‹ Contribution à l'étude du reflux urétro-veineuxChapitre 6 sur 32 · PATTES · texte numérisé non relu

PATTES

dents graves relatés par Bellanger étaient dus à ce que l'injection de cocaïne n'avait pas été endo-urétrale, mais intraveineuse.

L’urétrographie rétrograde devint peu à peu un moyen de diagnostic de plus en plus employé et apprécié. Cependant, quelques incidents vinrent freiner sa course facile et, en 1932, Handriock publia quatre observations de R.U. V., y consacra un travail important, démontrant, de façon macroscopique indiscutable, la véracité de la conception de Praetorius.

Depuis lors, les auteurs, tant français qu’étrangers, apportèrent leur contribution à cette étude, par des observations dont nous avons pu relever un certain nombre.

A l'heure actuelle, le reflux urétro-veineux est une notion connue, dont urologues et radiologues se méfient, ou, du moins, en connaissent fort bien la possibilité.

L’URETRE CHEZ L'HOMME

Rappel de quelques notions anatomo-histologiques.

Etendu du col de la vessie à l'extrémité du gland, l’urètre est un long canal par lequel s’écoule l'urine accumulée dans la vessie. Dans sa portion toute supérieure, il est parcouru exclusivement par lurine; dans le reste de son étendue, il livre également passage au sperme, d’où le nom de canal uro-génital qui lui fut donné.

L’urètre chemine successivement dans le périnée, le scrotum, le pénis, où il contracte des rapports avec plu-

D’après Poirier — Urètre et corps spongieux (demi-schématique).

sieurs formations anatomiques, C’est, tout d’abord, la prostate qui l’entoure, puis, au-dessous, lurètre m'est plus en contact qu'avec les parties molles du périnée; plus loin enfin, il pénètre dans la partie supérieure du corps spon-

AN

gieux qui lui forme une véritable gaine et l'accompagne jusqu’à sa terminaison.

Avec Guyon, nous diviserons le canal en deux parties un urètre antérieur, en rapport avec le corps spongieux, et un urètre postérieur, comprenant les portions membraneuse et prostatique.

STRUCTURE. — L’urètre comprend, dans sa constitution, une muqueuse, un tissu érectile sous-muqueux, une tunique musculaire. Il y a, dit Guyon, une véritable solidarité anatomique entre ces différents éléments. Enfin, dans les parois du canal, chemine un appareil vasculaire important,

1° Muqueuses. — Très souple, très élastique, elle présente des plis longitudinaux et transversaux plus ou moins nombreux. Elle comprend deux couches

a) Couche épithéliale. Son épaisseur oscille entre 25 et 904. Elle est formée par un épithélium stratifié, de type variable suivant les régions de l’urètre. À type vésical dans sa portion initiale, pavimenteux dans la fosse naviculaire, il est prismatique dans le reste de son étendue,

b) Chorion. Il est constitué par du tissu conjonctif lâche, très riche en fibres élastiques, dont l'orientation générale est celle du conduit. En outre, le chorion renferme de nombreux vaisseaux qui s’anastomosent en un réseau de capillaires sous-épithéliaux; ceux-ci reconstituent un plexus veineux à mailles serrées et irrégulières, qui occupe la région profonde du chorion. La paroi de ces veinules se distingue par l’absence d’une tunique musculaire lisse; par contre, ces vaisseaux sont revêtus par une véritable gaine de fibres élastiques. En outre, la muqueuse comprend de nombreuses glandes; des glandes intra-épithéliales, formées par de gros éléments clairs disposés sur une seule assise; des glandes extra-épithéliales ou glandes de Littre, glandes

tubulo-acineuses, surtout abondantes à la face dorsale et sur les faces latérales de l’urètre spongieux.

Elles occupent le chorion et s'étendent parfois Jusque dans les couches spongieuse et musculaire. Nous voyons, en outre, s’ouvrir dans l’urètre les canaux excréteurs des

glandes prostatique et de de Cowper.

2° Couche spongio-vasculaire. — Elle occupe la face profonde de la muqueuse sur toute son étendue. Le corps spongieux n’en est que l’exagération. Confondue plus ou moins avec le chorion, elle est formée de fibres élastiques et musculaires, entrecroisées irrégulièrement, circonscrivant des aréoles vasculaires. À l’état de flaccidité de la verge, ces aréoles apparaissent comme de simples fentes où la circulation sanguine est, sinon nulle, du moins très réduit; les orifices des veines émissaires sont béants.

3° Tunique musculeuse. — Elle est formée de fibres musculaires lisses et striées, agencées en deux couches : une interne et longitudinale, l’autre externe et circulaire. Son épaisseur varie selon les régions. Importante au niveau des sphincters, elle forme, dans les autres parties de l’urètre, une couche mince. Au niveau de l’urètre antérieur, elle subit des modifications profondes, cessant d’exister à l’état de couche isolée, car ses fibres sont dissociées par les mailles du corps spongieux. De plus, à ce niveau, nous voyons la tunique musculaire lisse renforcée, de place en place, par des fibres musculaires striées.

VAISSEAUX. — L’urètre est irrigué par de nombreuses artères : les unes viennent de l’hémorroïdale moyenne, de la prostatique; les autres, de la honteuse interne, Ces différentes artères forment, en se résumant au niveau de Purètre, un plexus sous-épithélial et spongio-vasculaire. La circulation de retour est assurée par la veine dorsale profonde de la verge. Celle-ci chemine, médiane et impaire,

dans le sillon dorsal, au-dessous du fascia pénis. Dans tout son trajet, la veine dorsale reçoit des affluents du corps caverneux, du corps spongieux, de l’urètre. Les rameaux venus de lurètre et du corps spongieux contournent les faces latérales des corps caverneux et, affectant, en quelque sorte, une disposition en dent de peigne, se jettent finalement dans la veine dorsale : ce sont encore les veines circonflexes de Kohlraush.

La veine dorsale, devenue alors très volumineuse, passe

D’après TESTUT. — Ve dorsale superficielle et veine dorsale profonde.

entre les faisceaux du ligament suspenseur, s’engage entre les ligaments sous-pubien et transverse du pelvis, pour finalement se jeter dans le plexus de Santorini.

En outre, nous voyons la portion postérieure de l’urètre drainée par deux groupes veineux, dont l’un se jette dans le plexus de Santorini et dont l’autre forme une des origines de la honteuse interne.

Quant aux lymphatiques, ils forment, dans le chorion muqueux, un riche réseau qui fournit un certain nombre d’efférents. Les uns gagnent les lymphatiques de la prostate, d’autres les ganglions iliaques externes. Pour la portion spongieuse, les efférents lymphatiques font issue au niveau du frein, sur la face inférieure de la verge, et, contournant les faces latérales des corps caverneux, gagnent sur la face dorsale de la verge les Iymphatiques du gland.

CALIBRE PHYSIOLOGIQUE DE L'URÈTRE. — Reybard, par

mensurations sur différents moules obtenus en injectant dans l’urètre une solution solidifiable, sous une pression égale à celle de l'urine parcourant le canal, est arrivé aux chiffres suivants chez l'adulte

Derrière la fosse naviculaire.......... 7 mm. AM? centimetres duméAat ee 2e 8 mm. 3 AS euro COMMAIÈMRES 220606000000 10 mm. 3

Sappey admet un diamètre moyen de 6 millimètres.

CALIBRE CHIRURGICAL DE L'URÈTRE. — C’est celui que l’on peut obtenir par la dilatation instrumentale.

MM. Guyon et Campenon ont fait des expériences à l'aide des Béniqués 59 à 64, c’est-à-dire de 9 mm. 56 à 10 mm. 46 de diamètres, Il y eut des déchirures de l’urètre 30 fois sur 37 cas.

Les auteurs américains Keyes, Pease donnent des chiffres plus élevés,

De ces différentes notions que nous n’avons rappelées que pour essayer, par la suite et dans une certaine mesure, d'expliquer la production du R.U.V. que faut-il remarquer ?

D'abord, nous voyons que la muqueuse urétrale est très riche en fibres élastiques, qu’elle présente des plis, conditions qui expliquent sa facile distension à l’état normal.

in outre, elle possède un plexus vasculaire très important, les mailles vasculaires sont directement en contact avec la couche épithéliale, rapport qui devient encore plus important lorsque lurètre pénètre dans l'épaisseur du corps spongieux. Il n’y a pas de celluleuse séparant la muqueuse du système vasculaire. Cest là une disposition propre à la muqueuse urinaire et nulle part ailleurs rencontrée.

Nous voyons encore les glandes de Littre se ramifier parfois en plein tissu spongieux.

nie

Enfin, il y a l'existence d’une tunique musculaire à fibres lisses et striées, qui présente des contractions rapides et successives, analogues à celles qui, dans lPœsophage, constituent le système du clavier de Ranvier, favorisant ainsi l'expulsion rapide du produit de sécrétion des glandes génitales,

<) Thomas. »

Page 1