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OBSERVATION VIII

PENAUD et DUVERGEY. — Hôpital du Tondu, 1936.

M. Emile M.., 35 ans, entre dans le service d'Urologie à Phôpital du Tondu pour incontinence d'urine, envoyé par le docteur X.., d'Ambarès.

En 1921, pendant son service militaire, après un léger écoulement, le malade a été soigné pour un rétrécissement de l’urètre, il a été sondé, mais jamais dilaté; ce sont les seuls renseignements qu’il peut fournir.

De 1928 à 1932, il a eu une pleurésie droite avec épanchement très abondant et deux rechutes dans la suite, l'examen pulmonaire, actuellement, met en évidence les séquelles, sous forme de frottements.

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Le début de la maladie remonte à deux mois, c’est-à-dire au début de février 1936; pour la première fois, il est atteint de pollakiurie assez intense, diurne et nocturne, mais, de plus, il est obligé de pousser pour pouvoir uriner. Son jet est filiforme et ses urines deviennent très sales.

Il y a un mois, son état s’est aggravé : la pollakiurie de-

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Rétrécissement infranchissable de l’urètre, Reflux dans la veine dorsale de la verge.

vient plus intense, surtout la nuit, puis, peu à peu, s’installe une incontinence absolue. En même temps, des douleurs lombaires sont apparues, ce qui décide le malade à rentrer à l'hôpital. L'examen de l’urètre à l'explorateur à boule de Guyon montre qu'il existe un rétrécissement très serré siégeant à 7 centimètres du méat. Il est infranchissable, même par le cathétérisme en faisceau. Rien au toucher rectal. Les

points rénaux sont douloureux à droite.

Le 22 avril, quatre jours après son entrée, on pratique une urétrographie avec l’appareil de Moret. On injecte très facilement 20 cc. de lipiodol Lafay à 40 %.

Sur le moment, le malade n’accuse aucune douleur, mais au moment de prendre la radio, après avoir exercé une légère traction sur le gland, le malade dit ressentir une violente douleur pendant vingt minutes; au même moment, plusieurs gouttes de sang s’écoulent du méat. On ramène le malade dans son lit, il n’accuse aucun trouble; les deux jours suivants, il dit uriner plus facilement, mais le troisième, pris de rétention aiguë, on pratique une cystostomie.

L'’urétrographie de face et de profil nous montre l'existence du rétrécissement très serré, irrégulier, de 3 à 4 centimètres de longueur; mais, en plus, nous voyons l’existence de reflux urétro-veineux; la veine dorsale profonde de la verge, elle et elle seule, avec les veines collatérales qui s’y jettent en dent de peigne, est injectée, depuis son origine jusqu’au niveau de l’espace pré-prostatique où elle se jette dans le plexus de Santorini.

Huit jours après, on fait une radio simple de l’urètre, il n'existe plus aucune tache de lipiodol, la veine dorsale de la verge est complètement invisible; une nouvelle urétrographie faite sous le contrôle de la radioscopie ne montre aucun reflux. Dans les jours suivants, on remarque que cette veine

est complètement sclérosée.

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