‹ Contribution à l'Étude du 'Sarcome de Sticker': Epidémiologie de l'AffectionChapitre 20 sur 24 · ACTE RER · texte numérisé non relu

ACTE RER

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| 1983.37 36 59 Lo 4 L2 49 4445 46 4 45

Chaque année apporte à chaque sexe des fluctuations divergentes de la fréquence.

Des fluctuations annuelles divergentes sont également notées entre les deux sexes. C’est ainsi que le rapport est à nouveau de 1/4 en 1943-1947, tandis qu’il est de 3/4 en 1945 et de 5/8 en 1948.

Nous devons cependant nous rappeler, avant d’interpréter ces résultats, que pendant la guerre, le nombre des chiennes conservées pour la reproduction augmenta par rapport au nombre des mâles. C’est ainsi que nous trouvons 989 mâles consultés contre 661 chiennes en 1938, tandis qu’en 1941, 307 chiens et 290 chiennes sont présentés à l’Ecole, et en 1942 on note plus de fe-

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melles présentées que de mâles (225 chiens et 270 chiennes). Actuellement, la proportion entre mâles et femelles est redevenue à peu près normale, c’est-à-dire ce qu'elle était avant 1939.

Du 1° janvier 1949 au 26 mars 1949, 549 chiens et 390 femelles furent soignés à la clinique de Chirurgie de l’Ecole Vétérinaire de Toulouse.

Malgré ces variations assez grandes enregistrées dans le rapport du nombre d’individus mâles, d’une part, et femelles d’autre part, il nous apparaît clairement que la fraction des mâles à tumeurs vénériennes augmente dans des proportions plus importantes que celle des femelles atteintes qui reste cependant nettement plus élevée que la précédente.

Rapports entre le sexe et l’âge des malades.

Quant à l’influence du sexe sur l’âge des malades, il apparaît que c’est à 3 ans que la fréquence passe par son maximum. Cependant, les mâles, selon LESBOUYRIES,. à puberté plus précoce, sont atteints plus tôt que les femelles. À un an, les malades mâles représentent 8 % des animaux à polypes, et les femelles seulement 3 %, mais à 2 ans, les deux sexes sont à égalité avec 13 %.

Par contre, les femelles sont atteintes jusqu’à un âge plus avancé que les mâles, cela est dû à une cessation plus tardive de leur vie sexuelle (LESBOUYRIES).

Des variations de fréquence sont encore enregistrées entre ces deux âges extrêmes. Alors que 52 % des femel-

! — 45 — les sont atteintes entre 3 et 6 ans, 43 % des mâles à ce même âge présentent des tumeurs vénériennes.

Nous voyons que pour 40 % de chiens, 32 % de chiennes qui présentent l’affection sont âgées de plus de 7 ans et ceci malgré la disparition plus précoce de la tumeur chez le chien. La fréquence des polypes des canidés subit donc des variations différentes selon le sexe, variations en relation avec l’âge des sujets examinés.

Au même âge, la fréquence est fonction du sexe.

Ces variations, qui sont indépendantes de la réceptivité expérimentale, sont difhciles à expliquer. En effet, les sujets de tout âge, appartenant à l’espèce canine, semblent réceptifs aux greffes de manière uniforme.

STICKER lui-même signale que les greffes ont pris sur

des chiens de dix jours, jusque sur des animaux du plus grand âge.

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Ces différences de réceptivité naturelle seraient donc plutôt des différences de transmissibilité et l’étude de cette dernière nous permettra peut-être de préciser certains points et d’entrevoir l’action de certains facteurs sur les variations de a fréquence, variations qui sont, pour la plupart, difficiles à expliquer.

TRANSMISSIBILITE DES TUMEURS VENERIENNES DU CHIEN

Les nombreuses expériences tendant à transmettre par greffe cette tumeur ont démontré la transmissibilité. La date de 1876 où Novinsky réussit le premier la greffe du. Sarcome de Sticker marque un point capital dans l’étude de la contagion de la maladie.

Transmise par le coït expérimentalement en 1897 par SMITH et WASHBOURN et dans les conditions naturelles en 1906 (Hospay), ce mode de contagion se trouve depuis incriminé par de nombreux auteurs.

FELDMANN, en 1929, décrit un cas apparemment spontané chez un chien indemne de lésions génitales. Une tumeur siégeait dans l’un des orbites, l’autre sous la peau de la région frontale gauche. La greffe n’a pas été réalisée, mais FELDMANN affirme histologiquement l’identité de la tumeur avec le « Lymphosarcome transmissible ». Il suppose que la tumeur ait été contractée pendant le part de la mère porteuse de tumeurs.

JACKSON, en 1936, admet la contagion de contact, L’infection, dit-il, existera en l’absence d’aucune défectuosité visible de la muqueuse, un simple frottement du tissu de la tumeur sur une chair scarifiée suffit à la produire. En conséquence, dit JACKSON, il apparaît probable

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à priori que le coîït n’est pas la seule méthode naturelle de transmission, mais que le simple contact d’une surface. Âpre…. partout où elle se trouve avec les cellules de la tumeur peut aussi causer l’infection.

(Ceci peut se produire par une morsure, un piétinement, ou peut-être même par léchage ou un contact sur le matériel contaminé avec des cellules de la tumeur.)

STICKER admet lui aussi que ces tumeurs sont des lésions de contact. Cette interprétation ne différant pas, selon lui, des cas de transmission par contact spontané de tumeurs malignes chez l’homme. « Je me souviens, dit STICKER, d’un cas de Carcinome des lèvres et des cas de transmission par contact entre langue et Joue et entre gland et vagin et il cite PEYRITHE qui, en 1894, vit un cancer de la gencive d’un homme qui avait sucé le sein cancéreux de sa femme. »

DEMONBREUN et GO0DPASTURE observent sur un chien d'expérience le développement de lésions de contact sur les muqueuses de l’anus et un Vétérinaire du Lot pense à la contagion par la langue. -

Pour nos Maîtres, ce mode de contagion par contact, s’il mérite quelques considérations lors de localisations extra-génitales, doit être tenu pour exceptionnel et à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse, jamais il n’a été observé un cas de contagion par morsure ou léchage et il est remarquable de voir que, malgré un léchage fréquent des lésions par les animaux malades, les localisations extragénitales restent cependant rares. D'ailleurs, bon nombre de lésions extra-génitales sont à l’abri du contact de la langue et des dents,

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À côté de ces quelques particularités, la contagion par le coït reste de beaucoup la plus importante et « chaque fois que la maladie apparaît sur un animal hautement surveillé, on peut démontrerle rôle du coïù >» (BrAsHFORD et MURRAY), tandis que Hognay ne rencontre jamais la maladie sur des femelles vierges.

Le coït et la transmissibilité de l'affection.

Les réponses des Vétérinaires des dix-huit départements consultés font ressortir ce rôle presque exclusif du coït et de nombreux cas de contagion manifeste au cours de l’accouplement, dont nous ne citerons que les plus intéressants, sont signalés.

À SEILHAC, en Corrèze, un chien porteur de polypes couvre 4 chiennes qui, par la suite, présentent toutes les 4 les lésions caractéristiques de l’affection.

A Tulle (Corrèze), un chien contamine par le coiït 3 chiennes.

À Saint-Pons, dans l'Hérault, un mâle atteint couvre 4 chiennes et leur transmet la maladie.

L'observation d’un Vétérinaire de Decazeville, qui dit n'avoir Jamais rencontré de polypes sur des chiens de berger castrés, montre d’une manière indirecte le rôle du coiït.

Dans le Lot-et-Garonne, un chien malade saillissant plusieurs chiennes contamine la région de Monflanquin et crée ainsi un foyer de maladie.

Nous ne nous arrêterons pas plus longuement sur ces quelques exemples qui montrent le rôle du coït, mais

retenons seulement le caractère de propagation de la maladie, affection en foyer, qui font tache d'huile, affection localisée régionale, ce qui s'explique facilement lorsque l’on connaît le rôle de l’accouplement dans la transmissibilité de là maladie.

Le Sexe, l'age et la castration des animaux en tant que preuves de la transmissibilité

du Sarcome de Sticker par le coit.

Q rar. Q 7 . S , Souvent, il a été possible, lors de présentation à l'Ecole d’un animal malade, de retrouver parmi ses partenaires un animal atteint, jusque là méconnu.

Dans cette éventualité, nous avons pu constater indifféremment la transmission d’un sexe à l’autre. Les mâles, moins souvent atteints, sont responsables d’une plus grande dispersion de la maladie; ceci est dû à ce que le chien, comme presque tous les mammifères mâles, est toujours prêt, quelle que soit l’époque de l’année, à s’accoupler, tandis que la femelle n’est en chaleur qu’à certaines époques et, de ce fait, n’est dangereuse que pendant une période limitée qui correspond à sa propre période de rut. ;

Durant cette période, si la femelle peut être saillie par plusieurs chiens qu’elle contaminera, le chien, non limité dans le temps, pourra, quelle que soit l’époque, transmettre les polypes à toutes les femelles en chaleur qu'il rencontrera. Le mâle étant donc responsable très souvent de contamination consécutive, on pourra dans son voisinage rencontrer plusieurs femelles malades,

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L’âge des animaux atteints, sur lequel nous ne reviendrons pas, montre également l'importance de la transmission des lésions par le coït. On n’a jamais observé l'affection spontanée avant 5 mois, alors que l’expérimentation montre que les animaux sont alors sensibles aux greffes.

L'influence de la castration sur le développement de la tumeur fait ressortir le rôle de l’accouplement dans la transmissibilité de la néoplasie. Nous devons cependant insister ici sur le fait que l’ardeur génésique peut parfois persister après l’orchiectomie et faire que, ainsi, Ja contamination par le coît reste possible.

A l'Ecole Vétérinaire de Toulouse, deux cas semblables ont été observés. Il s'agissait de chiens qui, bien que castrés respectivement depuis 1 et 3 ans, présentaient des polypes. | |

Le coït, s’il n’est pas le mode exclusif de transmission des polypes, il en est cependant de loin le principal et mérite, par là même, une place prépondérante parmi les facteurs de la contagion.

On peut dire que si l’on supprimait le coîït, les polypes disparaîtraient, tandis que si l’on supprimait les autres causes de transmission (léchage, contamination indirecte, etc..), la fréquence de l’affection ne diminuerait nullement.

Pour lutter contre cette maladie, dont l'importance dans le Sud-Ouest est, nous l’avons vu, très grande, il nous faudra donc réglementer, surveiller le coît.

Mais suffit-il qu’une femelle saine soit saillie par un mâle pour que celle-ci présente par la suite les lésions caractéristiques du Sarcome de Sticker ?

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