AVANT-PROPOS
Ce travail nous a été inspiré par M. le Professeur Duvergey, à la suite de trois cas de reflux urétro-veineux, après urétrographie au lipiodol, observés dans son service à l’HÔpital du Tondu.
Sous le nom de reflux urétro-veineux (R.U.V.) on désigne le passage dans la circulation veineuse de la verge, puis, par la suite, dans la circulation générale, des substances injectées dans le canal de l’urètre ; ce passage survient à la faveur de certaines conditions que nous essaierons de déterminer et au premier rang desquelles il faut noter la pression du liquide injecté et l’état de la muqueuse urétrale.
Nous envisagerons la question non seulement au point de vue de l’urétrographie rétrograde par les substances opaques, mais aussi en ce qui concerne les injections de substances anesthésiques dans le canal de lurètre ; aussi devons-nous dire quelques mots de labsorption.
L’absorption n’est en somme que la soustraction par la muqueuse de tout ou partie du liquide injecté.
Les accidents graves que l’on a observés avec les anesthésiques locaux se manifestaient dans les cas où la muqueuse de l’urètre était éraillée.
Le pouvoir d'absorption de la muqueuse était augmenté, mais dans des proportions considérables.
En effet certains auteurs rapportent des séries d’observations d’anesthésie locale, Smeth (de Bruxelles) en rapporte 60.000 cas avec une solution de cocaïne à 2 %, sans obtenir aucun incident, En supposant ces injections faites
nor
au niveau d’une muqueuse intacte, on peut en conclure que la muqueuse urétrale normale à un pouvoir d'absorption plutôt faible ou du moins que sa vitesse d'absorption est lente.
Au niveau d’une muqueuse éraillée, la solution anesthésique vient au contact des plexus-veineux, l'absorption est naturellement plus rapide, mais est-elle suffisante pour expliquer tous les cas mortels ? Il nous semble que non ; car léraillure est souvent minime, la solution injectée diluée, le liquide laissé trop peu de temps en contact avec les vaisseaux sanguins, tout cet ensemble de circonstances ne permettant pas vraisemblablement le passage dans la cireulation d’une quantité suffisamment importante de toxique.
Il nous semble donc que pour certains cas il soit nécessaire de faire intervenir la théorie mécanique, celle du reflux urétro-veineux, qui permet le passage rapide de quantités suffisantes de produit toxique, par communication directe de la lumière urétrale avec celle du système veineux de la verge.
Nous voulons limiter notre sujet à la théorie mécanique, non point que nous considérions la théorie de labsorption comme inexacte, mais parce qu’elle nous semble insuffisante pour expliquer la totalité des accidents observés.
Le R.U.V. est un accident, il faut bien le dire, extrêmement rare, car la littérature n’en comporte d'observations qu’en nombre restreint alors que l'injection urétrale dans un but quelconque est faite sur une grande échelle ; il est d’ailleurs probable que tous les cas n’ont pas été publiés.
Le R.U.V. ne fut mis en lumière qu’à l’occasion de l’urétrographie rétrograde par les substances opaques. Cette découverte fut fixée d’une manière indiscutable sur la plaque photographique. Nous nous proposons donc dans ce travail d'essayer de montrer que l'injection poussée dans le canal urétral chez l'homme, dans un but quelconque, n’est pas une manœuvre exempte de tout danger.
Après avoir fait l'historique de la question, nous rappel-
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lerons dans un premier chapitre quelques notions anatomiques, histologiques, anatomo-pathologiques.
Nous consacrerons le deuxième chapitre à l’exposé des observations.
Enfin, à la faveur de ces connaissances nous essaierons de déterminer les conditions qui ont présidé à la production du reflux urétro-veineux.