ALT/TUDES
Fig. 24.
Relation entre la dépression atmosphérique et les débits d'oxygène.
c) La dépression atmosphérique et l'organisme: Une question extrèmement importante et généralement très négligée parce que ses conséquences ne sont pas immédiates est celle qui a trait à la facon dont se comporte l’organisme aux hautes altitudes. Comment est-il possible de vaincre les effets de la dépression atmosphérique? Cette question étant du domaine de la pathologie, il était normal, pour y répondre correctement, de consulter un médecin-spécialiste. Nous avons pensé que le Docteur GarsAUx (12), Directeur des Services médicaux de l’aviation ci-
12) Rappelons brièvement que le Docteur Garsaux avait déjà étudié l
1e | lié la ques-
tion pendant la guerre moment où il avait conçu un premier RUE réduit de
Res une à l'Institut Aéronautique de Saint-Cyr. En 1922, il inaugurait u Bourget un autre modèle perfectionné qui lui j réussi i A q a permis de réussir les essais
vile au Bourget, était particulièrement qualifié pour nous donner des directives à ce sujet. Le Docteur GARsAUX nous a fait part des expériences réalisées par lui grâce à son caisson pneumatique (sorte de coffre étanche dans lequel est enfermé le sujet à observer et où il est possible de réaliser les pressions et températures correspondant à des altitudes comprises entre 0 et 20.000 mètres). Ses conclusions sont les suivantes: « Il est indispensable qu’à partir de 3500 mètres l’homme commence à respirer de l’oxygène artificiel et cette consommation n’est pas nécessairement proportionnelle à l'altitude. Deux cas d’ailleurs sont à envisager: 1° simple montée, 2° travail photographique à une altitude déterminée. Le graphique représenté (fig. 24) donne d’ailleurs (courbes 1 et l-bis) un ordre de grandeur des consommations théoriques, pour une montée à 10.000 mètres d’une part, pour effectuer un travail à 7.000 mètres d’autre part. Les courbes 2, 2-bis, 3, 3-bis, donnent les débits respectifs des inhalateurs (13 « Aéra » et « Gourdou » après réglage. Comme on le constatera facilement, les différences d’ordonnées accusent des excédents de consommation et nous font préférer la conception « Aéra ». La courbe théorique du docteur GARSAUX s’infléchit davantage aux environs de 8000 mètres car, c’est à partir de cette altitude qu’il convient de distribuer largement l’oxygène. L’inhalateur idéal serait en somme celui dont la courbe de débit se rapprocherait le plus de cette courbe théorique en ménageant bien entendu une marge de sécurité.
Fig. 25. Examen des effets de la dépression atmosphèrique et du froid dans le caisson pneumatique.
13) Le système de distribution d'oxygène comprend: une bouteille metallique un inhalateur, un masque. L’inhalateur a pour effet de régulariser la distribution; dans ce but, à l'intérieur un détendeur a pour effet de ramener le gaz à une pression sensiblement constante.
Bien des choses seraient encore à prévoir, examiner, mettre au point, si nous voulions approfondir la délicate question des vols de précision à haute altitude. Nous pourrions, en particulier, nous tourner du côté des instruments de prise de vues (automatiques ou non), du côté des magasins (simples ou à grande capacité), du côté des obturateurs et porter un jugement après épreuve: tant de choses admirables au laboratoire, deviennent impraticables à 7.000 mètres quand le froid, le vent, la brume. la malchance s’en mêlent! Mais il est inutile, dans cet ordre d'idées de passer tout en revue pour tirer une conclusion logique que nous exprimerons ainsi: la prise de vues aériennes à haute altitude destinées aux travaux photogrammétriques est une opération très complexe à cause de la multiplicité des facteurs d'ordre technique, économique et pathologique qui concourent à sa réussite et l’on sait que la plus petite défaillance est de nature à compromettre l’ensemble. Recherchons donc la simplicité dans les détails: simplicité dans le matériel de navigation, simplicité dans les instruments, simplicité dans les gestes; évitons les observations et les calculs compliqués qui peuvent se résoudre « à vue » avec du flair et un peu de bon sens; et en règle générale, ne nous berçons pas trop de cette douce illusion qui tend à faire croire que la machine peut se substituer à l’homme. La photographie aérienne de précision à haute altitude en est à ses débuts, en France comme à l'étranger; mais elle a un avenir immense. Si des erreurs sont commises et si après beaucoup de peine les résultats ne sont pas ceux que nous escomptions, prenons ce mal en patience et espérons, sans cesser de poursuivre inlassablement nos efforts: La réussite est à ce prix!