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OBSERVATION XII

MARCEL ct BROCHARD. Soc. méd. chir. Hôp. libres, 1936.

M. B.., 68 ans, entre à l'hôpital de Villeneuve Saint-Georges le 20 juin 1933 pour une rétention aiguë d'urine survenue pour la première fois 18 heures auparavant.

Le toucher rectal montre une hyperirophie de la prostate. L'’urée dans le sang est de 0,42; les urines sont claires, sonde à demeure; le 7 Juillet, cystostomie.

Le 3 octobre, le malade amélioré, on procède, après anesthésie avec une solution de butelline à 3 %, à une urétrocystoscopie qui confirme le diagnostic de grosse H. P. On tente

une coagulation du col avec une sonde diathermique vésicale n° 18. On arrive à creuser ainsi une petite vallée sur le bord

inférieur du col et sur son segment gauche. Le saignement

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est minime, sonde à demeure pendant trois jours. La température reste normale,

Le 17 octobre 1933, nouvelle urétro-cystoscopie, le lobe médian est incontestablement bien entamé.

Le 24 octobre 1933, dans le but d’une nouvelle exploration on injecte comme précédemment, à urètre fermé, avec une seringue de Bonneau, 5 cc. de solution de butelline à 8 %. Aussitôt, le malade pâlit et tombe en syncope : au bout de dix minutes, à force de tonicardiaques, de respiration artificielle, le malade revient peu à peu à lui. Il est transporté dans son lit. Le lendemain, tout était rentré dans l’ordre.

Le 7 novembre 1933, urétroscopie sous anesthésie à la butelline à 3 %, en instillation cette fois. L’anesthésie est beaucoup moins bonne et on a quelque mal à agrandir la brèche prostatique.

Quinze jours après, le malade, qui prétend avoir eu plusieurs mictions par le canal, paraît aller bien; son état général reste cependant déprimé. Il quitte l'hôpital.

Le 2 janvier 1934, le malade, qui paraît aller mieux, revient. On décide de procéder à une uré rographie à toutes fins utiles. Toute l'huile iodée étant épuisée, on utilise une solution de collargol à 10 %, datant de quinze jours, ayant servi précédemment à une cystoradiographie chez un enfant de six ans.

Avec une seringue de Bonneau, remplie de 15 ce. de la solution, on commence l'injection. Tout d’abord, le liquide semble ne pas pénétrer, puis la seringue se vide peu à peu, quand tout à coup, alors qu’il reste encore quelques centimètres cubes de collargol, le malade prétend avoir chaud, puis etouffe et, tandis que l’un de nous se précipite sur le pouls qui devient petit, qu’une infirmière cherche la trousse d’urgence, qu'un autre prend un cliché de face, le malade se cyanose et perd brusquement connaïssance. Il est là, inerte, sans pouls, les pupilles dilatées, la respiration saccadée, lente, superficielle : c'est à peu près le tableau d’une syncope anes-

thésique bleue, avec cependant une teinte un peu spéciale des

téguments. La cyanose a des reflets ardoisés qui nous font immédiatement penser à un reflux urétro-vasculaire. A force de soins, le malade reprend peu à peu connaissance. Il a, maintenant, un faciés presque vultueux, virant sur le gris noir avec, sur la joue droite, des stries ecchymotiques. Les conjonctives sont injectées. La respiration se régularise, mais le pouls reste encore bien rapide et petit. Par paroles entrecoupées, chuchotées, il se plaint d’une angoisse précordiale et d’une gêne laryngée. Enfin, il revient complètement à lui, reconnaît son entourage. Un lavage de vessie montre la présence de collarpol dans ce viscère. Il est hospitalisé.

Le 3 janvier 1934, le masque pseudo-ecchymotique est typique. Le cœur se maintient grâce aux toni-cardiaques. Le malade répond aux questions; la température est de 37° le matin et de 38°2 le soir.

Le 4 et le 5, la teinte des téguments de la face s’estompe. Les urines, moyennement abondantes, sont claires. Les selles sont couleur goudron. L’état de faiblesse est extrême. La température s'élève à 39°.

Le 6 janvier, elle n’est que de 37°5. La faiblesse s’accentue et le malade, épuisé, rend son dernier soupir.

Une nécropsie, malheureusement hâlive pour des raisons exitra-médicales, nous a montré un cœur petit, graisseux, sans thrombus, et l'intégrité de la veine cave supérieure jusqu’au confluent de Pirogoff. Elle n’a pas permis et nous le déplorons, le prélèvement de certains organes, dont les examens macroscopique et microscopique nous eussent été infiniment

utiles.

OBSERVATION XIII FRANCK..-— Soc. lranc. d'Urol,, "1934 Un homme de 40 ans est atteint d’un rétrécissement postblennoragique très serré. Mictions difficiles, jet d'urine très

lent. Le siège de la sténose se trouve à 15 centimètres du

Thcmas. 3

et

inméalt. Aucune sonde ne passe, échec du cathétérisme en faisceau. Dans ces conditions, un examen radiologique de l'uretre nous parait indispensable. L’urètre ayant saigné à chaque tentative de sondage, nous attendons cinq jours avant de pratiquer cette urétrographie. Suivant notre habitude, nous nous servons de l’appareiliage conçu par E. Moret, qui nous a toujours donné la plus grande satisfacuion et par sa manipulation et par la beauté des clichés. Nous injectons lentement 20 cc. de lipiodol F (fluide) sans que le malade éprouve Ia moindre douleur. Prise du premier cliché; le lipiodol a bien franchi le rétrécissement, l’urètre prostatique et la vessie sont remplies. Noure attention se porte, cependant, sur une mullitude de taches opaques réparties sur l’ensemble du cliché jusque dans les régions coxo-fémorales et sacro-lombaires, donc dépassant le bord supérieur de la vessie. Après un moment de stupeur bien compréhensible, nous demandons au radiologue de faire un second film; quatre minutes se sont écoulées depuis l'injection de lipiodol. Sur ce cliché, absence de toutes taches opaques en dehors de l’urètre et de la vessie. La lecture attentive du premier film, et sa comparaison avec le suivant, nous ont permis de porter le diagnostic de reflux veineux massif,

Ajoutons que le malade n'a présenté aucune réaction fàcheuse ni circulatoire, ni respiratoire, quoique les conditions nous semblaient données pour une embolie graisseuse.

Par mesure de précaution, nous avons hospitalisé ie malade: après 48 heures de repos, il a subi avec succès cette fois-ci, le caihétérisme urétral en faisceau, ce qui nous a permis de faire

une urétrotomie interne. Suites ultérieures normales.

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