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| peu résorbés, le poumon reprenne en partie son volume et sa fonction, condition nécessaire pour que le bacille de Koch emprisonné retrouve des conditions de vitalité plus grande,
Grâce donc à l’'épanchement pleural, le microbe tuberculeux devient inactif et la santé revient. En est-il toujours ainsi? Malheureusement non; et au moment où le malade, après avoir résisté au pneumo, commence à espérer et entrevoit sa guérison, au moment où ce même pneumo, par la compression favorable qu'il exerce sur le poumon, fait revivre le mourant, il le tue par cette même compression qui gêne le jeu régulier et normal des autres organes.
Ce phénomène, que nous avons étudié plus haut, n’a plus iei les mêmes caractères. Le malade ne succombe pas incontinent; au contraire, on constate tous les jours un peu d’amélioration du côté du poumon malade, quand on s'aperçoit trop tard que cette compression s'exerce aussi sur le cœur, les vaisseaux ou l’autre poumon et devient le point de départ d’une complication mortelle. Un seul exemple suffira pour démontrer la vérité de notre opinion.
S..., âgé de 26 ans, présente le 16 février 1880, tous les symptômes d’un hydropneumothorax. Le 5 mars, on fait une ponction qui donne environ deux litres de liquide verdâtre séro-purulent, le 24 avril une seconde ponction donne du pus. Dès ce jour, le malade va mieux, la fièvre tombe, l’appétit revient, lorsque quatre mois après son pyopneumothorax un mal de Bright aigu emporte le malade.
À l’autopsie, les reins, gros et blancs, présentent les lésions d’une néphrite à la fois parenchymateuse et interstitielle, avec dégénérescence amyloïde des glomérules, des artères efférentes et de la paroi de quelques tubes droits. On voit donc que, malgré l'existence du pus, malgré la compression, malgré l'amélioration de la tuberculose, le malade est mort pendant l’évolution même du pyopneumothorax, emporté par la néphrite.
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La QUES
: Donc, sià la première et à la deuxième période dela phüsie, la compression du poumon par l’air et les liquides épanchés dans la plèvre peut, en supprimant l’activité fonctionnelle de l'organe, retarder ou même arrêter le développement des tubercules, on doit songer toujours à une nouvelle complication qui peut rapidement tuer le malade.
Il existe enfin une /roisième catégorie de faits où le poumon est envahi dans sa totalité par les lésions tuberculeuses. L'organe est dur, compact, résistant, irréductible par la compression, et l’on comprend facilement que, dans cet état de choses, le pyopneumothorax n'exerce aucune influence sur la marche de la maladie, «qu'il ne peut qu'aggraver une situalion déjà fort périlleuse (Hérard).
C'est là-dessus d’ailleurs que se sont basés beaucoup d'auteurs pour dire que le pyopneumothorax entraine toujours la mort.
Cette opinion est exagérée et on ne doit pas affirmer que le pyopneumothorax est toujours mortel. Il l’est souvent, nous l'avons démontré, et les malades qui guérissent de cette complication sont le petit nombre. Mais ces cas de guérison existent, et ceux que nous avons rapportés sont suffisants à le prouver. Cependant, que du fait de la guérison du poumon nous voulions affirmer que cet accident est un moyen de guérison de la tuberculose, non. La seule action de l’épanchement, nous l’âvons démontré au chapitre de l'anatomie pathologique, c’est d’enrayer pour un temps l’action du bacille de Koch, d'améliorer l’état du tuberculeux, et dé faire disparaître plus ou moins les effets de la bacillose.
Car il ne faut pas confondre, et c’est là tout l'intérêt de la question, la guérison momentanée du pyopneumothorax et la guérison définitive de la tuberculose. Nous disons que le pyopneumothorax peut guérir, mais nous pensons aussi
qu'un tuberculeux ayant un pyopneumothorax sera fatalement emporté au bout d’un temps plus ou moins long, soit du fait de son pyopneumothorax lui-même, soit du fait de sa tuberculose, soit par une des complications dont j'ai déjà parlé.
Et c'est précisément cette mort toujours menaçante qui assombrit tant le pronostic; de sorte que malgré une survie, quelquefois assez longue, ce pronostic devra toujours être très réservé.
Tout ce que l’on peut dire, c'est que tous les malades ne sont pas égaux devant cette complication, les uns ne survivant pas un instant à la perforation, et mourant incontinent; les autres résistant quelques heures ou quelques jours: les plus favorisés enfin luttant pendant quelques mois avec avantage contre leur ennemi qui malgré toul sera le plus fort et remportera la victoire.
Il y à donc des conditions locales et générales qui arrêtent pour un certain temps l’évolution de la tuberculose, qui même font penser à une guérison, mais c'est une guérison factice, et c’est souvent au moment où l’on a le plus d'espoir qu'une rechute, qu'un nouvel accident, qu'une légère recrudescence survient et dans quelques jours tue le malade.
Il est, par suite, bien juste de faire remarquer que le pronostic du pyopneumothorax tuberculeux est une question bien délicate; et il faudrait une plus grande expérience que la nôtre, pour connaître d’une façon précise l'avenir de de cette complication pulmonaire. Mais ce que nous voulons faire ressortir, c’est que, si nous ne concluons pas à la guérison de la tuberculose par le pyopneumothorax, nous pouvons du moins affirmer que dans certains cas, loin d’avoir donné un coup fatal aux phtisiques, le pneumothorax est un accident favorable qui à prolongé la vie de ces malades.
Cependant si le pneumothorax à quelquefois une action
ND OECE
favorable locale, et enraie d’une facon évidente la tuberculose du poumon, cette action ne s'exerce pas sur l'infection tuberculeuse générale, et le malade, reste toujours un tuberculeux.
Aussi, alors que sa lésion pulmonaire pourra s'améliorer, celui-ci n’en sera pas moins exposé aux conséquences redoutables de a maladie, et le pyopneumothorax n'arrêtera pas son évolution générale. ‘