malade, secouons-le un peu latéralement et non pas d'avant en arrière, nous entendrons aussitôt un bruit de clapotement qui dénotera l'existence simultanée de liquides et de gaz

! Pathologie interne.

Harpe SR dans la plèvre et prendra aussi un timbre sonore et un peu élevé. C'est là le signe pathognomonique du pyopneumothorax et il signifie d’une façon certaine qu'il s'est produit un épanchement thoracique.

Un movyen plus récent est venu considérablement aider le médecin dans son diagnostic de pyopneumothorax. C'est l'application des rayons X à l'examen de la poitrine; rayons

qui nous permettent de voir d’une façon très nette l'état des

poumons, de l’épanchement et des autres organes.

Ainsi un des malades que nous citons dans nos observations a été radioscopié et on a vu sur le bord gauche du cœur au-dessous du diaphragme, une zone claire de la grosseur

d’un œuf. Cette zone claire n’est autre chose qu'une caverne :

à la partie inférieure, on voit une bande noire qui représente la nappe de liquide située au-dessus du diaphragme; enfin le cœur apparaît déjeté à droite et très diminué. I est done de toute utilité de se servir, quand on le peut, de ce moyen si pratique et donnant de si bons résultats.

Page 1