‹ Contribution à l'étude du rétablissement de l'Équilibre morpho-fonctionnel chez les dysmorphiques facio-cranio-vertébrauxChapitre 17 sur 39 · COUR · texte numérisé non relu

COUR

Les nourrissons glossoptosiques tétent mal, ils lâchent fréquemment le sein pour respirer.

Si on amène leurs crêtes gingivales en occlusion, ils asphyxient et luttent par une réaction mandibulaire violente.

Il faut examiner les rapports des crêtes alvéolaires.

D’après le Docteur P. Robin :

« Ecarter d’une main les lèvres pendant que l’autre, € appuyant sur le menton met les crêtes gingivales en con- « Lact.

« Ces dernières doivent concorder dans les cas normaux. «€ Au contraire, dans les cas de dysmorphoses facio-crânio- « vertébrales, c’est la crête supérieure que déborde ordinai- €rement l’inférieure ; le plus souvent, le menton est alors «en retrait et le bébé a de la propension à sucer son « pouce ».

Le Docteur P. Robin a également eu l’idée ingénieuse de fixer cet examen, voici sa méthode ;

Après avoir introduit dans la bouche du bébé un carré de cire ramollie de 4 à 5 millimètres d’épaisseur, il produit la coaptation des crêtes gimgivales par pression d’une main sur le menton, pendant que les doigts de l’autre écrasent la cire dans les sillons gingivo-labiaux de façon à reproduire exactement les deux maxillaires dans leurs rapports respectifs.

Cette cire est coulée au plâtre, et on obtient les modèles de la mâchoire dans leur rapport d’occlusion.

Le rôle de la glossoptose dans les obstructions pharyngiennes se contrôle par les heureux effets que l’on obtient en tournant les enfants sur le ventre, quand ils s’étranglent.

Dans cette position la langue tombe et dégage les voies respiratoires et digestives, facilitant la toux et permettant au naso-pharynx de se vider du lait ou des mucosités qui l'encombrent.

Lé Docteur P. Robin conseille de donner à téter physiologiquement, en tenant l'enfant, le thorax droit, le cou tendu, de façon que le menton se propulse en avant à chaque succion.

On peut ainsi obtenir une amélioration et même une guérison de la dysmorphie du nourrisson.

OBSERVATION N° 1 Due à l'obligeance de M. le D' Du Pasquier

M. P.., Marcel. Né le 12 Août 1912. 13 ans et demi.

Rougeole à quatre ans, avec broncho-pneumonie.

Otites, mais n’a jamais eu de végétations, actuellement écoulement d'oreille des deux côtés.

Ecoulement nasal purulent habituel.

S’enrhume facilement.

Troubles digestifs ; inappétence ; faiblesse générale.

Respiration buccale la nuit surtout et facies adénoïdien type.

Aprosexie : travaille mal à l’école, n’a aucune mémoire.

Poids : 31,600. — Taille : 1m40.

Hirtz : 64/68 = 4 CAO TRES:

Diaghragme, nettement insuffisant. Mouvement presque nul.

Thorax aplati à la partie supérieure, surtout sens antéro-postérieur.

Beyne rc pour es narnes rule m/mAdieaur

Narine droite : 24m/m d’eau.

— gauche : 27m/m d'eau.

Examen oto-rhino : Nez normal. Pas de végétations. Otorrhée.

Tension artérielle : au Pachon, 11/7.

Radiographie : Tout normal.

Diaphragme fonctionne mal.

Glossoptose type : Respiration buccale ; Ièvre supérieure courte.

Opistognathisme.

Gêne respiratoire la bouche fermée.

Au contraire en prognathisme du maxillaire inférieur pas de gène respiratoire et respiration normale plus d’une minute.

Paris, 10 Mars 1926 :

Cet enfant est actuellement en traitement et n’a cessé de s’améliorer depuis que la respiration nasale est rétablie par la suppression de sa glossoplose.

Pronostic

La respiration buccale due à une glossoptose entraînera de multiples complications du côté du nez et du pharynx nasal par suite de l’hypo-fonctionnement de ces cavités; souvent une atrésie plus ou moins marquée.

Il faudra redouter toutes les complications habituelles de la respiralion buccale.

L’adulte aura pu s'adapter, tout en restant déficient, le diagnostic de la glossoptose se fera comme chez l'enfant, mais le traitement sera différent.

Trailement

Chez l'enfant un appareillage surveillé par un orthopédiste dento-facial permettra souvent de déterminer par adaptation fonctionnelle, la c orrection du squelette et celle des arcades dentaires.

L’esthétique faciale et les conditions physiologiques de la vie végétative et psychique seront ainsi respectées.

Chez l'adulte, la correction s'obtient immédiatement et définitivement par une prothèse adéquate, ou momentanément par une double gouttière placée à la partie antérieure de la cavité buccale et maintenant la protrusion du maxillaire inférieur, par la fixation de l’engrènement des incisives. — Appareil respirator du Docteur Pierre Robin.

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