INFLUENCE DE FACTEURS SECONDAIRES SUR LE RETRAIT
1° Nature du liant.
Le retrait diffère suivant la nature du liant, mais le peu de fidélité de l’essai de retrait, entaché des erreurs correspondant au gâchage, à la conservation, à diverses propriétés mai connues, empêche d’affirmer que les écarts constatés dun ciment à l’autre soient systématiques.
Si l’on s’attache aux ciments courants : artificiels, ciments à hautes résistances initiales, alumineux fondus, on constate que c’est surtout l'allure de la courbe retrait-temps qui varie, la valeur atteinte à deux ans étant 2 à 3 millimètres (hygrométrie 70 à 80).
Il existe une analogie frappante entre cette courbe et celle de la réaction eau-ciment telle qu’on peut -la caractériser en utilisant un paramètre plus connu : résistance mécanique, dégagement de chaleur, volume d’hydratation.
Un facteur particulier au ciment semble être la granulométrie des grosses particules. Celles-ci en effet n’entrent pas complètement en réaction et le ciment se comporte à la façon d’un mortier. L’examen de lames taillées dans le ciment durci le montre aisément.
2° Influence des agents chimiques.
Presque toutes les matières ajoutées au ciment au cours du gâchage augmentent le retrait, dans des proportions parfois considérables.
Il est difficile de donner des chiffres, ceux-ci pouvant différer du simple au triple suivant les ciments utilisés et les circonstances de l'essai. Le retrait peut être ainsi augmenté de l’ordre de 25 p. 100.
Certains corps tels que le chlorure de calcium, accélérant de prise et de durcissement, augmentent beaucoup le retrait, d’autres, au contraire, tels que les émulsions de bitume, qui ralentissent la prise et le durcissement, ralentissent aussi le retrait mais seulement pendant quelques jours.
Les impuretés contenues dans l’eau de gâchage elle-même influent beaucoup, le retrait minimum étant obtenu avec de l’eau distillée.
Carbonatation.
Parmi les agents chimiques qui agissent sur le retrait après la prise, le rôle du gaz carbonique est prépondérant, la chaux libre du ciment fixe le gaz carbonique de l’atmosphère : il se forme une couche périphérique de carbonate de chaux, décelable aisément car elle fait effervescence avec les acides.
Voyons par exemple comment se comportent d’une part deux baguettes conservées dans des flacons d'états hygrométriques 60 et 40, d’autre part une baguette conservée directement à l’air d'état hygrométrique variable entre 40 et 60. La courbe de retrait de cette dernière baguette
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s'échappe rapidement de la zone limitée par les deux autres et prend des valeurs nettement -plus élevées. La courbe de perte de poids, au contraire, est d’abord intermédiaire entre les deux autres, puis s’abaisse graduellement : la baguette à l’air libre augmente peu à peu de poids par suite de l’absorption d’anhydride carbonique.
L'influence de la carbonatation a été étudiée en détail par le Bureau anglais de recherches sur les bâtiments qui a donné des courbes de retrait obtenues dans Pair et dans le gaz carbonique. Le retrait dans ce dernier cas est considérablement plus élevé qu’à l'air libre.