NOTIONS ANATOMO-PATHOLOGIQUES
Les auteurs ne se sont que très peu préoccupés des lésions microscopiques de lurètre, et ceci est bien compréhensible. Les lésions banales de l’urètre, et ce sont celles qui nous intéressent pour notre thèse, n'offrent pas de difficultés diagnostiques bien grandes; Ia biopsie est, en outre, impossible. Aussi, avons-nous décrit certaines lésions par analogie avec ce que l’on trouve au niveau de lœsophage atteint de rétrécissement d’origine inflammatoire où traumatique.
Différentes affections peuvent atteindre la muqueuse urétrale, mais, la plupart du temps, il s'agit de rétrécissements.
Dans les lésions d'ordre inflammatoire chronique, l’épiihélium est augmenté de volume; Ie chorion infiltré parfois dans de grandes proportions de tissu conjonctif fibreux; l’élasticité de la muqueuse a disparu; la lumière du canal à ce niveau devient plus ou moins réduite et irrégulière. On peut voir des ulcérations, Les glandes de Littre, les lacunes de Morgani sont dilatées.
Immédiatement en aval du rétrécissement, dans la région prestricturale, ce processus dégénératif atteint la muqueuse, mais à un degré moindre; on y trouve du tissu moins souple, par suite de l'apparition de quelques formations fibreuses; les fibres élastiques atteintes perdent, en partie, leur propriété particulière, l’extensibilité ; lépithélium est un peu plus rigide. Il en résulte qu’à ce niveau, immédiatement en aval du rétrécissement, existe une région très fragile, puisque son élasticité est compro-
mise et non remplacée par une rigidité marquée, et parce que la muqueuse saine, à l’élasticité conservée, viendra prendre point d'appui sur elle lors de séances de dilatation.
Les essais malheureux de cathétérisme, surtout avec les bougies filiformes, peuvent créer, au niveau de la muqueuse, des fausses routes, des solutions de continuité de profondeur variable, pouvant atteindre le corps spongieux, surtout dans sa région bulbaire; la cicatrisation sera plus ou moins longue, suivant l’état antérieur de la muqueuse, et surtout engendrera un îlot fibreux à pleine atmosphère élastique.
Le sphincter membraneux peut être sujet à des spasmes. Normalement, il ne se contracte que pour résister aux contractions de la vessie. Quand ces contractions deviennent fréquentes et douloureuses, le sphincter devient contracturé.
La contraction du sphincter est encore exagérée chez les myélitiques, notamment les tabétiques, les névropathes, de simples émotifs frappés d'angoisse douloureuse par ambiance d’une salle d'examen.
Cette hypermotricité peut s'étendre à tout lurètre antérieur. Il est des gens chez qui l'introduction d’un simple explorateur à boule olivaire dans le canal entraîne immédiatement lapparition d’un spasme douloureux; l’explorateur est un certain temps bloqué, et ne peut, ni avancer, ni reculer.