‹ Contribution à l'étude du rythme urinaire chez les hépatiquesChapitre 9 sur 23 · PES SES · texte numérisé non relu

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d’augurer une grande différence dans le pronostic.

Aussi est-il nécessaire, avant d'étudier l’isurie, de dire quelques mots de l’anisurie.

L'’anisurie est caractérisée essentiellement par la succession ou plutôt l’alternance à intervalles variables de taux urinaires quotidiens élevés, puis abaissés : c’est donc, en somme, l’exagération excessive du mouvement oscillatoire de la courbe normale. 3

Selon la durée et l’étendue variables des ‘oscillations de l’anisurie, leur répétition, leur intervalle, selon aussi qu’elles représentent une quantité plus ou moins élevée d'urine éliminée, il sera possible d'envisager un certain nombre de types, plus ou moins schématiques, mais auxquels peuvent se rattacher tous les tracés, et qu’ont décrit très clairement MM. Gilbert et Lippmann.

Il semble qu'il est surtout intéressant d'étudier l’anisurie par rapport à la quantité d'urine éliminée au cours de ses oscillations successives, autrement dit, d'étudier la hauteur de la courbe. Trois cas peuvent se présenter dans la question examinée à ce point de vue : l’anisurie avec polyurie, l’anisurie avec diurèse normale, enfin l’anisurie avec olygurie,

Les cas d’anisurie avec polyurie sont les plus nombreux et les plus remarquables, car les oscillations peuvent être d’une ampleur çonsidérable, étant donné la grande masse de liquide. M. Gilbert rapporte le cas d’un cirrhotique, dont les oscillations présentaient comme chiffres extrêmes r.000 et

3.500 grammes, la moyenne d'élimination urinaire étant ici de 2.400 à 2.600 grammes.

L’anisurie avec diurèse normale est moins fréquente ; les oscillations sont moins étendues, et leur total donne un taux d'élimination urinaire très rapproché du taux normal de 1.500 grammes en vingt-

quatre heures ; les oscillations, dans une des observations de ce gerre citée par MM. Gilbert et Lippmann, étaient cependant de 1.000 à 2.500 grammes, doublant donc ou même triplant presque de hauteur en quelques jours.

L’anisurie avec oligurie est plus rare, d'autant que le peu d'urine émise quotidiennement ne permet pas de fluctuations aussi étendues que précédem-

ment. Celles-ci, cependant, sont très appréciables et leur différence peut même être proportionnellement plus grande que celle qui existe dans les deux: modalités précédentes.

L’oligurie, en effet,ne s'accompagne pas des grands écarts de l’anisurie, ce qui se comprend fort bien, mais elle a de plus une tendance très marquée à faire disparaître même les oscillations physiologiques de l'élimination urinaire ; il y a une égalisation complète du débit quotidien, la courbe est devenue une ligne droite horizontale, un plateau par la disparition de toute oscillation : ce n’est plus de l’anisurie, c’est de l’isurie (graph. 1). La quantité d’urine éliminée quotidiennement reste la même plusieurs jours de suite, souvent pendant des périodes fort longues avec une régularité, une fixité dignes de remarque.

On comprend donc que l’isurie puisse succéder à l’anisurie, mais non se montrer en même temps qu’elle. La diminution du taux des urines amène à la fois la disparition de l’anisurie et celle de la marche ondulatoire normale. L’élimination donne un tracé régulièrement uniforme : c'est l’époque de l’isurie, c’est l’isurie elle-même.

On peut donc déclarer que l’anisurie et l'isurie se montrent l’une et l’autre comme l’exagération, en sens contraire de la courbe urinaire normale avec ses oscillations relativement minimes ; dans l’anisurie leur amplitude est anormale par son exagération, dans l’isurie, elle est anormale par son atténuation, qui peut aller jusqu’à une disparition complète,

Le symptôme isurie présente des modalités aussi intéressantes que celles de l’anisurie, Il est d’abord caractérisé par le plateau idéal dont nous avons parlé déjà, régulier, fixe, pendant des périodes souvent très prolongées: tel est le cas représenté dans

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le graphique 2 qui se rapporte à notre observation VI.

Après le plateau idéal ou sans son intermédiaire, peuvent se présenter des plateaux successifs ; ceuxcipeuvent devenir de plus en plus bas dans la courbe urinaire, accompagnant naturellement une oligurie de plus en plus marquée et se terminant presque fatalement par la mort.

Au contraire,ces plateaux successifs peuvent s’éléver de plus en plus jusqu’à atteindre une diurèse nor-

J. Thomas 2

male, marquant un acheminement probable vers la guérison ou tout au moins l’amélioration.

L’'isurie appartient le plus souvent, répétons-le, aux cas où la diurèse est diminuée comme l'indique le graphique 3 emprunté à l’observation IT; on pourrait presque dire que l’oligurie accompagne

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