‹ Contribution à l'étude du rachitisme foetalChapitre 5 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Sous sa forme classique, qui est le rachitisme commun de la première enfance le rachitisme est une affection dont les symptômes sont depuis longtemps bien précisés et généralement admis par les auteurs. M. MaRFAN en a tracé de main de maître une description qui, dans ses grandes lignes est actuellement encore en faveur.

Et, en effet, le rachitisme est essentiellement un état anormal de la croissance, un trouble de l’ostéogénèse qui cliniquement se manifeste habituellement vers l’âge de deux ans, se constitue sans douleur et détermine surtout des altérations de l’appareil squelettique. Il a une évolution spontanée vers la guérison, tout en laissant cependant des séquelles plus ou moins importantes suivant que le processus pathogène s’est montré d’une plus ou moins grande activité.

Etiologiquement il est dû à une carence de lumière solaire et de vitamine D et à un déséquilibre humoral phospho-calcique.

Mais cette forme commune de la première enfance n’est pas la seule que puisse revêtir cette maladie. Elle en est évidemment la plus fréquente, la plus

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nette, la plus intéressante aussi parce que c’est sur elle qu’a le plus d’emprise la thérapeutique purement médicale.

De part et d'autre de cette forme chronologique existent d’une part le rachitisme tardif de Ja deuxième enfance ou de la prépuberté, et de l’autre, le rachitisme précoce que nous appellerons prénatal ou encore congénital.

Et cela se conçoit logiquement : le rachitisme est essentiellement une maladie de la croissance. Sans croissance il ne saurait y avoir de lésion rachitique. Quand elle est arrêtée pour une raison quelconque, fût-ce au moment de la première enfance, les désordres rachitiques ne se produisent pas, même si sont réunies toutes les autres causes favorisantes. Réciproquement nous pensons qu’il n’est pas illogique d’admettre que cette maladie, qui semble donc nécessairement liée à ce phénomène de la croissance, peut se développer à toutes les périodes de la vie où celle-ci est particulièrement accentuée, c’est-à-dire durant la vie intra-utérine du fœtus, et ensuite au coup de fouet pré-pubéral.

Et depuis OLLIER, la plupart des auteurs réunissent en effet sous le nom de rachitisme tardif une série de difformités localisées qui atteignent le squelette dans la grande enfance ou dans l’adolescence, au moment de la forte poussée de croissance qui précède et annonce en général la puberté. On décrit ainsi comme une forme clinique de l'affection que

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nous étudions le genu valgum, le pied plat valgus douloureux, la coxa vara, les scolioses essentielles des adolescents. Cette assimilation est acceptée par LANNELONGUE, KIRMISSON, HUTINEL, MARFAN, LESNÉ.

D’autre part, depuis quelques années des travaux assez nombreux, tant à l’étranger qu’en France, s’efforcent de démontrer l’existence d’un rachitisme dont les manifestations au lieu de débuter vers l’âge de deux ans, commencent pendant la vie de l’enfant dans l'utérus.

Nous étudierons d’abord succinctement les principaux travaux qui plaident en faveur de l’existence du rachitisme congénital. Puis, par l’analyse détaillée des symptômes cliniques et radiologiques, des réactions sérologiques, d’une observation que nous avons rencontrée à la maternité de l’Hôtel-Dieu de Rennes et mise à notre disposition grâce à la bienveillance de M. le Professeur LE GAL LA SALLE, nous nous efforcerons de montrer sinon une identité complète, du moins une grosse analogie entre les signes que nous y avons notés, et ceux que les auteurs décrivent communément du rachitisme classique.

Nous éliminerons ensuite les affections qui déterminent chez le fœtus des perturbations à peu près semblables, et nous établirons ainsi l’existence de l'entité « rachitisme fœtal >» ou prénatal. Puis, après avoir essayé de porter un pronostic, nous indiquerons le traitement qu’il convient d’appliquer pour prévenir son apparition, en atténuer ou en faire disparaître les manifestations.

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