LES TRADITIONS
5. Les usages de l'Arabie païenne ont été, sinon réformés, du moins modifiés par l'Islam ; aussi importet-il de rappeler les traits essentiels des coutumes de la djàhiliyya pour mieux apprécier la mesure dans laquelle la nouvelle religion a réagi contre l’ancienne société arabe ; ici, les documents sont rares, et bien souvent l'exposition des faits n'est que le commentaire des inscriptions.
Au temps du paganisme, la coutume à laquelle s'attachait la vénération des Arabes, c'était la pratique des ancêtres, la sonna de la communauté. Le développement de l’islamisme entraîna une transformation de la sonna. La sonna d'un être quelconque, individuel ou collectif, c’est sa manière d'être ou d'agir, l’ensemble de ses habitudes, en d’autres termes son exemple ; or, les traditions du passé païen devaient, de plus en plus, perdre leur autorité, aux yeux des nouveaux convertis : c’est ainsi que l'exemple du Prophète, dépositaire de la pensée divine, s'est naturelle-
ment substitué, comme idéal du fidèle, comme guide de