Gilbert et Villaret, Société de Biologie
SLA E PNA
paroxystique, d’albuminurie intermittente ou orthostatique enfin. » | | En regard de ce syndrome d'hypertension portale,
un peu plus tardif peut-être, se constitue un second
syndrome qu’on peut appeler d’hypotension sus-
hépatique, créé par l'insuffisance du débit veineux
sus-hépalique, et caractérisé par la triade symptomatique suivante : hypotension artérielle, tachycardie, oligurie. Ainsi la barre scléreuse hépatique commande d’un côté la pléthore portale, de l’autre le vide sus-hépatique ; situation qui, à elle seule, fait comprendre l’étroite dépendance de la méeanique circulatoire du rein par rapport à la vascularisation intra-hépatique.
Si l’on ajoute à cette première et si importante cause de perturbation, les modifications toujours considérables qu’entraine l'hypertension portale au niveau du tractus gastro-intestinal, relevant d’une congestion intense et gênant considérablement absorption ; si l’on se rappelle, d'autre part, le rôle de premier ordre attribué au foie par les travaux de M. A. Mayer, en tant que réservoir temporaire de l’eau dans l’organisme, l’on se rend facilement compte des désordres fonctionnels importants qu’entraînent la production et l’évolution de la cirrhose dans l'intimité du parenchyme hépatique, et de leur répercussion fatale sur toute la mécanique circulatoire. ;
Jusqu’à quel point ces divers facteurs ne seraientils pas également responsables des modifications si
2 LC PP
curieuses du rythme urinaire que nous venons de décrire ? Si aucune preuve expérimentale et péremptoire ne nous permet jusqu’à présent de répondre à cette question par une affirmation absolue, le simple raisonnement, du moins, nous conduit à des conclusions bien analogues, et qui, à notre avis, paraissent légitimes. L’anisurie survient, en effet, dans deux conditions bien différentes, nous lPavons vu : tantôt, succédant à une diurèse normale de rythme et de taux, et précédant dans ce cas l’oligurie et l’isurie ; tantôt, au contraire, intervenant au cours de loligurie et annonçant une amélioration soit réelle et durable, soit purement passagère. Dans l’un comme dans l’autre cas, les oscillations répétées de la conrbe anisurique ne seraient, pour nous, que la traduction extérieure d’une série de véritables débâcles réactionnelles de la part d’un système porte hypertendu luttant contre un barrage hépatique en formation, et par moments encore insuffisant, barrage qu’il arrive à forcer par intervalles plus ou moins rapprochés et durant une période variable. Que l’évolution du processus cirrhotique s'arrête sous ane influence quelconque, lanisurie persistera quelque temps encore, puis peu à peu s’effacera, laissant reprendre à la diurèse un rythme ondulatoire normal.
Que l’écluse pathologique représentée par la sclérose s’accentue au contraire, après une phase d’anisurie, le taux des urines s’abaissera de plus en plus, en même temps que diminuera la hauteur des
'ine
oscillations. Celles-ci diminueront même bientôt au point de devenir inférieures aux légères alternances de la courbe normale ; peu à peu elles s’éteindront complètement, donnant au tracé l’apparence uniforme de la ligne droite horizontale, créant ainsi un nouveau trouble: l’isurie. Ainsi, la même opposition qui ressort de la comparaison des deux courbes anisurique et isurique persiste dans l'interprétation physiologique de ces deux phénomènes urinaires et par conséquent dans leur signification. Il se passe, dans l’étude journalière du rythme urinaire chez les hépatiques, des modifications rappelant singulièrement celles que nous avons observées chez ces mêmes malades pour le fractionnement des urines du nychtémère en période de quatre heures. Ce procédé, nous le rappelons, nous a permis de reconnaître et de décrire un retard caractérisé de l’élimination urinaire par rapport aux heures des repas, retard que nous avons appelé opsiurie. Or, si cette opsiurie est très nette chez le cirrhotique aw début, donnant ainsi à l'élimination urinaire de la journée, contrairement à la normale, un mouvement oscillatoire à taux maxima très éloigné de l'heure des repas, chez le cirrhotique avancé toute opsiurie disparaît au contraire ; le retard est pour ainsi dire trop considérable pour être perceptible, et l'élimination horaire donne un chiffre petit, mais égal pour tout le nychtémère. Il y a là une isurte horaire absolument comparable à l’isurie journalière ; dans les deux cas, il n’y a plus que le trop-plein qui s’évacue, sans que